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A PROPOS DE

LA CRISE DU SYSTEME CAPITALISTE

LE ROLE D'UN PARTI COMMUNISTE 

 

"Comment intervenir

dans le contexte actuel ?"

                 
Un texte de Roland Weyl
mardi 6 décembre 2011
 

1- Sur la dimension et la gravité de la crise :

 

1ère approche :

 

La dette n’est plus seulement celle du Sud, ni seulement celle de la Grèce ou de l’Italie, mais celle des États-Unis, cela inculpe l’ensemble du système. On parle toujours de la dette et des débiteurs mais jamais des créanciers. Il n’y a pas une fatalité de la dette : en principe l’État est l’instrument par lequel les peuples collectent leurs ressources pour les dédier à la satisfaction de leurs besoins. Mais en fait les États fonctionnent comme collecteur des ressources des peuples pour satisfaire des besoins privés confiscatoires.

 

2ème approche :

 

Aux temps lointains où le Parti refaisait l’éducation du jeune intellectuel que je croyais être, j’ai cru apprendre que :

 

Le capitalisme est grevé d’une contradiction en ce qu’il prélève sur la valeur produite un profit qui ampute d’autant le pouvoir d’achat sur lequel il fait son profit.

D’où la dispute des marchés, par le jeu de la concurrence.

Mais le jeu de la concurrence génère une concentration au bout de laquelle la recette de la concurrence ne fonctionne plus. D’où l’obligation de marchés artificiels, ne reposant plus sur de la valeur produite marchandisée : les marchés financiers, et... le commerce (et l’utilisation) des armes (avec en prime, par la vertu de la guerre, la destruction du capital mort créant un marché pour le capital vivant).

Ce qui conduit à dire que nous sommes sous l’épée de Damoclès du pire des conflits mondiaux (Occident contre couple russo-chinois ?) dont les menaces d’Israël contre l’Iran peuvent être le déclencheur.

 

2- La réponse est économique mais pas seulement :

 

on ne peut pas traiter du pouvoir politique en négligeant le pouvoir économique, mais l’inverse est aussi vrai : sous peine d’économisme il ne suffit pas de dire ce qu’il faudrait faire mais qui va le faire et comment. Il ne peut pas y avoir de pouvoir économique sans pouvoir politique. La question du pouvoir politique est essentiel.

 

Or c’est la question sur laquelle les médias, devenus le principal instrument de domination de classe, s’emploient le plus à brouiller les cartes, à la faveur de la nature des institutions de la 5è, et aussi de l’idéologie de technicité spécialisée générée par la révolution scientifique et technique.

 

Le principal fléau politique contemporain est la délégation de pouvoir, nourrie d’une entreprise permanente de découragement, et de diversion sur la politique spectacle, vedettisée, professionnalisée et politicienne, couverte d’un cortège de formulation mystifiantes. Ainsi (y compris au niveau international) la « société civile », par rapport à quelle société non civile ? Et la tendance qui s’infiltre même dans notre mouvance, du prétendu dépassement du rôle des partis politiques.

 

3- Une telle situation devrait normalement être celle où le Parti trouve sa principale raison d’être, comme porteur de la nécessité de changement fondamental entre pouvoir sur les peuples et pouvoir des peuples, à la fois comme organisateur de l’indispensable action citoyenne pour l’inversion des rapports de pouvoir, et comme porteur de la bataille des idées motivant l’engagement de masse dans cette action citoyenne.

 

Or il en est absent, comme si l’idéologie opportuniste de la mutation faisait encore sévir la peur de faire peur, le souci de rassurer et d’être crédible, selon les idées dominantes. Et puis le Parti m’a aussi appris qu’il n’était pas imperméable à l’idéologie dominante.

 

Le mot d’ordre de "démocratie participative" est-il vraiment toujours exempt de l’idée de faire « participer » (pour une part) à un pouvoir délégué ?

La présentation de notre programme est-elle toujours exempte d’une candidature à une délégation du pouvoir au Parti ? Les assemblées citoyennes sont-elles toujours exemptes d’un rôle purement consultatif ?

 

Et le FN profite de cette vacance pour occuper le terrain de façon trompeuse et démagogique, jouant le populisme contre la véritable souveraineté populaire. (Ne pas oublier que le nazisme était le national-socialisme, qu’Hitler a d’abord emmené les ouvriers à l’assaut des banques, drapeau rouge en tête et que Dimitrov définissait le fascisme comme caractérisé par le soutien populaire).

 

4- Il est urgent que nous retrouvions la fonction historique du Parti, au moment où l’Histoire en a le plus besoin : l’organisation de la prise en mains par le peuple de son pouvoir effectif sur les institutions et donc de leur réforme à cette fin.

Cette lutte pour le pouvoir est quotidienne, dans chaque opposition, dans chaque revendication : c’est ainsi que s’entend la notion de rapport de forces. Et j’avais appris que le peuple ne fait pas son éducation dans les discours mais dans l’expérience qu’il tire de son action, à quoi le rôle du Parti est de l’aider ; par exemple, l’indispensable bataille pour une 6è République suppose déjà de la mener comme si on y était déjà.

 

Mais pour cela, il faut s’efforcer de ne pas seulement mettre à sa disposition de longs documents scientifiquement impeccables, mais des mots d’ordre simples et motivants, et de ne pas mener les actions au service des élections, mais les campagnes électorales comme des moments de l’action, en n’oubliant pas qu’on ne gagne pas des élections par les campagnes électorales mais par l’action entre deux campagnes.

 

Roland Weyl,

contribution à la réunion d’ANR-PCF du 24 novembre 2011

                                                                            FVER-PCFTEXTE REPRIS SUR
BANDERA ROSSA
Tag(s) : #Economie
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