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Au lendemain d'une journée de colère sociale d'une ampleur peu commune, il est utile de faire le point.
Le 29 janvier 2009 a été marqué essentiellement par le nombre de cortèges syndicaux recensés en France, et les succès que ceux-ci ont rencontré. Dans les plus petites villes jusqu'aux grandes métropoles et à la capitale, plus de 200 manifestations se sont déroulées sur le territoire, totalisant 2.500.000 participants. Du jamais vu, depuis des décennies. On peut dire que le peuple s'était donné rendez-vous pour clamer haut et fort sa colère, voire son indignation, face à l'offensive de contre-révolution sociale, menée par le pouvoir sarkozien, depuis l'été 2007. Les salariés, les privés d'emploi, les retraités, victimes de cette politique au niveau de leurs conditions de vie - bas salaires, chômage total ou partiel, délocalisations, fermetures d'entreprises décidées ou craintes - ont convergé dans la rue avec les professions du service public, agressées et menacées de démantèlement  - éducation, santé, recherche, la Poste - pour, ensemble, crier assez fort afin  que leurs voix mêlées atteignent les Renseignements Généraux, les"grandes oreilles" de l'Elysée
.
Les médias, peu suspects de connivence avec les manifestants, ne pouvaient pas cacher, ce matin,  l'ampleur des cortèges. L'un des quotidiens de province, jouant avec leur "humour" habituel, titrait :
"Journée noire...de monde !".

La question se pose donc : "Et maintenant ?"
Si l'irruption du "privé" (grande distribution, métallos, banques...), dans les grèves était, hier, remarquable, il ne faut pas se cacher que les débrayages étaient encore très minoritaires. L'importance du nombre des intérimaires et des précaires dans les entreprises et  la terreur institutionnalisée  qui y règne, la généralisation des "fins de mois difficiles" confrontées avec les retenues de salaire pour fait de grève, compliquent la stratégie syndicale. Les arrêts de travail ne peuvent être efficaces que massivement suivis. On peut mesurer l'impact de la législation nouvelle, imposée par le pouvoir dans les transports, concernant l'obligation de se déclarer "gréviste" avec préavis de deux jours : ce sont des minorités qui ont cessé le travail hier à la RATP comme chez les cheminots. A ce propos, la passivité des directions syndicales, en la matière, pèse lourd aujourd'hui, dans les conflits sociaux. La CGT a laissé faire , fin 2007, sans avoir organisé avec les salariés visés par la loi scélérate, la moindre réaction collective.
Donc, aujourd'hui, tous ces facteurs entravent les effets d'un mot d'ordre de grève. Est-ce à dire qu'il faut rejeter cette forme d'action ? Non, bien sûr. La grève généralisée, plus que "générale", demeure le plus efficace moyen de peser sur le pouvoir et le patronat.
Faut-il que les travailleurs fasse leur ce mot d'ordre.
L'exemple d'une telle grève en Guadeloupe montre qu'il peut paralyser entièrement  l'île. Nous n'en sommes pas encore là sur le territoire français.
L'urgence, c'est de faire monter encore d'un cran la colère populaire. Il est nécessaire que celle-ci s'exprime dans la durée avec une intensité accrue, avec l'objectif du "Tous ensemble".  En clair, la convergence des mécontentements doit s'exprimer dans la convergence des luttes.
Lundi 2 février, les sept confédérations syndicales doivent faire le point après la journée du 29 janvier et décider des formes de l'action à mener sans attendre. Il ne faut pas jurer que telle ou telle organisation ne prenne prétexte d'une future entrevue avec Nicolas Sarkozy, pour retarder l'échéance des actions à venir. La CFDT et Chérèque pourraient à nouveau jouer le rôle de "briseur d'unité". Elle en a l'habitude.
Aujourd'hui, l'état d'esprit de larges couches de la population, manifestant en masse, jeudi dernier, doit prévaloir sur la recherche à tout prix de l'unité syndicale "au sommet".  Des centaines et des centaines de milliers de salariés attendent "la suite".  Il faut répondre à leur attente.
Et pourquoi pas une "montée à Paris" un samedi de février ?
Mais,  les mots d'ordre centraux et nationaux, s'ils sont utiles pour fédérer les mécontentements, ne sont pas les seuls à envisager, surtout dans la perspective de la durée. Des rassemblements locaux interprofessionnels répétés dans une localité, dans un quartier, sont du domaine des possibilités. Il faut réfléchir à unir les centre-villes et les cités.

Pensons-y : pour exprimer la solidarité avec le peuple palestinien, des dizaines de milliers de manifestants, venus des banlieues, ont sillonné Paris des samedis durant.  La grande majorité d'entre eux, était d'origine maghébine. Nous ne les avons pas retrouvés de la Bastille à l'Opéra, le 29 janvier. Pourtant, ce sont des salariés comme ceux qui ont défilé, avec les mêmes colères et les mêmes revendications, et souvent, en plus, d'autres raisons d'avoir "la rage".
Il faut réunir l'ensemble des travailleurs, les uns avec les autres.
C'est la condition de la victoire !

Tag(s) : #Social
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