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A peine de retour de son voyage à Kaboul, où il est venu confirmer aux soldats français la poursuite de l’engagement de la France aux côtés des Américains, en Afghanistan, Nicolas Sarkozy a présidé aux Invalides la cérémonie rendue aux dix victimes de cette guerre.
Chacun a pu voir, à la télévision, le chef de l’Etat, plus « Cabotin de Matuvu » que jamais. Sa harangue, ponctuée de longs silences et de grimaces simiesques – comme s’il était sur une scène, en attente des réactions de son public – n’a été qu’un mauvais remake de tous les discours officiels passés justifiant les guerres coloniales avec tous leurs lieux communs : l’hommage « à nos vaillants soldats », « à leur héroïque sacrifice », « à la cause sacrée » et à « nos valeurs démocratiques » qu’ils servent. Certes, « l’ennemi » a changé.
Hier, c’était les « Viets », les « fellaghas ».
Aujourd’hui, c’est le « terrorisme international», le nom donné à « l’islamisme" », au « danger musulman », qu’il faut combattre.
Nicolas Sarkozy, face aux dix cercueils tricolorisés, aux drapeaux, aux képis étoilés, aux « bérets rouges » figés au garde-à-vous, a répété ces lieux communs avec l’artifice convenu des bonimenteurs sur leurs tréteaux, les jours de foire.
Mais le président de la République en a rajouté sur le plan de la pieuse dévotion. Signe de croix ostensible, mains jointes avec componction, Nicolas s’est fait, en cette circonstance, plus « chanoine d’honneur de Saint Jean de Latran » que chef d’un Etat laïc. Un divorce (un de plus), avec la tradition républicaine.
Enfin, Sarkozy, nécessité oblige, a dû recevoir les familles endeuillées. Dans la plus stricte intimité, c’est-à-dire, loin du public et des médias. Sage précaution, car la réaction de ces familles n’a pas été unanime. Une épouse éprouvée par la perte de son jeune mari a refusé de participer à ces simagrées de circonstance : elle rend le président de la République responsable de son malheur. Une mère étouffe dans un sanglot ses accusations : « Pourquoi, sans formation militaire suffisante, avoir son fils, de moins de vingt ans, dans le brasier d’une guerre à laquelle il n’était pas préparé ? ».
Pourtant, Sarkozy persiste et signe. Le gouvernement maintient le cap. D’autres soldats français seront envoyés en Afghanistan. Déjà plus de 30.000 hommes, stationnés sur divers continents, participent, très loin de nos frontières, en Afrique, en particulier, à la défense d’intérêts privés. L’armée française continuera, dans le cadre de l’Otan, à servir de « légion étrangère » aux Américains.
Le retour en France de tous ces contingents devient une exigence nationale. Un sondage nous apprend aujourd’hui que 55% de nos concitoyens sont favorables au retrait de nos forces d’Afghanistan. Il faut renforcer ce sentiment afin que celui-ci s’exprime, haut et fort, et conduise Sarkozy et son gouvernement à mettre fin à notre engagement militaire en terre afghane.
C’est le seul moyen pour que d’autres larmes ne puissent plus couler.

Tag(s) : #Contre l'impérialisme

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