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Tous nos médias font écho à l’évènement.

Les chaînes de télé ont braqué leurs caméras sur la revue militaire. Les chars, les fusées « qui peuvent atteindre les Etats-Unis », et surtout l’impeccable discipline des troupes engagées, le Président au garde-à-vous, toutes les images diffusées visent à remplir d’effroi les téléspectateurs face à ce déferlement de force.

Un nouveau « péril jaune » menace-t-il le monde ?

Aussi, le « totalitarisme » du régime est invoqué : la foule chinoise aurait été interdite sur les lieux de la parade, par « crainte d’incidents »…Seuls, nous dit-on, quelques centaines de milliers de civils ont participé au défilé…Des figurants du Cirque de Pékin, payés à l’heure, sans doute, ou requis par les autorités ?

Pour sa part, France Inter, le soir même du 1er octobre, consacre son émission « le téléphone sonne » à ce 60ème anniversaire. Mais les animateurs ont ciblé le débat uniquement sur la personnalité de Mao Zedong, mort en 1976, et la Révolution culturelle (épisode qui a duré dix ans, de 1966 à la mort de Mao).

Que la Chine, en moins de quinze ans soit devenue la troisième puissance économique mondiale, et bientôt, la seconde, ne semble pas présenter d’intérêt pour la radio publique. Parler uniquement d’évènements, vieux de plus d’un tiers de siècle, et aujourd’hui, remis en cause, permet d’évacuer les questions gênantes sur le présent.

Il serait intéressant de connaître, par exemple, les progrès comparés en matière d’enseignement, de santé publique, obtenus par la RPC et la République indienne, depuis leur indépendance (1949, pour la première, 1947, pour la seconde).

Il serait intéressant de connaître pour les deux pays, l’évolution de la mortalité infantile, le pourcentage de la population scolarisée, comme celui du nombre de jeunes intégrés dans l’enseignement supérieur (et leur origine sociale), le nombre d’ingénieurs formés par an, depuis dix ans, le chiffre des Chinois et des Indiens sortis de la misère, depuis dix ans, et si l’autosuffisance alimentaire obtenue en Chine, éliminant les famines d’antan, est une réalité en République indienne ?.

Et pourquoi pas comparer les progrès de la République Populaire, au cours de la dernière décennie avec ceux accomplis aussi bien par les Etats-Unis  que par  l’Union européenne ?


Certes, les commentaires de la presse font état – comment pourrait-il en être autrement ? – des performances économiques de la Chine et des résultats en matière d’accroissement du PIB. Jusqu’en 2007, celui-ci augmentait de plus de 10% l’an. Nos médias, avec une joie mauvaise, parlaient alors d’une « surchauffe » inquiétante pour l’économie chinoise.

Avec la crise mondiale, les experts occidentaux annonçaient avec leurs certitudes habituelles, « une chute brutale » du PIB chinois, « victime de l’arrêt des exportations, source essentielle de l’économie » de la RPC. Nos augures annonçaient « un déferlement du chômage, provoquant une période de troubles »

Aujourd’hui, ces mêmes « experts » notent avec dépit, que l’augmentation du PIB, en 2008, dépasse 8%, et pronostiquent 9% pour cette année. Et d’expliquer que le renversement de tendance résulte de la stratégie économique mise en place par Pékin. Celle-ci est, maintenant,  basée sur la consommation intérieure. Or, celle-ci conduit à des augmentations des salaires, à la mise en place progressive d’une protection sociale, au développement impétueux des infrastructures. Cette politique se traduit donc par une amélioration des conditions d’existence des Chinois.

 

L’OCDE, et des organismes occidentaux de conjoncture, reconnaissent même que si les effets de la crise du capitalisme sont, globalement, moins catastrophiques que prévus, ce phénomène est dû au développement économique chinois…

Les médias occidentaux ne peuvent pas tout cacher.

Alors, sans vergogne, ils trouvent des « raisons » à cette situation. La Chine ne serait plus « communiste ». Et de commenter cette évolution supposée, comme avec regrets : elle aurait opté pour un « capitalisme sauvage » allié à un « système totalitaire ».

Mais alors, nos pays, qui se revendiquent de la « libre entreprise » et du « marché », pourquoi ne connaissent-ils pas, eux aussi, l’essor chinois et l’amélioration sociale de leur population ?

En fait, sous la direction du Parti communiste chinois, la Chine est passée d’un stade généralisé de sous-développement à celui de puissance mondiale de premier plan. Il lui reste beaucoup à réaliser pour permettre à la population tout entière de pouvoir satisfaire à tous ses besoins, et porter la société, dans son ensemble, au plus haut niveau de civilisation.

 

La Chine est encore très loin du « socialisme ».

 

Ce sont ses propres dirigeants qui le répètent.

 

Il y a soixante ans, la Chine sortait d’un siècle d’asservissement provoqué par les puissances occidentales, qui avaient colonisé l’Empire du Milieu, avant d’être relayées par le Japon impérialiste. Le pays était exsangue. Les famines vouaient à la mort, chaque année, des millions et des  millions d’hommes, de femmes et d’enfants, les massacres de masse succédaient aux massacres de masse. Et que dire de l’humiliation de tout un peuple, traité comme un chien dans son propre pays avec les « concessions » arrachées à Shanghai et tout au long des côtes chinoises, par la Grande-Bretagne, la France, l’Allemagne, territoires où les Chinois n’avaient plus le droit de pénétrer.

Puis ce fut le règne des seigneurs de la guerre qui se partagèrent les provinces, en lien avec les puissances occidentales.

Rappelons-nous, avec l’agression militaire japonaise, « le sac de Nankin » et de sa population passée au fil de l’épée.

 

La Révolution communiste a rendu à la Chine sa dignité, en même temps que son unité et sa souveraineté. Cela explique la fierté retrouvée des Chinois et leur attachement au régime, en marche vers toujours plus de bien-être.

 

Certes, tout n’est pas parfait, et de grandes insuffisances persistent au niveau de la gestion. Les dirigeants chinois le reconnaissent. Les méthodes employées pour  parvenir au socialisme peuvent provoquer des interrogations, des critiques aussi. Nous n’avons pas la même histoire et nos expériences sont différentes.

Aussi, gardons-nous de mêler notre voix au concert de nos ennemis communs.

Et saluons comme il convient le soixantième anniversaire de la République Populaire de Chine.

Son existence et ses succès nous permettent de croire au Progrès et à la Paix.

Jean LEVY

Tag(s) : #Contre l'impérialisme
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