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REPONSE A Christian CAMINADE

à propos de

L’IDENTITE NATIONALE

 

Commentant mon article sur « l’identité nationale », paru sur le site du Comité Valmy, un lecteur, Christian Caminade, a exprimé son désaccord. 

 

« canempechepasnicolas » en a publié mardi le texte intégral.

Nous y répondons aujourd’hui.

  

Empruntons la définition de la « nation » au ‘Robert,

dictionnaire historique de la langue française,

sous la direction dAlain REY.

 

« Au XVII ème siècle, « nation englobe l’ensemble des individus unis par une communauté d’intérêts, de profession avec une connotation péjorative que souligne Furetière (1690).

La notion moderne d « nation » émerge véritablement au XVIIIème siècle : avec la Révolution, la nation devient une entité politique identifiée au tiers état (1789 Sieyès), au peuple révolutionnaire, et prend sa définition de « personne jurudique constituée par l’ensemble des individus composant l’Etat » (arrêté du 23 juillet 1789, avec l’expression crime de lèse-nation où le mot se substitue à royauté ».

La nation ne se confond pas avec l’Etat dans la mesure où elle n’implique pas une institution juridique, où elle implique une idée de spontanéité, et la volonté de vivre en commun, sentiments qui s’affirment au XIXème siécle. Nation suppose une détermination spatiale, psychologique, économique et culturelle, parfois linguistique et ethnique ».

 

Alain REY note même que Jean de La Fontaine applique le terme de « nation » « à une race animale (1688) ». Le mot, à son époque, n’a pas encore pris le sens que la Révolution lui a, ultérieurement, donné.

 

Mais il ne suffit pas de citer une source savante et non partisane pour répondre, sur le fond, au commentaire de Christian Caminade, paru sur le site du Comité Valmy. Et cela sans acrimonie, ni recours à l’invective.

 

Avant la Révolution française, la population n’avait pas le sentiment d’appartenir « à un ensemble d’individus composant l’Etat ». Dans les provinces périphériques du royaume, où le fait « d’appartenir à la France » dépendait du succès de campagnes militaires, de l’acquisition de provinces à la suite de mariages princiers, de l’achat d’une nouvelle terre, rattachée au domaine royal.

Les habitants se sentaient davantage liés par la langue et les traditions à leur province, voire au bourg ou au village qu’ils habitaient.  De toutes façons, les sujets du Roi ne se comprenaient pas de région à région, et leurs communications n’étaient que marchandes.

En cas de guerre, les régiments étrangers, le Royal allemand, les Gardes suisses, constituaient une part de l’armée de métier, étendue aux jeunes désoeuvrés, raflés contre promesse d’engagement rémunéré, le commandement, étant réservé aux nobles.

Pas le moindre sentiment patriotique dans tout cela.

 

. Le droit du sol ne date pas de la 1792, et le sol lui-même, car il faut bien en parler, s’est établi par diverses péritépies de toutes natures, dont certaines guerrières, voulues ou subies, au cours de plus de 2000 ans d’histoire. La vision historique de Jean Levy réduit à néant les efforts, les joies et les larmes d’une centaine de générations d’hommes et de femmes nés ou installés dans ce pays ainsi que leur apport à sa prospérité », proteste Chritian Chaminade.

 

Il ne faut pas confondre l’histoire de la France et celle de la Nation.

En ce qui concerne les racines de notre histoire, qui les nierait ?

La résistance des peuplades gauloises à l’envahisseur romain, fait partie de l’histoire de France (mais ces peuplades, cohabitant avec d’autres groupes humains venus d’outre Rhin,  constituaient-elles une « Nation ?). De même, au Moyen Age, les révoltes pour les libertés communales contre les seigneurs. Mais aussi les actes arbitraires et liberticides, pris par les souverains : la discrimination des Juifs par Louis IX, dit abusivement Saint-Louis, le massacre des protestants, à la Saint-Barthélemy, les supplices des libres-penseurs, au XVIII ème siècle

 

Le pouvoir royal et son rôle centralisateur nous ont légué des apports, que nous jugeons positifs, (aujourd’hui remis en cause au nom de l’Europe ),: avec le roi Jean II, en 1357, le franc, comme la monnaie de notre pays, l’Ordonnance de Villers-Cotterêts, signée par François Ier, imposant le français, comme langue officielle, en 1539, la décision de Louis XI de créer le monopole royal de la Poste.

Mais, encore une fois, il s’agissait d’actes dépendant du souverain, et non de la Nation, qui n’existait pas encore…

 

Certes, nous avons, les uns et les autres, des approches différentes, voire antagonistes, des évènements qui ont jalonné l’histoire de France, selon le camp que nous avons choisi. Mais, ensemble, nous formons la nation française, une communauté de citoyens, qui tiennent à leur souveraineté et à l’indépendance « nationale » de la France.

Tag(s) : #Histoire
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