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Texte repris dans
Papyves83

publié dans : Sarkozisme


Considérée comme la meilleure du monde, enviée par nos voisins, notre école maternelle serait-elle menacée? ? C’est à craindre. Depuis quelque temps, l’école des tout-petits subit de nombreuses attaques.

Voudrait-on fermer les écoles maternelles que l’on ne s’y prendrait pas autrement. Depuis plusieurs mois, rapports, déclarations, livres… tirent à boulets rouges sur cette institution plus que centenaire que nos voisins nous envient.
Lieu de vie, de socialisation, d’ouverture au monde, l’école des tout-petits est pourtant efficace sur un plan purement scolaire. De nombreuses recherches font un lien entre durée de fréquentation de l’école maternelle et réussite à l’école élémentaire, et les enfants ayant fréquenté la maternelle sont mieux armés au moment de l’entrée au collège.
Alors qui en veut aujourd’hui à l’école maternelle et, surtout, pourquoi ?


Juillet 2008. Dans un rapport, Michèle Tabarot, députée Ump, préconise de transformer les classes qui accueillent des enfants de 2 à 3 ans en jardins d’éveil animés par des professionnels de la petite enfance. Selon elle, « si l’école propose davantage d’activités pédagogiques (graphisme, activités logiques, langage, explications, repères spatio-temporels), elle gère moins bien les temps d’attente et les enfants s’y ennuient ».
Trois mois plus tard, un second rapport rédigé par des sénateurs Ump reprend l’idée.

Bientôt finie, la gratuité ?

Xavier Darcos, ministre de l’Education nationale, jette aussi un pavé dans la mare en déclarant devant le Sénat qu’il faut cesser de recruter des fonctionnaires au niveau bac + 5, pour « faire faire des siestes à des enfants ou leur changer les couches  ».
Il s’attirait ainsi les foudres – et on les comprend – des équipes enseignantes.

Derrière l’ambition affichée d’apporter un mieux-être aux enfants, ce sont des mesures d’économies que le gouvernement appelle de ses vœux. En lieu et place d’une école maternelle gratuite pour tous, il s’agit de transférer sur les communes et sur les familles – comme les crèches, ces jardins d’enfants recevraient une participation financière des parents – la prise en charge des tout-petits.
Autre économie : plus de salaires de professeurs des écoles à verser. L’encadrement serait assuré par des personnels de la petite enfance aux salaires nettement inférieurs à ceux des enseignants.

Pour beaucoup de familles modestes, ce changement de cap pourrait avoir des conséquences dramatiques. Les femmes seules pourraient être contraintes de renoncer à un emploi pour garder à la maison des enfants auxquels aucune activité d’éveil ne serait proposée.
Ces détracteurs de l’école des petits peuvent aujourd’hui se réclamer d’un maître à penser, un certain Julien Dazay – c’est un pseudonyme –, ancien instituteur devenu inspecteur de l’Education nationale. L’auteur du livre propose de fermer les écoles maternelles, dont la couverture montre des nouilles – probablement celles destinées à fabriquer des colliers –, prétend dénoncer de l’intérieur, mais à visage masqué, la faillite de l’institution.
Les parents sont très mobilisés
Pour Julien Dazay, , « notre exception française n’est plus adaptée à son temps. Elle est devenue une simple garderie, inefficace et coûteuse ». Son réquisitoire est sans appel : à l’école des petits, on n’apprendrait pas grand-chose ou en tout cas pas assez, car, «  sur une journée d’école, un élève aura reçu au total environ soixante-cinq minutes d’apprentissage, à peine plus d’une heure sur six heures de classe ».

A l’évidence, pour Julien Dazay, l’éveil à la vie en groupe, au graphisme, à la lecture, à la cuisine, à la sociabilité ou le développement psychomoteur… ne relèveraient pas des apprentissages fondamentaux.
« Si rien ne bouge, alors, oui : il faudra fermer les écoles maternelles  », assène l’inspecteur masqué, d’autant que « jamais la mission de l’Etat n’a été de scolariser les enfants avant l’âge de la scolarité obligatoire, c’est-à-dire 6 ans. On a donc habitué des familles à une sorte d’assistanat rampant en confisquant peu à peu leurs responsabilités. Progressivement, on s’est substitué à elles. L’Etat rend ainsi les parents défaillants  ».

Et puis surtout, pour cet Inspecteur de l'Education nationale, " la maternelle a un coût trop élevé pour l’Etat  : 4,5 milliards d’euros pour la scolarisation de 2,5 millions d’enfants. Une somme colossale". Cqfd.
Depuis septembre, la mobilisation des parents d’élèves ne faiblit pas. Ils multiplient les actions – occupations d’écoles, manifestations – pour témoigner de leur attachement à la maternelle et tenter de la sauver.

Tag(s) : #Social
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