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UN « JOUR ANTI-SARKOZY »

est-il

UN MOT D’ORDRE OPPORTUN ?

 

« canempechepasnicolas » a publié le texte critique de Georges Gastaud sur l’initiative concernant la mise en œuvre d’un « Jour sans Sarkozy », baptisé le « No Sarko Day », propos qui, de la part de leur auteur, appellent au débat.

 

Précisons, pour commencer, que l’argumentation développée par Georges GASTAUD, nous conduit, naturellement, à prendre nos distances avec cette l’initiative. Mais la version « british », du « No Sarko Days » est-elle la seule raison, voire la plus importante, de nos  réserves?.

Mais, même traduite en français, la proposition de consacrer une journée à clouer au pilori Nicolas Sarkozy, en orientant nos spots sur la seule personne du président de la République, cet objectif répond-il à l’analyse que nous faisons, politiquement, de la situation présente ?

 

On peut et on doit se poser la question.

 

Chacun peut remarquer la singulière liberté de ton observée par nombre de médias, peu enclins d’habitude, à exprimer des opinions hétérodoxes, quand il s’agit du pouvoir. Si on exclut la notion du courage personnel des journalistes de la radio et de la télé, dans leurs prises de positions critiques vis-à-vis de chef de l’Etat, on peut légitimement penser que celles-ci ont eu, préalablement, « le feu vert » de leurs directions.

 

Que déduire d’une telle « évolution » ?

 

La base sociale de Nicolas Sarkozy se réduit de jour en jour. Les « réformes » mises en route, ou envisagées par celui-ci, s’aliènent des catégories sociales, jusqu’ici, fidèles soutiens du pouvoir en place : des professions judiciaires aux autorités médicales hospitalières, en passant par les universitaires les plus consacrés, montrent un sentiment de refus et d’opposition à la politique gouvernementale.

Dans la majorité de droite elle-même, des voix, et non des moindres, font entendre leur « Oui, mais », voire leurs critiques les plus acerbes, à l’égard du président de la République. Certes, l’impopularité croissante du pouvoir, mesurée par les sondages, mais surtout par les réactions de l’électorat, est  ressentie par les parlementaires dans leurs circonscriptions. Ce « bain de foule » fait réfléchir nombre d’élus, quant à leur avenir personnel.

 

Mais l’essentiel n’est peut être pas là.

 

Les donneurs d’ordre de Nicolas Sarkozy, ceux qui l’ont mis en place, tiennent d’abord à maintenir leur toute puissance. Leur homme à l’Elysée leur semblait la personnalité la plus apte à imposer, au pas de charge, la mise en place d’une société « libérée » de toutes « contraintes », obstacles sociaux ou politiques, freinant leur soif de profits. La violence et la démagogie du président répondaient à cet objectif. Encore faut-il que le rejet personnel massif du personnage n’en entrave pas la réalisation.

 

Aussi, il n’est pas irréaliste de penser qu’en « haut lieu », parmi les cercles dirigeants du CAC 40, on se prend à songer à une perspective de changement à la tête de l’Etat : « Changer pour que rien ne change », dans la conduite des affaires.

 

Aussi, focaliser une campagne, même une journée, sur la seule personne de « Sarko », pourrait permettre, à terme, l’accomplissement des plans du capital. Celui-ci ne manque pas de candidats de substitution, dans la majorité comme dans l’opposition. Et si la personnalité idoine était difficile à trouver parmi le personnel politique actuel, une campagne médiatique bien menée ferait sortir du chapeau, l’oiseau rare.

Aussi, méfions-nous : notre stratégie doit viser, non seulement l’homme des basses œuvres et sa bande, mais les bailleurs de fonds et leur système, qui nous conduisent tout droit à la catastrophe.

 

Jean LEVY

Tag(s) : #Politique
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