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Dimanche 28 septembre, Rafael Correa, le président de l’Equateur, a remporté très largement le referendum, dont l’objectif visait la démocratisation de la Constitution et du pays tout entier.

Plus de 65% des électeurs ont répondu oui.

Le Monde résume les acquis démocratiques de ce vote :

« La nouvelle constitution prévoit de renforcer le contrôle de l’Etat sur certains secteurs-clés de l’économie et fait du sumak kawsay (le bon vivre en quechua) un droit fondamental.

La droite, le patronat et les évêques se sont opposés à la nouvelle constitution jugée étatiste, autoritaire et ‘antifamille’. Celle-ci renforce les pouvoirs de l’exécutif, supprime l’indépendance de la banque centrale, autorise les expropriations pour l’intérêt public, interdit l’installation de bases militaires étrangères et ouvre la voie à la légalisation de l’avortement et des mariages homosexuels ».

On comprend la rage des possédants et de l’Eglise. Pourtant, faut-il le rappeler, Correa a fait ses humanités à l’Université catholique de Louvain, en Belgique, et non dans des écoles marxistes.

Les tenants de la dictature des marchés jugent « autoritaire » l’orientation du pouvoir à Quito, alors que celui-ci prévoit de nouvelles élections législatives et présidentielles au début de 2009, c’est-à-dire la remise en jeu du mandat de Rafael Correa dans quelques mois…à l’exemple des présidents du Venezuela et de la Bolivie. On a envie de crier « chiche » à tous les chefs d’Etat occidentaux pour qu’ils fassent de même, et en premier lieu à Nicolas Sarkozy !

Mais déjà, l’opposition tente de créer des zones de friction au sein de l’Equateur, sur le mode bolivien, sur le thème de « l’autonomie » de la province de Guayaquil dont la bourgeoisie voudrait garder pour elle les richesses locales.

 

Au Paraguay, le président Lugo veut « renouveler le pouvoir judiciaire corrompu,  redistribuer les terres acquises illégalement et mettre un frein à la culture mécanisée du soja transgénique, qui ne crée pas d’emplois et détruit notre environnement ».

Indiquons que le Paraguay est un paradis fiscal pour les multinationales qui ne paient qu’un impôt de 4% sur les exportations.

Rude tâche en perspective pour le nouveau gouvernement, là où la terre appartient comme dans l’Alto Parana, dans le sud-ouest du pays, à de gros propriétaires, venus du Brésil voisin, qui ont développé une culture intensive sur des surfaces énormes.

Les statistiques indiquent que 1% de la population contrôle 77% des terres cultivables !

 

En Bolivie, les dépêches d’agences ne mentionnent que des « négociations difficiles » entre le gouvernement d’Evo Morales et les dirigeants des provinces, qui réclament l’autonomie pour garder pour eux la gestion des richesses naturelles (gaz, minerais), appartenant à la nation. On pourrait ainsi croire à l’enlisement des discussions, au détriment du pouvoir présidentiel.

En fait, la résistance populaire s’organise et se développe. Le 18 septembre, s’est tenue une rencontre entre les responsables de la COB (Confédération Ouvrière de Bolivie), ceux de la Coordination nationale pour le changement, qui réunit les organisations paysannes et le président Evo Morales. Ils ont signé un pacte pou « faire face aux dangers qui menacent la patrie » et dans lequel est réaffirmé le « soutien au processus révolutionnaire en cours, le rejet des projets sécessionnistes soutenus et financés par l’ambassade américaine ». Ils confirment « la nécessité d’exproprier les grands propriétaires fonciers, soutiennent l’expulsion de l’ambassadeur américain et exigent le procès et le châtiment du préfet Leopoldo Fernandez, accusé d’avoir organisé le massacre de 30 paysans le 11 septembre ».

Cette volonté unitaire est le meilleur gage de l’issue positive du combat engagé par le président Morales.

 

Dans la mer des Caraïbes, à quelques encablures des côtes américaines, la flotte russe, en coopération avec les navires vénézuéliens, va effectuer en octobre, des manœuvres militaires combinées.

N’est ce pas la preuve que le rapport de forces mondial a changé ?

Tag(s) : #Contre l'impérialisme
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