Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

L'OPINION DE NOTRE AMI
Philippe ARNAUD
Remarques sur les médias du 22 septembre

Chers tous,

Cette soirée, j'ai regardé les trois journaux télévisés de France 3 à 19 h 30, Arte à 19 h 45 et France 2 à 20 h. Sur les trois, j'ai fait une observation de médias "en omission". Il est intéressant de relever les omissions : elles dessinent un monde particulier. Le monde qu'on n'aime pas, ou le monde qu'on veut déconsidérer.

De quoi s'agissait-il ?
Du retour, dans sa capitale de Tegucigalpa, du président hondurien Manuel Zelaya, seul président légal, chassé du pays le 28 juin 2009 par un putsch de l'armée, rassemblant derrière elle la droite, la bourgeoisie, l'Eglise... et le silence complaisant des Etats-Unis.

Zelaya est à l'ambassade du Brésil. Cela a une signification énorme : cela veut dire qu'il a trouvé des partisans, des amis dans la population (dans l'administration ou l'armée ou l'Eglise ?) pour se faufiler dans le pays sans être arrêté. Cela veut dire que le pays le plus puissant d'Amérique latine, le Brésil (même pas hispanophone, lusophone !), dont le président Lula n'est pas un démon gauchiste, s'est mouillé pour lui. Il va obliger tous les autres pays d'Amérique latine à se mouiller : courageuse, audacieuse initiative ! Déjà, du balcon de l'ambassade, le président a salué ses partisans (chargés plus tard par la police).

De tout cela, ni France 3 ni France 2 n'ont parlé. Seul Arte l'a évoqué. La violation du droit constitutionnel, qui revêt une importance extraordinaire lorsqu'elle se déroule en Iran laisse sans voix les journalistes lorsqu'elle a lieu au Honduras. Par ailleurs, quel que soit le résultat, les conséquences seront considérables.

En effet, soit Zelaya gagne (et gagner, c'est n'accepter aucun compromis, chasser les autres sans rémission) et cela signifie que l'Amérique latine s'est vraiment débarrassée du joug des Etats-Unis, que Barack Obama a adopté, à l'égard des dirigeants inféodés aux Etats-Unis (comme Uribe) l'attitude qu'adopta Mikhaïl Gorbatchev à l'égard des dirigeants des pays du pacte de Varsovie : en cas de révolte de la population, qu'ils se débrouillent !
Soit Zelaya perd (il doit de nouveau s'exiler ou est emprisonné, voire tué) et cela signifie qu'on est reparti pour un tour de dictature, comme dans les années 1960 ou 1970, lorsque les Etats-Unis faisaient tuer Che Guevara ou renversaient Salvador Allende.
L'enjeu est donc immense
...

Mais, de cela, les journalistes n'ont pas parlé...

Je vous saurais gré de vos remarques, précisions, rectifications et critiques.
Bien à vous

Philippe Arnaud,
Amis du Diplo de Tours

--
Tag(s) : #Politique
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :