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Le Président de la République, quand il exprime ses pensées profondes,  se choisit une tribune  au niveau de ses ambitions. Aussi, pour expliciter ses vues économiques,  il a réuni un colloque, qu'il a voulu "mondial",à Paris, le 8 janvier, sur le thème : « Nouveau monde, nouveau capitalisme ».
En fait, un seul autre chef d'Etat  était présent, la présidente du Libéria, Ellen Johnson, avec Angela Merkel, comme unique chef du gouvernement. Par contre, trois anciens premiers ministres - l'Anglais Tony Blair et les Français Michel Rocard et Jean-Pierre Raffarin - trois Prix Nobel d'économie, une brochette de ministres français, italiens, hollandais et indiens, des syndicalistes… Aucune précision sur l'identité de ceux-ci. C'est dommage.
Devant ce parterre choisi, illustrant la communauté de pensée entre la "gauche" européenne et la droite sans complexe, Nicolas Sarkozy n'a pas caché ses convictions. Avec un lyrisme sans égal, il a déclaré :

"La crise du capitalisme financier n'est pas la crise du capitalisme (...) l'anticapitalisme, c'est une impasse, c'est la négation de tout ce qui a permis d'asseoir l'idée de progrès","On doit moraliser le capitalisme et pas le détruire (...) il ne faut pas rompre avec le capitalisme, il faut le refonder",  accusant ceux qui refusent cette "refondation" de "faire le lit de ceux qui veulent détruire la capitalisme".
Robustes paroles qui rassureront les citoyens inquiets de l'ardeur rénovatrice et révolutionnaire de Nicolas Sarkozy.

La radio avait, sur l'instant, cité d'autres propos présidentiels. Ceux-ci stigmatisaient le "capitalisme financier" , d'où viendrait tout le mal, considéré par lui comme une excroissance malsaine du capitalisme, qualifié "d'entreprenarial":
"J'ose utiliser un terme fort  :le capitalisme financier est immoral !".
Curieusement, la presse ne reprend pas cette imprécation...
Pas la moindre citation de la part de "Google"...
Le Président aurait-il changé d'avis d'un jour sur l'autre, et signifié aux médias d'observer un silence prudent ? Ou ses proches amis du CAC 40 l'ont-ils, entre temps, rappelé à de meilleurs sentiments vis-à-vis de la Finance ?
Car enfin, les "entrepreneurs", tels Dassault, Lagardère ou Renault, n'ont-ils pas de "salles de marché", propres à leur entreprise, qui  permet à chacune d'elles de "boursicoter" à grande échelle, de spéculer comme un vulgaire trader ?
En fait, chacun sait  - le Président en premier - que la financiarisation du capital constitue l'évolution naturelle de celui-ci, dans sa phase de développement. La recherche du profit, toujours plus rapide, toujours plus étendu, exige une rotation accélérée du capital, ce qui implique le recours aux pratiques financières.
Marx avait annoncé la logique du système, il y a plus de 150 ans.
Prétendre que le "capital financier" n'est qu'une dérive anormale du Capital, revient à dire que l'homme adulte  est un avatar regrettable de l'adolescent !

Pour Nicolas Sarkozy, qui méprise les citoyens, la démagogie la plus grossière est sa forme préférée d'expression.
C'est son péché capital.

Tag(s) : #Lutte de Classe
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