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Nicolas Sarkozy
et Angela Merkel ont profité de leur présence  à la "Conférence sur la Sécurité", vendredi 6 février, pour annoncer de concert  "la bonne nouvelle" : une unité militaire allemande, forte de 600 à 700 hommes, va prendre ses quartiers en France, en Alsace, précisément. Le président de la République s'est réjoui à cette occasion,  de l'installation de soldats allemands, dans notre pays : "une première depuis 1945" s'est-il écrié, tellement sa joie était forte. Le fait est : depuis l'Occupation nazie, la France n'avait pas eu cet honneur ! 
Pour donner, sans doute, un caractère anniversaire à l'évènement, la décision a été prise ...à Munich, célèbre pour les Accords signés en septembre 38, synonymes de lâche abandon, de trahison des intérêts nationaux de la France. Edouard Daladier, le président du Conseil, et   Arthur Neville Chamberlain, Premier ministre britannique, avaient alors capitulé devant Hitler, lui offrant en gage de paix, notre alliée, la Tchécoslovaquie.
On connaît la suite : la guerre, un an plus tard et l'Occupation de notre pays.
Hier donc, toujours "au nom de la Paix", Nicolas Sarkozy a donné son accord enthousiaste à l'entrée de troupes allemandes en France. Certes, pour leur implantation, il n'a choisi ni Oradour, ni le Vercors, seulement l'Alsace, dont les "élites locales" étudient actuellement la mise en place d'un territoire commun comprenant Strasbourg et la ville allemande jumelle...
Le président de la République a placé sa décision dans la "perspective historique" de l'amitié franco-allemande et de la "collaboration entre nos deux pays", se référant encela à l'entrevue de 1962, demeurée sans suite,  du général de Gaulle et de Konrad Adenauer. (De Gaulle ignorait alors que le chancelier allemand avait pris pour principal collaborateur un juriste nazi, Hans Josef Maria Globke*, dont il fit son Secrétaire d'Etat.) 
Sarkozy  rappelle ensuite les rapports étroits entretenus entre Giscard d'Estaing et Helmut Schmidt, puis entre François Mitterrand et le chancelier Kohl pour justifier la collaboration  franco-allemande actuelle.
Le président oublie le précédent le plus célèbre : la rencontre "historique" de Montoire en octobre 1941, entre Adolf Hitler et Philippe Pétain.

Par une poignée de main très médiatisée, le vieux maréchal célèbre la «collaboration» entre la France vaincue et l'Allemagne triomphante.
Il s'en explique à la radio le 30 octobre 1940
:
«C'est dans l'honneur et pour maintenir l'unité française, une unité de dix siècles, dans le cadre d'une activité constructive du nouvel ordre européen, que j'entre aujourd'hui dans la voie de la collaboration (...). Cette collaboration doit être sincère...».

 

Le Figaro écrivait déjà, le 27 octobre 1940 :
"Le chancelier Hitler et le maréchal Pétain se sont mis d'accord sur le principe d'une collaboration afin de construire la paix en Europe" .
Le nouvel accord de Munich, entre Sarkozy et Merkel, doit aussi, nous disent-ils,  "construire la paix en Europe".

Rien d'étonnant dans cette continuité.

La grande bourgeoisie française, toujours sur le 'qui vive' du fait du peuple sans cesse révolté, fait toujours appel à l'étranger pour le mater.
C'est le "Royal allemand", régiment d'élité de la royauté, qui tire au canon contre les Parisiens le 10 août 1792
C'est l'Europe monarchique coalisée qui tente de sauver Louis XVI, en menaçant d'anéantissement le peuple révolutionnaire.
C'est monsieur Thiers qui pactise avec Bismarck et les Prussiens contre les patriotes communards.
C'est la "kollaboration" du grand capital français avec le pouvoir hitlérien, dès avant 1939, pour la protection de ses  profits,  collaboration poursuivie durant l'Occupation.
Et, à travers  l'Union européenne, dont l'Allemagne réunifiée tient le premier rôle, une nouvelle "collaboration" se développe entre les magnats des banques et de l'industrie, des deux côtés du Rhin.
La nouvelle installation de soldats allemands en France n'est pas étrangère à la colère qui monte dans notre peuple
.
Celui-ci doit en être averti.

* Entré le 1er novembre 1934 comme conseiller au nouveau ministère de l'intérieur du Reich et de la Prusse, dirigé par le ministre Wilhem Frick
Hans Globke y travailla jusqu'en 1945. il participa à la préparation des premiers décrets d'exécution des lois antijuives de Nuremberg  (15 septembre 1935). Après 1935, Globke travailla activement à les renforcer. 
Par ailleurs, en 1939, Globke était associé à l'élaboration en Slovaquie du « Code juridique à appliquer aux juifs » (Kodex des jüdischen Rechts), par lequel était entamée la privation des droits pour les juifs et leur expropriation. Hans Globke, également attaché au
Bureau des Affaires juives, sera, dès 1946,  le point central entre le gouvernement de Bonn, la CIA et l’OTAN, avant de devenir le conseiller spécial à la sécurité nationale du chancelier Konrad Adenauer.
Mais, Globke ne fut pas le seul nazi auprès d'Adenauer. Après l’arrestation d’Adolf Eichmann, la CIA a refusé de collaborer avec la justice israélienne, car cela aurait mis en péril tout leur réseau d’ex-nazi recruté au sein de l’organisation Ghelen, l’ancêtre des services secrets de l’Allemagne de l’ouest (du nom de Reinhard Gehlen, ancien chef du renseignement nazi sur le front de l’Est), créé directement par la centrale américaine
.


 
Tag(s) : #Contre l'impérialisme
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