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Le bilan de l’affrontement entre militaires français et talibans, onze morts et vingt blessés de « notre côté », fait couler beaucoup d’encre. Si l’on excepte les propos martiaux avec mouvement de menton du président s’adressant à Kaboul aux paras de service, (« Relevez la tête ! »), les commentaires sont de deux ordres.

Qu’une section d’infanterie de marine, en opération, tombe dans une embuscade et que deux dizaines de soldats en soient victimes, paraît incroyable à nombre de commentateurs. Comme si le fait de mourir à la guerre relevait de l’incongru, sauf s’il s’agit naturellement « d’ennemis ». Pourtant, pour des militaires de carrière, « tomber au combat » fait partie des risques acceptés. On s’étonne donc du caractère catastrophique donné par les médias à un engagement qui a mal tourné. La catastrophe serait peut-être l’envoi de soldats français en Afghanistan et le drame, le fait d’envoyer à la mort de jeunes hommes pour des raisons purement politiques. En effet, les victimes faisaient partie des renforts que Nicolas Sarkozy avait promis à Georges Bush, comme gage de l’engagement atlantiste du pouvoir français. Le drame, c’est de transformer l’armée de notre pays en « légion étrangère » des Etats-Unis.

 

Mais au caractère infondé de cette guerre s’ajoutent les conditions concrètes dans lesquelles les soldats français sont confrontés en terre afghane. Des parents de victimes accusent : le commandement envoie là-bas de tous jeunes hommes, certains ont moins de vingt ans, sans préparation suffisante. Certes, ils ont subi des mois d’instruction. Mais, comme le dit avec raison un père éploré, un permis de conduire récent permet-il à son titulaire de piloter une F1 et d’être engagé aux 24 heures du Mans ?

D’autres témoignages, ceux de blessés, laissent penser que la section, à bout de munitions, a été laissée sans renfort, ni protection aérienne pendant de longues heures. On parle de tirs « amis », américains ou français, mal ajustés et responsables de pertes.

Si on en croit France Inter, les jeunes militaires s’équipent eux-mêmes, sur leur propre argent, pour bénéficier de chaussures plus adaptées, où d’un sac au dos adéquat.

Si ces propos restent à confirmer, l’essentiel du scandale réside dans l’engagement de la France dans un conflit sanglant, étranger à ses intérêts. Tous les médias le reconnaissent : plus l’Otan envoie de renforts, plus la situation se détériore. Les talibans s’avancent vers Kaboul, avec un soutien accru des populations. Il n’y a pas d’issue militaire à cette guerre déclanchée par Washington pour des objectifs de stratégie mondiale. La « lutte pour la démocratie » et « contre le terrorisme » n’est qu’un prétexte mis en avant par l’occident pour poursuivre sa politique de domination impérialiste.

Pour mettre un terme au drame collectif et aux tragédies personnelles, une seule solution : le « retour à la maison » de tous nos soldats !

Tag(s) : #Contre l'impérialisme

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