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ET MAINTENANT ?

 

Les centrales syndicales, en lançant le mot d’ordre de mobilisation sociale, pour le Premier mai, espéraient réunir dans la rue davantage de monde, que le 19 mars dernier. Bernard Thibault expliquait alors, que choisir un jour férié permettait de réunir, non seulement les grévistes des dernières manifestations, mais aussi les salariés exemptés d’un coûteux arrêt de travail.

Le secrétaire général de la CGT théorisait à loisir sur ce thème.

Et bien, c’est raté. Les syndicats reconnaissaient, dès hier soir, 1.300.000 manifestants pour la France entière, contre 3 millions, il y a six semaines.

Pourquoi ce recul ?

Certes, la répétition de défilés traditionnels tous les mois et demi, sans que ces manifestations fassent changer d’un iota la politique du pouvoir sarkozien, pose problème. Cette stratégie commence à lasser les salariés. Déjà, nombre d’entre eux se posaient la question des moyens de lutte, ayant recours, ici ou là, à des méthodes plus musclées. 

Mais une certaine désaffection constatée hier, vient-elle seulement des « méthodes » utilisées pour exprimer  le  mécontentement des travailleurs ?

Se réduire à cette conclusion serait faire fausse route. Limiter la réflexion au dilemme : manifestation ou grève générale, conduirait à de nouveaux échecs.

Les salariés réagissent, non pas pour « faire plaisir » aux dirigeants des syndicats, ou par « discipline », mais pour obtenir satisfaction à telle ou telle revendication. Ils mesurent l’ampleur des sacrifices à consentir à l’aune des objectifs à atteindre. Or, depuis fin 2008, l’unité syndicale réalisée entre les huit organisations ne repose sur aucun programme revendicatif concret et chiffré. Le texte commun s’en tient à des généralités, ou à des mesures d’accompagnement de la crise. Aussi, les millions de travailleurs rassemblés ne font qu’exprimer leur inquiétude, leur mécontentement ou leur colère. Aucun but à atteindre ne leur est proposé. Il n’est pas étonnant, dans ces conditions, que cette protestation collective s’émousse à la longue.

Les salariés, les privés d’emploi, les retraités ne constituent pas une masse de manœuvre mobilisable à jour fixe, utile pour appuyer les appareils syndicaux, lors de leurs entrevues avec le gouvernement ou le patronat.  Les centrales syndicales, à l’inverse, devraient avoir pour tâche de traduire les exigences ouvrières définies par les salariés eux-mêmes, se contentant d’être leurs porte-paroles face à l’ennemi de classe.

D’autre part, les réactions individuelles des manifestants, visibles par leurs badges, leurs pancartes, toutes hostiles nommément à Nicolas Sarkozy et à la politique du pouvoir, ne trouvent pas leur prolongement dans les mots d’ordre des directions syndicales, CGT en tête, préoccupées de « dépolitiser » le mouvement populaire. Il faut aussi noter dans les défilés, l’absence totale de référence à la responsabilité de l’Union européenne dans l’aggravation des conditions de vie de la population, des délocalisations d’entreprises, de la privatisation de tous les secteurs de l’économie.

Comment, dans ces conditions, motiver les salariés et conduire des batailles sociales couronnées de succès ?

 

La question est maintenant posée : que va-t-il se passer après l’échec du Premier mai ?

Les centrales syndicales se rencontrent le lundi 4 mai pour envisager une suite commune au mouvement. L’objectif unique de la CGT de conserver à tout prix l’unité au sommet, va-t-il conduire celle-ci à s’aligner sur la CFDT, qui n’attend qu’un signe, pour rompre l’entente ?

Si tel était le cas, la CGT prendrait alors la responsabilité de démobiliser les travailleurs avec, au bout, une nouvelle défaite de la classe ouvrière.

La CGT doit organiser sans attendre, dans l’unité, ou à défaut seule, une consultation systématique des salariés, tant sur leurs revendications, que sur les moyens à prendre pour les faire aboutir.

C’est seulement sur cette base que pourra rebondir le mouvement social.

Tag(s) : #Social
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