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Comment se présente la situation politique en France ?


En pleine crise du Capital, et de ses effets catastrophiques sur la population, on aurait pu penser que des réactions de grande ampleur, en particulier sur le plan social, auraient embrasé le pays.

Certes, tout au long de 2009, des manifestations de colère se sont multipliées dans nombre d’entreprises, touchées par les licenciements ou une fermeture du site. Le plus souvent, la revendication, exprimée par les travailleurs, vise le versement d’une prime largement supérieure aux décisions patronales. Et pour l’obtenir, les ouvriers ont recours à de vigoureuses formes d’action.

 

Mais, malgré des efforts nouveaux de coordination entre les entreprises en lutte, face au refus des centrales syndicales de globaliser le mécontentement, et de lui offrir, par « le tous ensemble », une perspective d’affrontement de classe, contre le patronat et son pouvoir, ceux-ci poursuivent leur offensive en toute quiétude.

 

Aucune perspective de rupture n’est proposée par les partis qui se réclament de la « gauche », qui mène, lorsqu’elle est au gouvernement, une politique « libérale » identique à celle menée par la droite.

L’horizon semble bouché pour qui n’apprécierait pas les changements positifs intervenus dans les rapports de force, qu’on peut noter dans la société française.  En effet, les « réformes » tout azimut imposées depuis les années 80, et largement accélérées avec l’élection de Nicolas Sarkozy, ont réduit considérablement la base sociale du Capital. De nombreuses catégories professionnelles, jusqu’ici, sous la domination idéologique de la grande bourgeoisie, ressentent, à leur tour, les effets négatifs de la politique menée par le pouvoir. Sans passer pour autant, de « l’autre côté de la barricade », ces catégories se posent des questions, non seulement, sur leur devenir, mais sur le futur d’une société, sur laquelle, ils doutent.

Le quotidien Le Monde, qui se flatte d’être le journal le plus lu des couches les plus riches et les plus instruites, se met à écrire dans son édito des 27 et 28 septembre, parlant des fameux ‘bonus’, qualifiés de « rémunérations scandaleuses » :

« Elles symbolisent la régression d’un capitalisme qui n’a plus pour fin qu’une rentabilité maximale du capital à très court terme ».

 

Cette prise de conscience, non d’un « dérapage » mais d’une évolution naturelle du système, en dit long sur les changements en cours sur la perception de la société dans laquelle nous vivons.

 

Pourtant, le « vide politique » reste la caractéristique de la situation actuelle.

A « la gauche de la gauche », on se soucie davantage des alliances électorales àenvisager, que du programme à proposer.

Le « Front de gauche », noué entre le PCF et le parti de Mélenchon, va-t-il s’ouvrir au NPA ? Et à Lutte Ouvrière ?

Chacun met ses conditions, sans aborder les objectifs de ce regroupement éventuel. Le PCF complique la tâche, lorsqu’il envisage, dans certaines régions, de faire, dès le premier tour, liste commune avec le PS et participer, avec celui-ci, aux futurs exécutifs régionaux. Peu importe que les présidents socialistes aient poursuivi, à la tête de ceux-ci, une politique largement libérale, en application directe avec les Directives européennes de Bruxelles.

Les dirigeants communistes visent, comme ils disent, des « lieux de pouvoir » depuis que la conquête de ceux-ci constitue, depuis le congrès de Martigues, un axe idéologique du PCF.

Peut-on aller plus loin dans le « crétinisme parlementaire », expression qui date d’avant la guerre de 14 ?

Mais le parti de Besancenot, s’il affecte d’utiliser un vocabulaire « anticapitaliste », s’il refuse les alliances avec le PS, ne remet jamais en cause la présence de la France au sein de l’Union européenne.

Or, cette question est essentielle : tant qu’il ne sera pas proclamé, au PCF comme au NPA, qu’une politique anticapitaliste est incompatible avec l’appartenance à l’UE, les promesses les « plus rouges » ne seront qu’artifices électoraux, qu’il s’agit là de tromperie manœuvrière.

Notre peuple s’en rend compte. Aussi, faute de véritable alternative politique claire, c’est dans l’abstention de masse qu’il exprime son opposition.


Jean LEVY 

Tag(s) : #Politique
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