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AU PIED DU MUR
 
Samedi et dimanche derniers, France Inter a fait la part belle, lors de ses infos du matin, à la « chute du Mur » et à ses conséquences politiques mondiales.

Faire de cet évènement, l’essentiel de l’actualité, deux mois avant la date anniversaire, pose question.

En utilisant l’histoire avec une hâte fébrile, la chaîne publique  veut-elle mettre en alerte l’opinion face, à une menace que le Parti Communiste Français, avec ses actuels dirigeants, ferait peser sur notre société ?

Cela se saurait !

Cette hypothèse est d’autant plus saugrenue que, dans le même temps, jamais une telle couverture médiatique n’avait été faite en faveur de la Fête de l’Humanité.

 

En vérité, « la Chute du Mur » est utilisée pour ancrer l’idée que depuis 1989, on ne peut plus concevoir d’autres sociétés que celles où le Marché règne en maître, et que le communisme, en tant que doctrine,  est à reléguer au magasin des antiquités.

 

Pour justifier une telle affirmation, France-Inter, comme tous les médias, tente de démontrer que, dans notre monde, au-delà des idéologies, existe un seul choix : « Démocraties » ou « Dictatures ».

Et de faire de ces derniers  pays, ainsi stigmatisés, un repoussoir.

Le « mur de Berlin » est utilisé comme le symbole concret de la « dictature ». C’est l’image même qui personnifie « l’Etat totalitaire », où le droit de circulation est interdit à la population, réduite à vivre dans un espace clos.

Qui pourrait choisir une « dictature » ?

Cette mise en demeure vise à semer la confusion entre système économique et régime politique.  Car, les médias entendent  par « Démocratie », les Etats, qui ont opté pour l’économie de marché. C’est même leur marque de fabrique. Sans bourse des valeurs, ni CAC 40, point de démocratie.

A l’opposé, les « Dictatures », c’est-à-dire les Etats qui ont choisi une autre voie de développement, sont mis à l’encan. Les services de propagande du Capital, ont donc pour objectif, depuis vingt ans, de diaboliser ces régimes.

Ainsi, l’Union soviétique est assimilé au Goulag et l’ancienne RDA, à la Stasi.

Parce que ces Etats avaient banni le capitalisme. Et d’assimiler le « communisme » à une doctrine criminelle.

 

Pourtant, parmi les Etats totalitaires figure, entre autres, l’Allemagne nazie. Son économie était aux mains des magnats de la Ruhr et des banquiers. Ce sont leurs hommes, qui, bien avant Hitler, pendant Hitler et bien après Hitler, l’ont porté au pouvoir et l’ont soutenu, tout au long de la guerre.

Ce sont les mêmes forces économiques qui dirigent l’économie allemande depuis 1945.

Si bien, tant à l’Ouest qu’à l’Est du Rhin, durant les deux guerres mondiales, les Etats belligérants pratiquaient la même économie de marché. C’est peut-être pour cette raison que les historiens d’aujourd’hui considèrent les conflits de 14-18 et de 39-45 comme « une guerre civile européenne », appellation qu’ils ne portent pas à la guerre menée par l’Allemagne contre la Russie soviétique !

 

La distinction faite entre « dictatures » et « démocraties » vise, en fait,  à semer la confusion entre système économique et régime politique, à brouiller les repères qui permettent de juger la politique des Etats, de leur efficacité, des aliénations suscitées, selon la nature de l’économie pratiquée.

 

Avec la crise profonde du capitalisme, que nous subissons aujourd’hui, compte tenu des catastrophes humaines provoquées, la stratégie des médias est de détourner l’attention de l’opinion des méfaits du système qui les a engendrés. C’est le but de ces campagnes contre le « communisme » et les crimes qui lui sont imputés.

Il vaut mieux parler du Mur de Berlin que du Mur de l’Argent.


Jean LEVY 

et « canempechepasnicolas » poursuiveront sur le sujet dans les prochains jours. 

 

Tag(s) : #Lutte de Classe
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