Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Le mouvement social, décidé par l'ensemble des centrales syndicales pour le 29 janvier, s'annonce massif.
Les grèves, les arrêts de travail, que l'on prévoie nombreux dans le secteur public, doivent toucher également les entreprises privées. Une première, depuis de longues années. Les manifestations devraient réunir des foules considérables. Ce n'est pas seulement une prévision des syndicats. Le pouvoir sarkozien, comme les médias, observent l'évènement d'une manière identique.
Donc, il faut s'attendre à une journée de protestation sociale d'envergure.
Rien d'étonnant à cela. Depuis des mois, le mécontentement de couches de plus en plus larges de salariés, mais aussi de professions issues des classes moyennes,  s'exprime sous différentes formes, reflétant la contestation générale de la politique économique et sociale menée au pas de charge par le pouvoir.
Depuis décembre, des formes d'action nouvelles se font jour. Des actes de "résistance", individuels ou collectifs aux mesures gouvernementales fleurissent sur l'ensemble du territoire. Ce phénomène est particulièrement développé parmi le personnel de l'enseignement primaire. Celui-ci conteste le bien fondé de réformes, jugées néfastes pour les élèves. Les parents, en grand nombre participent, quand ils ne sont pas à l'initiative, "d'occupation" d'écoles pour débattre ensemble et contester les aspects les plus divers de la politique scolaire de Sarkozy-Darcos. Malgré les sanctions (pécuniairement lourdes) frappant des enseignants "résistants", le mouvement prend de l'ampleur. Mais celui-ci s'étend en dehors de organisations syndicales, qui semblent ignorer ces formes nouvelles d'action.
La fronde des professions judiciaires,  du secteur de la recherche, la colère du personnel hospitallier rejoignent l'inquiétude des salariés, qui ne peuvent plus joindre les deux bouts et qui craignent un chômage envahissant, le ras-le-bol des travailleurs astreints à des formes d'esclavage social, soumis, dans leurs entreprises, à la dictature des patrons.
Si bien que la population - les "usagers" se sentent d'abord des salariés, des retraités, des privés d'emploi - soutient massivement le mot d'ordre syndical du 29 janvier.
Chacun y voit le moyen d'exprimer collectivement, massivement, sa sourde colère personnelle.
Au soir de la grande journée qui s'annonce, après la joie de s'y être retrouvés "tous ensemble", chacun de se poser la question :
"Et demain, qu'est-cequ'on fait ?".
Les centrales syndicales doivent, sous quelques jours, se retrouver pour donner une suite commune à la démonstration de force du 29.  Faut-il que le calendrier retenu, faute d'accord unanime, ne prévoit pas la "prochaine action unitaire"...qu'à Pâques ou à la Trinité !
Les salariés attendent des mots d'ordre immédiats.
Certes, une "grève générale" ne se décrète pas au sommet. D'ailleurs, l'expérience en la matière montre que les mouvements sociaux généralisés, en juin 36 comme en mai 68, n'ont pas été décidés "centralement". Ils se sont répandus comme les gouttes de mercure se rassemblent, de proche en proche, d'entreprise à entreprise, de profession à profession.
Alors quoi faire ? Que décider ?
Les syndicats doivent tout mettre en oeuvre pour que se développent les initiatives "à la base", que les salariés eux-mêmes auront élaborées et décidées. Les syndicats, mais aussi les organisations politiques, auront pour tâche de favoriser et de coordonner ces actions locales pour les fédérer, leur donner une dimension nationale, un "Tous ensemble", qui corresponde à l'attente de toutes les couches de la population, victime de la politique du pouvoir sarkozien, et plus largement du capital, dont ce pouvoir est issu.
Pour que cette stratégie réussisse, les objectifs doivent être clairs. Ils doivent viser chaque aspect concret de la politique antisociale du gouvernement et du patronat, profession par profession, catégorie par catégorie, pour contraindre le pouvoir et les patrons a des reculs significatifs. Comme sur la "réforme des lycées", initiée par Xavier Darcos, et remisée provisoirement, sous les coups de butoir des lycéens eux-mêmes.
Mais s'en arrêter là serait préjudiciable à très court terme à notre lutte globale contre la politique d'ensemble du pouvoir. Ce ne serait que reporter les échéances à plus tard.
Bien entendu, la journée du 29 janvier ne peut avoir pour horizon un ravalement de façade des réformes gouvernementales, un "arrangement" entre dirigeants syndicaux et ministres.
La CFDT nous a habitués à ce qu'elle déserte le champ revendicatif, en rompant l'unité en plein combat. Bernard Thibault, en novembre 2007, a fait de même, dès le premier jour d'une immense grève des cheminots. Il faut être vigilant.
Une marée sociale, telle qu'on l'annonce pour le 29, doit se  poursuivre par une offensive concertée de grande ampleur pour, non seulement stopper la contre-révolution sociale menée par les fondés de pouvoir du CAC 40, mais regagner le terrain revendicatif perdu depuis des années et des années. C'est jusqu'au "climat' de terreur qui règne dans de nombreuses entreprises, qu'il faut changer.
Il faut passer à la contre-offensive.

Tag(s) : #Social
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :