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  Rinascita della Sinistra,
26 mars 2009                                   

   

Le capitalisme traverse actuellement une crise mondiale plus profonde peut-être que celle des années 1930. Nous savons grâce à Marx (et aussi grâce à W.Benjamin) que cela peut mener au socialisme, mais aussi, contrairement à ce que croyait le déterminisme positiviste de la Seconde Internationale, confiant dans le nécessaire et inévitable avènement du 'Soleil de l'avenir', à la « destruction des deux classes en lutte », à une régression générale de la civilisation: socialisme ou barbarie reste l'alternative fondamentale de notre époque.

 

Aux origines du communisme contemporain – celui qui se développe dans la théorie et la pratique de Lénine et Gramsci, pour en citer seulement deux des figures les plus brillantes – il y a la conscience du rôle central du sujet révolutionnaire communiste. Sans communistes organisés, sans parti communiste, les contradictions du système capitaliste – aujourd'hui si manifestement explosives – ne débouchent pas automatiquement sur une transition vers le socialisme. Les communistes – c'est encore le Manifeste de 1848 qui l'affirme – ne sont certainement pas l'unique force anti-capitaliste (et il existe également un anti-capitalisme régressif), ils ne sont pas les seuls à se battre contre l'inégalité et les injustices sociales, mais ils sont la seule force qui œuvre consciemment dans la perspective stratégique du dépassement (dans le sens hégélien de Aufhebung) du capitalisme par un mode de production fondé sur la propriété sociale et la planification socialiste – qui seule est capable de dépasser l'anarchie de la production capitaliste. Les communistes sont l'antagoniste historique, et non contingent ou accidentel du capitalisme. Les classes dominantes bourgeoises sont bien conscientes de cela: l'anti-communisme est une donnée permanente de la société capitaliste (c'est pourquoi on ne doit pas s'étonner que Berlusconi y fasse appel, même si les forces communistes en Italie n'ont jamais été, depuis 1945, aussi réduites). Cela a été mis en pratique de manière très différente, de l'attaque frontale et directe à la stratégie plus subtile – si bien analysée par Gramsci dans ses Cahiers à propos du « transformisme » et de la « révolution passive » - qui consiste à décapiter idéologiquement et politiquement les communistes, de les « anesthésier » en les transformant de force antagoniste historique en un appendice subalterne aux partis bourgeois. Ainsi, la capacité d'agir sur le front de la « bataille des idées » n'est pas moins importante et nécessaire que la capacité à impulser, organiser et mener les luttes sociales.

 

 

L'histoire des trente dernières années – après que le mouvement communiste en Italie et dans le monde a connu jusqu'au milieu des années 70 d'importants succès, couronnés par la victoire des Viet-Cong contre l'Oncle Sam – est marquée par une virulente contre-attaque anti-communiste sur le plan politique et idéologique, à laquelle les communistes n'ont pas su opposer les stratégies adéquates, si bien que, après le travail de sape des années 1980, l'édifice s'est effondré en 1989-91, avec la contre-révolution capitaliste en URSS et dans l'Est de l'Europe et la Bolognina [liquidation du PCI au Congrès de Bologne] d'Occhetto. Mais l'effondrement de 1989 n'a pas tout emporté, les communistes essaient, dans le monde et en Italie, de résister, de se réorganiser, de se reconstituer. Avec des difficultés compréhensibles, des incertitudes, des erreurs, des chutes. Le Prc est né il y a 18 ans en Italie, si il a eu le grand mérite de s'opposer aux dérives et de rassembler les forces anti-capitalistes et communistes, il n'a pas voulu renouer sérieusement avec l'histoire du mouvement communiste italien et international, préférant « pragmatiquement » (mais un pragmatisme dont on paie le prix fort maintenant) les simplifications, les mythifications et les slogans faciles, jusqu'à la dérive bertinottienne, qui rompt avec la traduction communiste et avec le marxisme et ouvre les portes à la dernière – sur le plan chronologique – tentative de transformation-dilution du parti communiste dans la gauche arc-en-ciel.

 

Une des raisons majeures des différentes scissions du Prc, dont la plus lourde de sens, mais certainement pas la seule, est celle qui a donnée naissance en 1998 au PdCI, et de la considérable « diaspora » communiste, est ce manque d'élaboration et de formation théorique, qui a rendu la direction politique aveugle, naviguant entre le Scylla de l'opportunisme réformiste et le Charybde du maximalisme extrémiste, là où le meilleur de la tradition communiste du XXème siècle savait fixer, grâce à la boîte à outils de Marx et à « l'analyse concrète de la situation concrète » léninienne, le bon cap qui faisait avancer effectivement le mouvement ouvrier. Maintenant que, avec peine et difficulté, mais avec la détermination que nous impose la conscience de la gravité de la situation et de la nécessité historique d'un parti communiste fort capable de bien tenir le cap dans les tempêtes capitalistes, nous sommes engagés dans la voie de l'unification des communistes en Italie, nous devons être capables de récupérer cette grande tradition communiste pour développer ses enseignements en vue des défis qui nous attendent.

 

Traduit depuis http://www.lernesto.it/

 

par BANDERA ROSSA
publié dans : pcfcapcorse communauté : Un PCF de lutte des classes !
Tag(s) : #Lutte de Classe
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