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Les électeurs allemands ont sanctionné durement la coalition CDU-SPD, en place depuis quatre ans en Allemagne. Les deux partis qui constituaient le gouvernement ont subi un échec électoral total.

C’est ainsi que les chrétiens-démocrates et les sociaux démocrates ont recueilli, leur plus mauvais score depuis la naissance de la République fédérale, en 1949.

La CDU, totalisant 33,8% des suffrages, a reculé de 3%. Le SPD, lui, a dû se contenter de 23%, au lieu des 36,2% obtenus en 2005 : soit 11% de pertes !

De plus, la participation au scrutin a été de 7% inférieure à celle des élections précédentes 70,8 au lieu de 77,7%).

 

En clair, la politique libérale poursuivie par la coalition a été rejetée par une part grandissante de l’électorat populaire au profit de Die Linke, « la Gauche », qui obtient 11,9% des voix (8,8% en 2005).

D’autre part,par les couches privilégiées, proches des milieux d’affaires, qui ont porté leurs voix au FDP, le Parti Libéral Démocrate (14,6% contre 9,9%,il y a 5 ans), qui prône une politique économique encore plus « orthodoxe » (moins d’impôts, moins de social). De même, les Verts, avec 10,7% (8,3% en 2005), profitent du courant « antinucléaire », fort dans la jeunesse. Ils ont ainsi profité également du discrédit du SPD.

 

Au total, la coalition CDU-FDP, avec 48,4% des voix, totalise 332 élus (239 +93) et les oppositions, 290 (146 SPD, 76 Die Linke, 68 Verts) avec 45,6% des suffrages.

 

Tous les commentaires des médias français n’en vantent pas moins « le succès » de la chancelière sortante, Angela Merkel, dont le parti subit le score le plus bas depuis 1949.

 

Ces résultats confirment la désaffection populaire vis-à-vis d’une gauche qui gouverne à droite, reniant ses promesses de campagne. La presse fait état des difficultés pour Frank-Walter Steinmeier, le leader du SPD, de se démarquer de la poliique suivie par le gouvernement d’Angela Merkel, dont il était le ministre des Affaires Etrangères…

 

Cette constatation est valable dans tous les pays de l’Union européenne, où la social-démocratie dirige ou participe au pouvoir.

 

Die Linke* a, par une campagne dynamique, profité de cette situation. On ne peut que s’en réjouir. Une partie de ses électeurs, dans l’ex-RDA, expriment, par leur vote, une « nostalgie » vis-à-vis de leur ancien système social, où le chômage n’existait pas, l’avenir étant assuré avec la santé et l’éducation, ouvertes gratuitement, à tous les citoyens.

 

Mais attention : le SPD, dans l’opposition, ne va pas manquer de défendre, démagogiquement, l’inverse de la politique qu’il a suivie depuis deux législatures, sous Schröder d’abord, avec Merkel, ensuite.

Die Linke, s’il cédait, dans ces conditions, à la constitution d’un genre de « gauche plurielle » à la française, ne ferait qu’ajouter à la confusion et en paierait le prix lors des prochaines consultations électorales.

Car, en Allemagne comme ailleurs, on ne peut valablement prétendre réaliser une politique de progrès social dans le cadre de l’Union européenne. Et, malheureusement, les leaders de Die Linke, tels Gregor Gysi et Oscar Lafontaine, se déclarent partisans de la construction politique de l’Europe…

 

 

 

* Die Linke (La Gauche) est un parti politique allemand, né de la fusion, le 16 juin 2007, du Parti du socialisme démocratique (PDS) et de l'Alternative électorale travail et justice sociale (WASG), essentiellement issue de la gauche du SPD et des syndicats

En décembre 2008, le parti revendique 75 968 membres, dont 37,7 % de femmes[1].

Ses adérents vont des communistes aux sociaux démocrates de gauche, organisés à l’intérieur, en plateformes et tendances.

Les bastions électoraux du parti sont situés dans les régions orientales de l'Allemagne, qui formaient l'ex-République Démocratique Allemande (RDA), mais Die Linke trouve aussi suffisamment d'électeurs en Allemagne de l'ouest pour siéger dans les parlements régionaux de ses Länder, comme en témoignent les résultats des élections régionales de Basse-Saxe et de Hesse, le 27 janvier 2008 : Die Linke obtient respectivement 7,1 % et 5,1 % des voix, ce qui lui permet d'entrer dans les parlements régionaux (Landtag) des deux Länder. Cette tendance se confirme le 24 février 2008 avec l'entrée réussie de Die Linke dans le parlement du Land de Hambourg, avec 6,5 % des voix. Dans le Schleswig-Holstein, Die Linke a obtenu 6,5 % des voix.

Dans le Brandebourg (Est), il récolte 27,7 % des suffrages, juste derrière le SPD, avec lequel il partagera le pouvoir régional.

Die Linke siège dans onze des seize Länder, dont cinq à l'Ouest

 

Au niveau international, Die Linke est un membre du Parti de la gauche européenne et du Forum pour une nouvelle gauche européenne (NELF) et siège au Parlement européen dans le groupe de la Gauche unitaire européenne/Gauche verte nordique.

Jean LEVY

 

 

Tag(s) : #Europe
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