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Les médias – et tous les politiques -

préparent les Français

à une politique d’austérité accrue.

Jean LEVY

Pas un journal, pas une radio, pas une chaîne de télé qui ne s’étonnent du « retard » pris par notre pays, en la matière. Et, ils regrettent la frilosité de Nicolas Sarkozy, qui n’oserait pas parler de « plan de rigueur ». En cette période de colère sociale, nos médias citent les mesures « draconiennes » prises en Allemagne, en Grande-Bretagne, au Portugal et en Grèce, naturellement. Leurs gouvernements auraient, nous dit-on, fait preuve de « courage »., regrettant la frilosité de Nicolas Sarkozy.

La prudence serait de règle au sommet de l’Etat. En attendant les vacances, (que se sont octroyées les syndicats pour l’été), le pouvoir compte sur cette période pour frapper de nouveaux mauvais coups.

Nos médias font, semblent-ils, preuve d’humour, dépassant, en la matière, celui de Stéphane Guillon et de Didier Porte… car, tant sur les retraites que sur les salaires du public et du privé, le gouvernement n’y va pas de main morte. Sans parler des coupes sombres qui frappent comme jamais l’Education nationale et la Santé, en attendant de s’en prendre une fois de plus à la Sécurité sociale.

Ce n’est pas suffisant, si l’on en croit les économistes distingués, les « experts » de toutes sortes, les « spécialistes » de la Finance.

Ce qui pourrait étonner, c’est que dans ce concert orchestré, c’est d’entendre aussi les dirigeants socialistes qui ne sont pas en reste de bons conseils. Certes, les Benoît Hamon, les Martine Aubry lancent des anathèmes contre la politique sociale du pouvoir. On les retrouvera aux premiers rangs des manifestions populaires, plus véhéments que personne. Ils lèveraient le poing en chantant l’Inter, qu’on ne serait pas étonné.

Mais çà, c’est pour la galerie.

Sans parler de Strauss-Kahn, qui diligente, au nom du FMI, les politiques les plus musclées contre les peuples, les responsables de la politique économique et financière du PS ne mâchent pas leurs mots. Ainsi, interrogé par France Inter, le président socialiste de la Commission des Finances de l’Assemblée Nationale, Jérome Cahuzac, sans aucune gêne, approuve l’idée d’un contrôle de la Commission de Bruxelles sur notre budget, avant que celui-ci ne soit examiné par Parlement français…

Bonjour la souveraineté populaire !

Et le premier président de la Cour des Comptes, le socialiste Didier Migaud tance la politique financière de Sarkozy-Fillon, comme trop laxiste. Dans une longue interview donnée au Monde, Mingaud déclare tout de go :

« L’action sur la dépense est nécessaire. Il faut procéder à un examen général de politiques et interventions publiques. L’Etat doit définir ses priorités et mieux cibler ses dépenses. La Cour inventorie des pistes d’économie dans son rapport. De même, les collectivités territoriales ne peuvent pas rester à l’écart du redressement des comptes publics »

En clair, l’Etat et les collectivités territoriales doivent « dégraisser » les dépenses publiques. On connaît la chanson depuis des lustres. C’est l’alpha et l’oméga de toute la pensée libérale, appliquée partout en Europe, par tous les gouvernements, qu’ils soient de droite ou sociaux-démocrates. Merci, tout de même, monsieur le premier président de la Cour des Comptes, de nous avoir, rafraîchi la mémoire…

Puis, Didier Migaud, répondant à une question posée sur les retraites, déclare :

« Pour répondre aux problèmes de financement à court et moyen terme, il faut agir sur tous les paramètres : l’âge, la durée de cotisation, les prestations, le montant des cotisations, l’élargissement des recettes ».

On ne peut être plus clair. Le premier président de la Cour des Comptes ose aller plus loin que Nicolas Sarkozy. Désigné à ce poste par le président de la République, le socialiste Migaud, au poste qu’il occupe,  se croit déjà au pouvoir et raisonne, de ce fait, comme un vulgaire Papandreou.

Sans le moindre souci des électeurs.

Nul doute, Jérôme Cahuzac et Didier Migaud ne seront pas aux côtés des dirigeants socialistes pour applaudir, plus fort que tout le monde, les manifestants du 24 juin.

Mais, sait-on jamais ?

Tag(s) : #Politique française
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