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Lundi 22 septembre, par 343 voix contre 210, les députés ont ratifié le maintien du contingent français en Afghanistan. Si les élus communistes et Vert se sont prononcés pour le retrait de « nos » troupes, le groupe socialiste s’est prononcé également pour ce retrait… tout en déclarant être favorable au maintien sur place de la force française ! Ce discours illustre bien le caractère démagogique de la position prise par le PS : d’un côté, il veut apparaître opposé au gouvernement (61% des Français se prononcent contre l’engagement militaire de la France en Afghanistan) ; d’un autre côté, les socialistes, au pouvoir en 2001, et en accord avec Jacques Chirac, sont à l’origine de cet engagement.

Les présidents des groupes socialistes de l'Assemblée et du Sénat, Jean-Marc Ayrault et Jean-Pierre Bel, ont adressé au président de la République un courrier lui demandant d'apporter des "clarifications indispensables". Ils souhaitent que la France prenne l'initiative d'un débat avec ses alliés sur "cinq points majeurs" : répartition des responsabilités au sein de la coalition ; relance d'un dialogue politique entre Afghans ; élargissement de la coalition à d'autres pays ; clarification avec le Pakistan ; établissement d'un calendrier sur les nouveaux objectifs de la coalition. "Le débat du 22 septembre n'est pas de savoir si la France doit se désengager de l'Afghanistan, elle ne le doit pas, écrivent-ils, mais de définir à quelles conditions la présence de nos soldats peut contribuer à une paix durable."

 

Les commentaires, à l’issue du vote, laissent entendre nombre de députés socialistes auraient bien voté avec la droite sans la discipline imposée au groupe.

4 députés socialistes ont d’ailleurs sauté le pas. (Marc Goua, Jérôme Lambert, Jean Michel et Jean-Claude Viollet) Deux autres, Marisol Touraine et Manuel Valls se sont abstenus.

 

Donc, le corps expéditionnaire tricolore demeure engagé dans « le combat contre le terrorisme », selon la formulation officielle.  Et le vocabulaire utilisé reprend mot pour mot celui de toutes nos guerres coloniales :

« Nous ne sommes pas en guerre, c’est une simple opération de police, de maintien de l’ordre », « Nous défendons la liberté des populations contre lesquelles nos troupes sont engagées ». Hier, il fallait viser à la « vietnamisation » comme aujourd’hui à « l’afghanisation » des forces militaires. Les ennemis, ce sont toujours des « bandits », des « hors-la-loi » à la solde « de Moscou » en Indochine, « du Caire » en Algérie, ou « d’Al-Qaïda » à Kaboul. Et dans tous les cas, nous combattons des « terroristes » (terme que les nazis utilisaient déjà contre les Résistants, « pour faire peur aux passants »), tandis que « nos soldats défendent la civilisation ».

Bientôt, pour rassurer la population devant un conflit qui s’enlise, nous en serons au « dernier quart d’heure ».

Cette manipulation sémantique vise à neutraliser politiquement les citoyens inquiets de ces guerres.

Nicolas Sarkozy et son gouvernement veulent faire croire que les frontières de la France se situent à Kaboul et à Kandahar et que « ce sont nos valeurs que nous défendons là-bas ». Nos valeurs boursières, sans doute ?

Et personne, au parlement, n’a la curiosité de demander combien coûte notre engagement militaire en Afghanistan, alors que « les caisses sont vides » ?

Le soudain intérêt porté à ce conflit dans le monde politique coïncide avec la perte de dix soldats français, tombés dans une embuscade. Le fait d’être tué dans une guerre semble étonner, comme si ce sort funeste n’était réservé qu’à « nos ennemis ». Sensibilisé par l’échec subi, nos gouvernants s’écriraient presque, en forme d’excuses : « Ce n’est pas de jeu ! Les talibans étaient les plus nombreux et mieux armés. ».

 

La vérité est que la France est engagée dans une guerre qui n’est pas la sienne Les soldats français ne sont qu’une « légion étrangère » de l’armée américaine, qui leur sert de force d’appoint.

Si Sarkozy a décidé de renforcer celle-ci, ce n’est pas seulement par un sentiment de vassalité vis-à-vis des Etats-Unis. L’objectif du pouvoir, c’est de compter suffisamment pour espérer une part du gâteau dans le partage impérialiste escompté.

Rien à voir avec l’intérêt national, qui demeure le dernier souci des forces économiques, dont le président de la République est le fondé de pouvoir.

Aussi, agissons sans retard pour imposer le retrait immédiat des soldats français d’Afghanistan et, par la même occasion, de toutes nos bases militaires situées hors du territoire, en Afrique en particulier. Elles ne jouent là, sur ces terres étrangères, qu’un rôle de garde prétorienne d’intérêts privés. De Bouygues, de Lagardère, de Vincent Bolloré, de Total, et de tous les investisseurs qui visent de nouveaux profits.

 

Tag(s) : #Contre l'impérialisme
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