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Article d'

Indépendance des Chercheurs  :


http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2011/01/14/conflits-d-interets-et-institutions-francaises-i.html

Conflits d'intérêts et institutions françaises (I)

Le 14 janvier, le site de la Commission de réflexion pour la prévention des conflits d'intérêts dans la vie publique ne semble toujours pas divulguer les conclusions de cette Commission créée par Nicolas Sarkozy il y a déjà plus de quatre mois.

Dans l'attente, force est de constater l'occupation du devant de la scène par une constellation de responsables et « personnalités » représentatifs du même monde politique, institutionnel, « gestionnaire »... dont le fonctionnement pourrait se retrouver mis en cause par la réflexion théoriquement engagée.

Dans une interview publiée par Le Point et dont le ton se veut très critique sur l'affaire du Mediator, Bernard Debré évoque les « multiples connexions avec les laboratoires » de la plupart des médecins hospitaliers. Mais il s'empresse d'ajouter que « cela n'est pas mauvais en soi », une simple déclaration d'intérêts individuelle pouvant d'après lui suffire à rendre la situation transparente.

De même, d'après L'Express, l'actuel président de l'Autorité des Marchés Financiers et ancien secrétaire d'Etat de Nicolas Sarkozy, Jean-Pierre Jouyet, a réagi à l'information (e.g. Le Point) d'après laquelle deux membres du cabinet de Xavier Bertrand avaient précédemment travaillé pour les laboratoires Servier lorsque l'alors ministre de la Santé a prorogé le remboursement du Mediator en 2006.

A ce sujet, Jouyet, qui a été lui-même jusqu'en 1995 chef de cabinet de Jacques Delors à la présidence de la Commission Européenne, puis avocat associé, directeur adjoint du cabinet du premier ministre Lionel Jospin, directeur du Trésor (2000-2004), président de Barclays France (2005), chef de service de l'Inspection Générale des Finances...

« découvre » qu'il faut s'intéresser aux cabinets des ministres sur le plan des possibles conflits d'intérêts. Le 14 janvier également, évoquant l'actuelle polémique autour de l'éventuelle participation d'un commissaire du gouvernement au sein de l'Autorité de Régulation des communications électroniques et des postes (ARCEP), une dépêche AFP rappelle les déclarations récentes du président de l'ARCEP, le conseiller d'Etat Jean-Ludovic Silicani, sur la nécessité supposée d'une séparation des missions de l'Etat en la matière.

Mais dans ce cas, avec tout le respect dû au juge administratif, que penser de l'appartenance de longue date de Jean-Ludovic Silicani au Conseil d'administration de la Fondation Bettencourt-Schueller dont l'activité est centrée autour du mécénat scientifique, pendant même que Silicani présidait la quatrième sous-section du Contentieux du Conseil d'Etat qui juge notamment des litiges de la recherche et de l'enseignement supérieur (Centre National de la Recherche Scientifique, CNRS ; Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale, INSERM ; Collège de France ; universités...) ?

Il est à craindre, de notre modeste point de vue et à l'examen des pratiques habituellement admises, qu'une prévention conséquente et globale des risques de conflits d'intérêts dans l'actuel tissu institutionnel français ne soit rendue extrêmement difficile par les nombreuses inerties qui s'y opposent.

Elle est pourtant indispensable.

la suite, sur le lien

  http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2011/01/14/conflits-d-interets-et-institutions-francaises-i.html

Cordialement

Le Collectif Indépendance des Chercheurs

Tag(s) : #Politique française
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