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Hugo Chavez vient de promulguer une loi votée par le Parlement, concernant l’enseignement au Venezuela. Le texte instaure un « Etat enseignant », dont les principes seront ceux de la Révolution bolivarienne.  Sa doctrine sera obligatoire dans tous les établissements publics et privés. Elle inspirera une partie des programmes au service d’une « nouvelle culture politique fondamentale ».

Une telle orientation, on le comprend, a de quoi faire hurler un journal comme  Le Monde.

 Le quotidien  titre, en toute objectivité, et sur quatre colonnes :

« Au Venezuela, une loi sur l’éduction ouvre la voie à la censure de la presse », et, en sous-titre :

« Le monde universitaire s’est déclaré en ‘ désobéissance civile’ contre le texte liberticide. ».

Voyons dons, ce qui, dans la nouvelle loi promulguée à Caracas, fait bondir d’indignation Le Monde :

 

 - Un rôle « pédagogique libérateur pour une nouvelle citoyenneté » sera exercé dans les écoles par les « conseils communaux », représentant la population locale.

 - « L’Etat contrôlera de plus près les carrières universitaires et pourra même dicter ses choix aux futurs diplômés, invités à travailler dans les secteurs stratégiques, jugés ‘prioritaires’ par le ‘plan de développement de la nation ».

 

L’intérêt national priorisé au détriment des intérêts particuliers, on mesure là l’horreur du changement !

On a connu Le Monde moins critique avec des réformes de l’Education imposées, en France, par Nicolas Sarkozy, visant l’école, en général, à l’Université, en particulier. Que celle-ci soit livrée au privé, que les principes de laïcité soient bafoués dans notre pays, qu’une tutelle étroite sur l’enseignement exige que celui-ci se fasse le relais de la propagande officielle, sur les « bienfaits de l’Union européenne » et la « nécessité du marché comme moteur de l’économie », rien de tout cela ne conduit le quotidien du soir à s’élever contre une politisation extrême de notre Education nationale.

Mais quand le pouvoir vénézuélien veut rendre l’enseignement conforme aux intérêts fondamentaux du peuple en extirpant l’idéologie bourgeoise de son contenu, là Le Monde monte au créneau.

 

Si on ajoute que, comble de l’ignominie,  «  l’Eglise proteste contre la disparition de toute mention d’un enseignement catholique facultatif », on peut imaginer ce qu’aurait écrit Le Monde, au lendemain du vote des lois laïques des années 1880, par la 3ème République !

Mais là où le quotidien voit ‘rouge’, si l’on peut dire, c’est à partir de deux articles de la loi qui visent les médias. 

Vous vous rendez compte :

« L’enseignement scolaire devra inclure ‘une analyse critique des moyens de communication’ ; les médias ne pourront publier des informations qui ‘terrorisent les enfants’ ou ‘portent atteinte aux saines valeurs du peuple vénézuélien ».

Permettre, à l’école de former l’esprit critique des enfants vis-à-vis des médias, c’est pour Le Monde une provocation. Si une telle mesure était prise en France, comment, dans ces conditions, diffuser la lecture du quotidien dans le milieu scolaire comme « journal de référence » sans tomber sous le coup de la loi ?

 

Pour Le Monde, heureusement, à Caracas, « le monde universitaire s’est déclaré en ‘désobéissance civile’ contre un texte qu’il juge liberticide ».

Des enseignants « désobéisseurs » au Venezuela, cela mérite une information complaisante.
Pas en France.

 

Le caractère de classe de la loi bolivarienne met hors de lui Jean-Pierre Langellier, l’auteur de l’article. :

« Le chef de l’Etat ne cache pas la dimension politique du nouveau texte. Cette loi ‘libératrice’, souligne-t-il, facilitera l’avènement de ‘la femme nouvelle’, de ‘l’homme nouveau, de la société socialiste’. Pour M.Chavez, ‘si la bourgeoisie crie, c’est parce que la loi est bonne’. Ces derniers jours, face aux manifestants, des partisans du gouvernement scandaient dans les rues de Caracas un slogan sans équivoque : ‘l’éducation d’abord pour le fils d’ouvrier, ensuite pour le fils de bourgeois’ ».

 

Un mot d’ordre à faire s’étrangler tout journaliste à la botte de ces derniers !

Aussi, le journaliste stigmatise l’ensemble de la législation nouvelle :

« La loi sur l’éducation inquiète d’autant plus qu’elle fait partie d’un ‘paquet’ de textes ‘socialistes’ récemment votés ou en projet. Une loi foncière autorise l’Etat a exproprier les terrains urbains ‘sous-utilisés’. Une loi organique va créer des propriétés collectives ».

Et le comble :

« Une loi électorale, comportant le charcutage des circonscriptions, permettrait au parti au pouvoir d’occuper 85% des sièges de députés avec seulement 50% des suffrages lors du prochain scrutin législatif en décembre 2010 ».

Ce n’est pas en « Sarkozie », qu’on verrait un tel scandale : la majorité parlementaire y est acquise avec une minorité d’électeurs !

 

 

Tag(s) : #Lutte de Classe
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