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Ainsi, les pressions conjuguées des dirigeants de l’Union européenne, des grands industriels,  des banquiers et des Eglises d’Irlande, une partie des électeurs irlandais menacés directement dans leurs emplois par leurs patrons, dans la crainte de voir leur leur île, mise au ban de l’Europe, ont capitulé et émis un vote contraire à celui de juin 2008.  Cette victoire, obtenue à l’arraché, constitue un défi aux principes démocratiques, dans lesquels l’UE se drape. Les peuples doivent revoter quand ceux-ci osent exprimer une opinion jugée malséante par l’élite européenne. Et quand, l’expérience aidant, les peuples, une première fois abusés, pourraient changer d’avis et dire NON, alors, d’autorité, ils sont privés de référendum.

C’est le cas des vingt-six autres Etats de l’Union européenne : ils n’ont plus le droit au chapitre. Pour eux, un avis des assemblées parlementaires, supplée à la consultation populaire, même, et surtout, quand le résultat de celle-ci fut défavorable aux puissants.

« Les Français ont voté NON en 2005, et comme tout pousse à penser qu’ils confirmeraient leur veto, ils ne seront plus appelés à donner leur avis ! »

Au nom des grands principes démocratiques !

 

Aujourd’hui, la joie serait sans mélange dans les chancelleries européennes, après le vote irlandais, si un autre obstacle ne venait obscurcir la perspective d’une mise en pratique du traité de Lisbonne.

En effet, Le Monde s’en faisait écho, dès avant les résultats attendus de Dublin.

Nous reproduisons, ici, l’analyse du quotidien du soir, qui exprime sa crainte de voir le traité, non seulement repoussé dans son application, mais mis en échec définitivement.

 

Derrière le référendum irlandais, l'obstacle tchèque

LE MONDE | 02.10.09 | 14h36  •  Mis à jour le 02.10.09 | 15h39

Bruxelles Bureau européen

 

« Derrière les Irlandais se cache en effet un autre obstacle de taille : la signature du traité par les présidents eurosceptiques polonais, Lech Kaczynski, et surtout tchèque, Vaclav Klaus. Le premier s'est engagé à rentrer dans le rang si le oui l'emportait vendredi. Le second, qui se décrit comme un "dissident européen", espère un non irlandais et pourrait, dans le cas contraire, faire traîner les choses.

Le risque est pris très au sérieux par les capitales européennes, Paris et Berlin en tête : ces dernières espèrent clore les interminables débats institutionnels engagés depuis huit ans au sein de l'UE. Très remontées contre M. Klaus, elles promettent de faire feu de tout bois pour l'inciter à signer au plus vite. "Le problème, c'est que personne ne sait vraiment comment faire pression sur le président tchèque, qui pourrait tirer parti de son isolement en jouant sur la fibre nationaliste", dit un haut responsable européen.

Certaines voix réclament la tenue d'un Conseil européen extraordinaire à Bruxelles le 8 octobre pour faire monter la pression, mais la présidence suédoise de l'Union renâcle, par crainte de braquer l'intéressé.

Dans cette partie de poker, M. Klaus dispose d'atouts.

Trois jours avant le vote irlandais, un groupe de sénateurs proches de ses idées a déposé à Prague un nouveau recours contre le traité de Lisbonne et ses grands ancêtres, les traités de Rome et de Maastricht. Si la plainte est jugée recevable, M. Klaus se fera un plaisir de ne pas signer le texte avant la décision des gardiens de la Constitution. Le chef de l'Etat tchèque peut espérer gagner du temps dans l'espoir que les conservateurs britanniques arrivent au pouvoir à l'occasion des élections prévues au printemps 2010 et organisent un référendum sur le traité.

Son calcul n'est pas totalement irréaliste. Les tories britanniques, opposés au traité, sont favoris pour ces élections.

"Si ce traité est encore en débat en Europe (dans huit mois), nous fixerons une date de référendum durant la campagne et nous l'organiserons immédiatement après l'élection. Et je défendrai le non", a répété David Cameron, mercredi.

En revanche, a-t-il ajouté, "si les Polonais et les Tchèques l'avaient ratifié d'ici là, si les Irlandais lui avaient donné leur satisfecit, alors les circonstances seraient différentes. Et nous devrons reconsidérer le sujet".

 

D’où les espoirs de voir Prague capituler sous la pression européenne.

 

Le Monde écrit :

"Ne pas perdre une minute"

« Si le président tchèque s'obstine, certains envisagent de priver son pays de commissaire dans la Commission qui doit être formé d'ici à la fin de l'année. L'équipe de M. Barroso devra compter moins de 27 membres si elle devait être composée selon les règles du traité de Nice, actuellement en vigueur. D'autres suggèrent de suspendre certains financements européens dévolus à la République tchèque.

Autre contrainte pour M. Klaus : à peine saisi, le président de la Cour constitutionnelle, Pavel Rychetsky, un ancien dissident et ministre de la justice proeuropéen, a déclaré, jeudi, qu'il comptait examiner "dans le mois" le recours déposé par les proches du chef de l'Etat. Des copies de la plainte de plus de deux cents pages ont été remises à la présidence, au gouvernement et au Parlement qui devront transmettre sous quinze jours leurs commentaires. Arbitre des joutes politiques tchèques, la cour s'est d'ores et déjà mise au travail et "ne perdra pas une minute", a précisé M. Rychetsky.

Ce dernier a déjà reçu la visite de l'ambassadeur allemand, qui voulait s'informer de la procédure et, surtout, du temps qu'elle prendra ».

Et c’est signé :

Philippe Ricard avec Virginie Malingre (à Londres) et Martin Plichta (à Prague)

 

On comprend la fébrilité des autorités européennes, face au défi tchèque, et leur volonté de recourir aux pressions les plus vives contre les mauvais coucheurs, qui osent s’élever contre les oukases de Bruxelles. Dans ce concert de menaces, le président français n’est pas le dernier à jouer les fiers-à-bras. Nicolas Sarkozy se permet de fixer des limites – avant la fin de l’année – pour appliquer le traité de Lisbonne.

Ainsi, « l’Europe » se construit contre les peuples, contre la souveraineté et l’indépendance des Etats. Le traité de Lisbonne, s’il entrait en vigueur, ne ferait qu’ajouter encore au pouvoir supra national de l’Union européenne en imposant la règle de la majorité aux nations récalcitrantes.

D’où la nécessité absolue de se dégager des institutions européennes, pour pouvoir appliquer une véritable politique de progrès social et de démocratie.

Jean LEVY 

Tag(s) : #Europe
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