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Mardi 28 avril 2009

repris du blog 
EL DIABLO les anti-capitalistes

Après d'autres, et avec d'autres, je voudrais donner mon opinion sur cette question.

Et pour commencer, rappeler que c'est une question qui se pose pour TOUTE élection, si l'on n'a pas oublié que le bulletin de vote n'est qu'une des formes de la lutte des classes.

On voudra bien m'excuser de commencer par ce rappel, mais force est de constater que, dans la France d'aujourd'hui, l'appel de John Monk, secrétaire général de la CES, à sauver le capitalisme malgré lui, n'a pas soulevé l'ire des confédérations syndicales françaises. Il y a donc tout lieu de penser que pour les dirigeants de ces confédérations, la lutte de classes n'existe plus ou, pour le moins, qu'ils considèrent conciliables les intérêts de ceux qui accaparent les profits au mépris de la vie de ceux qui les produisent.

Naturellement, cet abandon fondamental s'exprime aussi, et sous diverses formes, dans la sphère politique. C'est ainsi que l'on continue à dire la France « démocratique » bien que soit bafouée la souveraineté du peuple légalement exprimée, que l'inscription sur les listes électorales soit limitée, que la mobilité exigée par la précarité du travail exclue de l'exercice du droit de vote un nombre grandissant de salariés.

Alors que nous vivons la dictature terroriste du capital financier, que les patrons prennent quotidiennement les salariés en otages, de « bonnes âmes » s'émeuvent lorsque des travailleurs en lutte séquestrent un patron...
Acquis de la lutte des classes, ce droit de vote n'est pas, comme le voudrait l'adversaire de classe, une obligation de vote pour celles et ceux que les vicissitudes de l'exploitation capitaliste n'ont pas empêchés de s'inscrire sur les listes électorales. Bien que, par ses luttes, le peuple de France ait mis fin au vote censitaire, l'exclusion du droit de vote se poursuit, et toujours sur une base sociale.

C'est dans ce contexte de lutte de classes, de plus en plus meurtrier pour le peuple (les suicides au travail, les morts des suites des conditions de travail, l'élargissement du nombre des « sans » travail, revenu, logement, accès aux soins, papiers, etc., sont des réalités bien concrètes), que se pose la question de l'utilisation du droit de vote.

Ce n'est qu'à partir de la réalité actuelle de la lutte de classes, dans ce moment inédit où le capitalisme en faillite multiplie les initiatives pour assurer sa pérennité en faisant payer sa crise aux peuples, que se pose la question du vote ou de l'abstention.
Dans ce contexte, alors que ce sont les tenants du capital qui décident du contenu du scrutin électoral, se pourrait-il qu'un scrutin n'ait pas pour objectif de pérenniser le capitalisme ?
Se pourrait-il que sur le fonds, l'alternative proposée au vote des citoyens soit autre que : à quelle sauce voulez vous être mangés ? En témoignent les gouvernements successifs de ce dernier quart de siècle : ceux qui l'auraient oublié se souviendront que le dernier gouvernement de gauche a privatisé plus que le gouvernement de droite qui l'avait précédé.

Voilà comment, pour ma part, j'appréhende ma participation à une élection. Et confronté à la question : à quelle sauce est-ce que je veux être mangé ?, probablement par instinct de conservation, je vais chercher le moyen de dire haut et fort que je refuse d'être mangé...

Parce que mon avenir, et celui de ma classe, sont ailleurs.

Jean-François

ajusteur mécanicien retraité.

 

 

Tag(s) : #Europe
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