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'canempechepasnicolas',
en publiant  l'analyse ci-dessous,  rédigée par uncommuniste, veut permettre une réflexion, au-delà des stratégies comparées du PCF, du Parti de Gauche, du NPA, sur le caractère illusoire du vote pour la liste présentée par le Parti communiste et les amis de Mélenchon. En effet, si on fait siennes les conclusions de notre ami Mercier, voter pour cette liste ne constitue, en aucun cas, une prise de "position de classe", contre la "droite" et Sarkozy.
Par contre, participer au scrutin du 7 juin, signifie une adhésion "à l'Europe", qui reste, au-delà des qualificatifs,  une construction capitaliste et impérialiste, même baptisée de "sociale".

"Le « Front de gauche »: pour quoi faire?
 


Après avoir effacé l’identité du PCF pour les élections présidentielles au profit d’une candidature anti-libérale qui fut un fiasco, la Direction du PCF a récidivé avec le « Front de gauche ». Cette stratégie fut décidée au conseil national qui précéda le 34e congrès. Ce front se réduit au Parti de gauche (Pg) et à des dissidents du NPA.
Il ne s’agit pas d’un front c’est à dire d’une alliance au sein de laquelle chacun garde son identité, mais d’une liste commune dans laquelle les identités des uns et des autres se sont fondues.
Le NPA, LO et les amis de Chevènement sollicités ont refusé d’en faire partie. Comment la Direction du PCF peut elle solliciter les troskystes sans aucune honte ? Les anciens secrétaires généraux du PCF doivent se retourner dans leur tombe !
Le NPA qui n’est pas plus anti-capitaliste que Ségolène Royal, a un programme économique simplissime : faire payer les patrons, transport gratuit, médecine gratuite ! Il est en outre anti-nucléaire et anti-biotechnologie ! Le NPA fait de l’entrisme syndical afin de pousser à des formes d’action radicales ne tenant pas compte du degré de mobilisation des personnels pour déboucher sur la mythique grève générale libératoire du salariat. Il est facile de comprendre que la bourgeoisie ait tout intérêt à mettre en valeur un tel parti. Mais son électorat composé pour l’essentiel de jeunes découvrant la lutte est assez volatile.

Le Pg, nouvellement créé, au lieu d’affronter l’électorat sous ses couleurs s’est fondu dans la liste du « Front de gauche ». Autant dire que son influence électorale n’est pas la préoccupation première de ses fondateurs, le Pg n’est pas fait pour durer. Que vise Mélenchon ? Il suffit de lire ses interviews.
Il ne se satisfait pas de la position actuelle du PS (pourquoi, puisqu’il l’a quitté ?) et veut le faire revenir à gauche. Le Pg et le « Front de gauche » sont les outils de l’opération.
Il s’agit de créer à coté du PS un pôle contestataire suffisamment puissant électoralement pour infléchir l’orientation de ce dernier et éventuellement d’y revenir pour y jouer un rôle dominant.
La concurrence entre le « Front de gauche » et le NPA se réduit à déterminer qui sera le pôle dominant à coté du PS.
Le réformisme épouse toutes les formes de la contestation afin de les intégrer à l’idéologie dominante. C’est ce qui confère cet aspect changeant, multiforme de la social-démocratie. Le rejet de la politique du capital menée au nom de l’Europe a amené certains sociaux démocrates à prendre leur distance avec sa politique, notamment lors du référendum constitutionnel. Fabius et Mélenchon étaient du nombre. Cette opposition était de circonstance et ne reposait sur aucun contenu anticapitaliste tangible, d’où l’impossibilité pour les protagonistes du « Non  de gauche» de se mettre d’accord sur un programme électoral malgré les très nombreuses tentatives.
Fabius, quelques mois après le référendum, s’est prononcé pour l’unification des armements européens et la disparition des politiques nationales de recherche au profit d’une définition uniquement européenne !
Mélenchon
de son coté est resté sur une stratégie de contestation à la politique européenne.
Mais quelle crédibilité peut on lui donner ?
Il est contre la politique européenne quand l’Europe ne fait plus recette, mais il y a 17 ans quand l’Europe politique apparaissait, grâce surtout au PS, comme une solution à la crise nationale, Mélenchon avait une toute autre position. Il était un ardent défenseur de Maastricht, n’hésitant pas au Sénat à brocarder les communistes (

http://vivelepcf.over-blog.fr/article-31358665.html).

Si actuellement le peuple irlandais a pour Mélenchon toutes les qualités, il en allait autrement en 1992 du peuple Danois qui venait de rejeter le traité. Dans son intervention au Sénat, Mélenchon réclamait la construction d’une nation européenne, il approuvait la monnaie unique et affirmait que Maastricht était un compromis de gauche. Il est maintenant anti-Maastrichien pour les mêmes raisons (une Europe Sociale, plus de démocratie) qui l’avaient amené à approuver le traité.
Il ne s’est pas trompé en 1992 comme certains dirigeants du PCF gênés aux entournures essaient de faire le croire. C’est une marque de fabrique de la social-démocratie d’avoir une position de principe qui évolue au gré des rapports de force. L Blum, G Mollet, F Mitterand ont excellé dans ce genre d’exercice. Le caractère politicien de la stratégie de Mélenchon apparaît encore plus nettement avec la position de congrès du Pg sur le nucléaire.
                                                                                     Le Pg est pour la sortie du nucléaire (
http://www.lepartidegauche.fr/editos/arguments/621-entretien-avec-jean-luc-melenchon-dans-le-magazine-la-decroissance).
Même avec la souplesse des contorsionnistes du cirque de Pékin, il est impossible pour Mélenchon comme pour quiconque de concilier la lutte contre les gaz à effet de serre, qui est l’alpha et l’oméga de toutes formations politiques PCF compris et le refus du nucléaire qui n’en produit pas. Mélenchon n’est pas à une contradiction près. Son but est de chasser sur les terres du NPA qui est aussi anti-nucléaire.
Et le PCF là dedans ?
Sa stratégie d’alliance l’amène à renoncer à être lui même. Comme le défunt rassemblement anti-libéral, le « Front de gauche » est un rassemblement de sommet non porté par les luttes et structuré autour d’un programme qui évite de traiter les problèmes de fond. Le nucléaire, a ainsi été évacué. Le « Front de gauche » a été décidé au conseil national précédent le 34e congrès.
Les listes ont été décidées en dehors des communistes. La Direction du PCF n’a pas consulté les adhérents pour savoir s’ils acceptaient que dans leur région la tête de liste ne soit pas un membre du Parti. Le jour où les communistes votaient en Ile de France pour la liste présentée dans leur région, C Favier président du Conseil général était rétrogradé de la 5e à la 7e place au profit d’un Pg. Et le jour de la présentation nationale de l’ensemble des listes, 2 ou 3 places n’avaient pas encore été attribuées. Cela rappelle trop le rassemblement anti libéral où tout le monde était d’accord sur tout, sauf le nom du candidat à la présidentielle, il ne fallait pas que ce soit un communiste ! Si le « Front de gauche » était si harmonieux que cela, la répartition des places sur les listes n’aurait pas posé de problème majeur. Mais comme
la démarche est avant tout politicienne, elle a donné lieu à d’âpres marchandages. Visiblement le Pg qui n’a pas osé affronter l’électorat a les dents longues.
Il y a des syndicalistes présents sur les listes du
« Front de gauche » ils ne sont là que comme faire valoir, car pour le PCF la lutte en entreprise, c’est le syndicat et non le Parti. Cette séparation est la marque de la démarche social-démocrate. Le PCF s’est historiquement démarqué concrètement de la SFIO en créant les cellules d’entreprises. La création de ces cellules a fait du PCF l’outil politique du salariat. Le PCF par définition ne peut être un parti comme les autres.
En quittant les entreprises, il a coupé le lien avec l’exploitation capitaliste et est devenu un parti consensuel dont l’existence repose sur la délégation de pouvoir. Un PCF qui devient comme les autres partis s’engage dans sa disparition.
Le PCF englué dans sa démarche d’alliance sans principe, a fini par céder aux prétentions du Pg. Les adhérents du PCF sont réduits au rôle de rabatteurs pour Mélenchon qui est le grand bénéficiaire de l’opération.
Le « Front de gauche » lui fournit l’occasion de bénéficier de l’appareil militant du PCF. Ce ne sont pas les quelques milliers d’adhérents du Pg et les 450 dissidents du NPA qui vont faire l’article pour le « Front de gauche ».
Après la candidature antilibérale de MG Buffet, c’est la deuxième fois que le PCF efface son identité lors d’une élection. La Direction est en train d’instiller chez les communistes l’idée de la fatalité de l’effacement du PCF. Ce dernier ne serait plus rassembleur par lui même. Il y a fort à parier que le « Front de gauche » sera renouvelé lors des régionales de l’année prochaine.
La Direction du Parti veut se débarrasser de l’appellation, Parti communiste français, qui l’oblige malgré tout à garder un contenu lié à l’Histoire. Ne voulant pas aborder les raisons du recul du PCF et de l’effondrement du socialisme, elle est incapable d’élaborer une stratégie autonome, d’où la recherche permanente d’alliés sur lesquelles elle calque sa stratégie. Après avoir convolé pendant plusieurs années avec cette épave intellectuelle qu’est J Bové et accompagné ce mouvement profondément réactionnaire qu’est l’altermondialisme, la Direction du Parti profite de l’opportunité du départ de JL Mélenchon du PS et la création du Pg, pour préparer les communistes à la disparition du Parti.
Le « Front de gauche » qui, je le répète, n’est pas un front mais une fusion d’identités, est la première étape de la création à coté du PS d’une force sociale démocrate contestataire à l’image de « Die Linke ». Les affiches du Pg « Casse toi pov con !» illustrent le but essentiel de ce parti, le changement de majorité présidentielle en 2012.
Le Pg n’a pas d’autres buts que d’instrumentaliser le mécontentement pour aider le PS à revenir aux affaires. La Direction du PCF, en ayant abandonné toute volonté de rupture avec la société capitaliste, s’insère dans cette stratégie.
Mais l’Histoire n’est pas écrite. La Direction du Parti instrumentalise le mécontentement et le mouvement de lutte pour faire accepter sa politique de liquidation, mais la radicalisation du conflit de classe rend d’autant plus nécessaire l’existence et le renforcement du Parti communiste.
La disparition du PCF n’est nullement acquise."
 
Gilles Mercier
PCF Vitry
 
Tag(s) : #Europe
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