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L'opinion de "Canaille le Rouge"


Alternative, alternance et élections régionales

Débat bigrement intéressant, j'y mêle mon grain de sel.
 

Convoque-t-on les gens pour approuver des listes et soutenir des appareils ou les mettons-nous en mouvement pour transformer la société?
Voila se que devrait se demander ceux qui se présentent comme révolutionnaire.
 

C'est la question du "A quoi sert une organisation révolutionnaire ?"

Sur le fond, c'est de cela qu'il s'agit.
 

Il est confortable de se donner bonne conscience en clamant "les masses font l'histoire" à espace Marx ou autres et de s'empresser de confisquer la fabrique pour des enjeux électoraux.
 

C'est en creux toute l'histoire de la désertion des entreprises et des citées populaires, et de l'impossibilité d'y retourner tant le divorce s'est maintenant transformé en extraterritorialité pour ceux qui se disent, en fonction des calendriers électoraux, que s'il faut des voix, il faut aller les chercher. 
 

Pour que les masses fassent l'histoire il leur est nécessaire de disposer d'un outil, d'une organisation qui leur permette d'intervenir sur le réel pour le transformer.
 

Trois concepts tous indispensables : organisation, intervenir et transformer. La question du réel ne souffre pas trop de débat tant la crise fait de dégâts de colères et révèle d'impasses.
 

Les formes de l'intervention, la nature de la transformation détermine les ambitions de l'organisation. Si c'est pour gérer en plus doux que l'UMP, le PS suffit et il semble que les adhérents du PCF viennent de le faire savoir. Pour autant veulent-ils faire basculer le socle économique qui organise la société ? Leur projet porte-t-il l'ambition de subvertir les bases politiques et institutionnelles du système, ce qui s'appelle faire l'histoire en agissant sur le réel pour le transformer? Et si oui pourquoi ne le disent-ils pas ?
 

Comme il n'y aura pas de génération spontanée, pour être en adéquation et pouvoir fabriquer de l'histoire hors du champ de ceux qui n'ont comme horizon que la pérennisation de ce qui existe, il y a besoin d'une organisation qui se fixe comme objectif de s'affranchir de la logique systémique actuelle (utiliser ces termes permet dans l'instant de ne pas s'enliser dans le débat du dépasser abolir, il faudra y revenir).
 

Pour que les masses fassent l'histoire, le préalable est qu'elles maitrisent leur intervention et ne délèguent ni le contenu de la transformation ni le mode d'action pour y parvenir.
 

D'où le rôle de l'organisation politique pour l'aider à se doter des moyens de cette construction. Pas en lui disant "ce que vous voulez nous le voulons" ce qui est le principe élémentaire de la démagogie mais en mettant l'objectif transformateur et ses moyens au centre du débat et en l'aidant à mesurer les obstacles, lui proposer des moyens pour les surmonter, écouter ses solutions comme baromètre des consciences ET pistes d'issues efficaces à explorer.
 

Cette question si ce n'est réglée, du moins établie (ne pas verrouiller le débat) passons aux formes de l'intervention.
 

Cela pose la question du champs d'intervention politique : le social et revendicatif pour vivre mieux et le plus rapidement possible, le politique pour garantir institutionnellement les moyens acquis en transformant la société et ses outils de fonctionnement et de représentation pour les rapprocher en permanence des masses, celles qui ont comme seule issue à leur situation que de faire l'histoire pour sortir d'un enfermement institutionnel savamment entretenu pour faire croire que tout change quand rien ne change; c'est le rôle de l'alternance d'une part et des régression politique appelées réforme par les forces du capital. C'est ainsi et seulement ainsi que se pose la question de l'inscription ou non de la pratique politique dans l'espace institutionnel électoral et son calendrier. 

 

Comment faire ? Voila la question de l'intervention, de sa forme et de sa nature : Déjà, pour ceux qui prétendent proposer une issue, ne pas caler le fonctionnement sur les échéances établies en formes et dates précontraintes par les dominants mais proposer des actes à partir de la mise en discussion chez ceux qui font l'histoire du contenu de la transformation, de construire du rapport de force pour modifier calendriers débats et contenu du débat. Cela s'appelle faire de la politique, avec le peuple, hors de sa professionnalisation autour des institutions du système à subvertir.
 

Donc ne pas structurer la mobilisation en appui des stratégies d'état major et d'appareil.

Et là, seulement là, se pose la question de la stratégie du PCF et ses courants et méandres et de l'action du type FdG. 
 

Sinon, nous restons en pleine spéculation statistique et en rêveries déconnectées du réel.
 

Quel rapport avec les trois éléments énoncés plus haut ? Je ne ferai pas injure aux adhérents du PCF que je côtoie de penser qu'ils auraient un langage dans les citées et les entreprises (quand ils y sont car certains, plus on s'élève dans les responsabilités d'appareil, n'y sont plus) et un autre dans leurs réunions internes. Par contre, les déclarations de la direction du PCF et ses textes de congrès ne sont pas en capacité de montrer une stratégie capable de répondre à la question initiale. La direction du PCF sur son site, ses déclarations dans les médias ou ses réunions publiques ne porte pas l'exigence de cette construction.
 

Les déclarations de l'organisation de Mélanchon répondent-elle à la cette exigence? Non. Ce n'est pas lui faire un mauvais procès que de rappeler que la confiscation des richesses accumulées par l'exploitation et redistribution à ceux qui en ont besoin : ces masses qui pour cela doivent faire l'histoire, dans le cadre d'une société affranchie de la domination du capital n'est pas l'objectif de son mouvement. Il ne propose qu'un déplacement à gauche du centre de gravité de l'opposition et inscrit donc son action dans une logique d'alternance.
 

Alternance avec Mélanchon ou alternance avec le PS, finalement, c'est donc de cela, que de cela,  qu'il a été question dans le vote interne des adhérents du PCF.
 

Or pour être féconde et porteuse d'avenir, l'intervention populaire n'est crédible et souhaitable que pour une alternative. C'est la boussole de ces dizaines milliers de communistes abandonnés, sortis, souvent éjectés qui ne sont plus organisés dans le PCF, et qui revendiquent d'être communiste, chacun, unité de cette masse qui doit faire l'Histoire, mais qui refuse de déléguer leur rôle à un appareil expert dans la façon de confisquer l'idée et l'espoir. 
 

Hélas, nous n'en sommes pas là dans les rangs du PCF. Il lui faudra en profondeur retourner à l'école des réalités sociales qui est le passage obligée, quitte à laisser en route ceux qui vivent l'engagement comme une profession ou un moyen d'échapper à la condition de la majorité de ceux dont ils sollicitent soutiens et suffrages. 
 

La question des candidatures aux régionales n'est pas le souci de ceux qui souffrent du système. Elle ne porte pas d'issue à la crise mais s'inscrit dans la logique de sa pérennisation.

Les masses font l'histoire, pas leurs guides autoproclamés.


Avec un bon rapport de force, l'utopie est à portée de mains

 

REPRIS DE
"Canaille le Rouge"http://canaille-le-rouge.over-blog.com/

Tag(s) : #Politique
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