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APRES LE CONGRES DU SPD
Les sociaux-démocrates allemands (SPD) ont tenu à Dresde, du 13 au 15 novembre, leur congrès, un mois et demi après leur débâcle aux élections législatives.

Les sociaux-démocrates se sont-ils posés lucidement la question : « Comment le parti a-t-il pu tomber à 23 % des suffrages, son plus mauvais résultat historique, en chute de 11 points par rapport aux législatives de 2005 ? »

Plus de 50 congressistes se sont relayés au micro pour laisser éclater leur désarroi. Les uns ont fustigé le manque de dialogue entre la base et la direction. Les autres ont accusé la politique économique et sociale, soutenue par le SPD lors de ses onze ans passés au pouvoir, d'avoir par trop brouillé la ligne idéologique du parti.

Les anciens dirigeants, tels Peer Steinbrück, ex-ministre des finances ou Franz Müntefering, ex-président du SPD, ont écouté ce concert de lamentations, sans jamais tenter de justifier leur politique, qui a mené au désastre.

L'adversaire malheureux d'Angela Merkel, Frank-Walter Steinmeier (et ex-numéro deux du gouvernement CDU-SPD), lui, est parvenu à se maintenir dans l’équipe dirigeante : il a pris la tête du groupe parlementaire social-démocrate !

Seul candidat en lice au poste de président du SPD, Sigmar Gabriel, l'ex-ministre de l'environnement du précédent gouvernement de « grande coalition », a été élu vendredi 13 novembre à la tête du plus vieux parti allemand, avec 94% des voix, après avoir invité les différents courants à renoncer aux règlements de compte post-électoraux et multiplié les appels à la cohésion.

Sigmar Gabriel a tenu un discours fleuve de près de deux heures. Déboussolés, tentés de sombrer à nouveau dans les ancestrales divisions entre « aile gauche » et « aile droite » du parti, les militants ont été conquis par les propos de celui qu’ils vont placer à la tête du SPD.

 "Avec dix millions d'électeurs en moins depuis 1998, nous avons perdu la moitié de nos partisans, a-t-il détaillé. Et nous les avons perdus au profit de tous les autres partis. (...) Cela signifie une chose : nous n'avons pas de contours clairs."

C’est le moins que l’on puisse dire : le gouvernement auquel il a appartenu a ouvert des jours très sombres pour les salariés allemands.

Entré au SPD à 18 ans, cet héritier de Gerhard Schröder succède à l'ex-chancelier à la tête du Land de Basse-Saxe à 40 ans seulement. Mais, déjà, le plus jeune ministre-président d'Allemagne est renversé, à peine cinq ans plus tard.

Une défaite si sévère qu'on le donne pour mort politiquement.

Pourtant, entre 2005 et 2009, Sigmar Gabriel sera le ministre de l’environnement d’Angela Merkel.

Complétant la nouvelle direction du parti, les délégués ont élu des vice-présidents du SPD, appartenant, dit-on à « l'aile gauche » du parti, dont les représentants au congrès ont dénoncé à Dresde le relèvement de l'âge de la retraite, les réformes sociales, dites Hartz IV, et le déploiement de soldats allemands en Afghanistan, toutes mesures prises alors que le SPD était au pouvoir.

C’est une habitude bien ancrée au SPD, en période de crise interne, de donner le change, en appelant à sa tête, des militants considérés comme de « gauche », voire même des « gauchistes »…

Une opération de cette nature s’etait effectuée avec l’ascension de Gerhard Schröder à la Chancellerie.

On sait ce qu’il en est advenu !

La position de Sigmar Gabriel à la tête du SPD ne sera pas de tout repos, le poste de président de parti ayant pris ces dernières années des allures de "siège éjectable".

Pas moins de sept personnes s'y sont succédés en dix ans.

Au congrès de Dresde, Sigmar Gabriel a appelé à conduire une "analyse impitoyable" des causes de la débâcle électorale.

Très attendu sur la question des relations à établir avec le parti de la gauche radicale Die Linke, il a choisi de botter en touche. La question des alliances "possibles ou impensables" n'est pas, selon lui, à l'ordre du jour.

Il devra - malgré des rapports jusqu'ici difficiles - travailler de concert avec Andrea Nahles, chef de file de l'aile gauche et élue vendredi soir secrétaire générale. Elle devient de facto numéro deux du SPD.

Mais restera-t-elle « de gauche », au-delà de la cure d’opposition imposée au SPD, depuis les dernières élections ?

Telles sont, ainsi résumées, les informations (pas les commentaires !), recueillies sur le congrès du SPD, d’après le compte-rendu rédigé par Marie de Vergès, pour Le Monde.

 

Ainsi, au lendemain de la plus grande défaite subie depuis l’avènement de la République fédérale, en 1949, le SPD prétend « faire du neuf avec du vieux ».Le nouveau président, ainsi que le chef du groupe parlementaire, étaient tous deux ministres de la « grande coalition », sous la houlette d’Angela Merkel (qui, aujourd’hui, a changé de cavalier, choisissant comme partenaires,les ‘libéraux’, parti affirmé de droite).

 

C’est une constante sociale-démocrate d’avoir, dans l’opposition un « discours de gauche » pour rejeter celui-ci comme un chiffon de papier, une fois revenu au pouvoir.

Les exemple sont multiples.

Nous en savons quelque chose, en France, avec le Parti socialiste.

Lionel Jospin n’affirmait-il pas, une semaine avant les élections législatives de 1997, qu’il ne ratifierait jamais le traité d’Amsterdam, alors qu’il signait immédiatement ce traité, une fois devenu Premier ministre…

Et, dans aucun pays, ayant succédé « en alternance » avec la droite, aux Affaires, la sociale démocratie n’a jamais remis en cause les décisions prises par les gouvernements précédents.

Au contraire, le Parti socialiste, comme le SPD ou les Travaillistes au pouvoir, ont tous aggravé les mesures prises par leurs adversaires, en particulier, sur le plan des privatisations.

 

Rendez-vous donc avec le SPD, s’il revient, un jour, à la chancellerie allemande.

 

Jean LEVY

Tag(s) : #international
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