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Dans une communication aux militants, Maryse Dumas explique la position de la CGT, quatre semaines avant la manifestation unitaire du Premier mai.  Cet exercice lui est dicté par l'interrogation de nombre d'organisations de base, quant à la stratégie confédérale. L'espace qui sépare une "Journée" de la suivante - six semaines -  pose question.  
Maryse Dumas met d'abord l'accent sur "l'exceptionnalité" du futur Premier mai : la présence, pour la première fois, de Centrales, jusque là absentes, par principe ou manifestant séparément. Leur ralliement est salué comme un évènement historique. La secrétaire de la CGT brode plus que de raison sur le thème de "l'union au sommet", considérée par elle, comme l'élément déterminant de l'ampleur atteinte par les récentes manifestations unitaires.
D'autre part, le choix du Premier mai permet, selon Maryse,
"
de retrouver à la fois le plus gros des forces de janvier et mars et d’y additionner tous ceux toutes celles qui n’ont la possibilité ni de faire grève, ni de déposer une RTT : les salariés, les demandeurs d’emplois, les retraités, les jeunes, les familles."
C'est dire que l'idée de grèves généralisées n'est pas au centre des perspectives de la CGT.
D'ailleurs, la secrétaire confédérale annonce déjà des manifestations: 

 "A l’initiative de la CES les 14, 15 et 16 mai dans un certain nombre de capitales dont Bruxelles, Berlin, Madrid, Prague…"
Elle en conclut :

 

"Si on se projette, sur l’après 1er mai, et, en tenant compte des mobilisations européennes, des ponts de l’ascension et de Pentecôte et des élections européennes du 7 juin, il n’y a pas beaucoup de week-ends disponibles".

Adieu l'action d'ici septembre, du fait des jours "disponibles?
D'ailleurs, elle tance vertement ceux qui prônent une "radicalisation" de l'action :
"Faisons bien attention à ne pas, sous le même terme de « radicalisation » confondre des comportements et des formes d’intervention ne relevant ni des mêmes logiques ni des mêmes issues".
Et de se faire plus précise : 
"Nous ne confondons pas non plus, les actions qui émanent de façon presque spontanée de salariés qu’on prive d’avenir, avec des constructions qui pourraient relever de stratégies politiques visant à délibérément créer des tensions, des violences non seulement inutiles mais dont les conséquences seraient très lourdes aussi bien pour les salariés concernés qu’au regard des possibilités de mobilisation de masse." 
Qui est visé par ces attaques ?
Les tensions, les violences, ce sont patronat et pouvoir qui les créent. Ce sont les 3000 chômeurs de plus chaque jour depuis le début de l'année, les paies, les indemnités, qui ne permettent pas de vivre, la terreur dans les entreprises, les cadences de mort infligées aux salariés, qui conduisent nombre d'entre eux à un réflexe de révolte, et non "des statégies politiques" extérieures au mouvement ouvrier.
Croire que le succès des 29 janvier et du 19 mars  est simplement dû aux appels communs des 8 organisations syndicales, et s'en tenir là,  pourrait devenir une erreur tragique.
Qui peut affirmer que la mobilisation populaire est le fruit d'une adhésion collective au programme minimum, élaboré par les Centrales ?
Non chiffré, non précis dans ses objectifs, le cahier revendicatif commun ne peut être à l'origine du succès rencontré par les manifestations. 
L'affluence record de ces  dernières, résulte de l'état d'exaspération du monde du travail. Ni la stratégie confédérale, ni les revendications mises en avant, ne sont à la hauteur des enjeux. 
Est-ce à dire qu'il faut, sans plus tarder, appeler à la grève générale ? 
Non, bien sûr. On ne décrète pas "d'en haut" ce genre de mot d'ordre. L'histoire nous montre que les grèves, qui ont le plus paralysé notre pays, sont parties d'entreprises, de professions et qui ont gagné de proche en proche, pour aboutir à une grève généralisée.
Mai 68 en fournit la preuve irréfutable.
Encore faut-il que les syndicats, la CGT en premier, créent les conditions d'un tel mouvement, par un travail idéologique permanent auprès des travailleurs, sur les raisons et la nécessité de globaliser l'action.
Il n'est pas sûr que la direction confédérale soit dans cet état d'esprit.
Son refus de se mêler du débat politique, les distances qu'elle a prises avec l'ensemble des forces qui combattent la dictature du Capital, isolent la CGT, rendent moins crédibles ses critiques contre le pouvoir. En acceptant de devenir des "partenaires" du patronat et du gouvernement, la CGT a rejeté la lutte de classes comme élément moteur du combat syndical. Elle a, de ce fait, désarmé la classe ouvière.

Oui, Maryse, nous devons tous nous féliciter de l'immense réussite des journées d'action des 29 janvier et du 19 mars.
Oui, il faut que le Premier mai 2009 devienne une date historique par son ampleur et sa combativité.
Mais le peuple travailleur ne doit pas être une simple  "force d'appoint" aux  dirigeants des 8 Centrales syndicales, dans leur dialogue avec le pouvoir et le patronat.
Le Premier mai ne doit pas être le point d'orgue de la mobilisation populaire. Le Premier mai doit, au contraire, par son immense succès, permettre, sans attendre, d'élargir davantage l'action sous les formes, librement définies par les salariés eux-mêmes.
Le combat doit se poursuivre et s'amplifier au-delà du Premier mai.

 

Tag(s) : #Lutte de Classe
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