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Les Echos

 

La victoire d'une Italie euro-sceptique :
Les Bourses mondiales plongent
après les élections italiennes
Par Les Echos | 26/02 | 09:24 | mis à jour à 10:17
 

Dans le sillage de l'Asie et de Wall Street, où le Dow Jones a perdu 1,54% lundi, les Bourses européennes dévissaient peu après l'ouverture. Paris chutait de 3,24%, Londres de 1,40%, Francfort de 2,% et Madrid 3,78%.

Sans surprise, c'est Milan qui dévissait le plus, cédant 5%.

« Boom de Grillo », « Parlement bloqué », « Italie ingouvernable » titrent mardi les journaux italiens qui redoutent de façon unanime l'impasse politique provoquée par l'absence d'une majorité au Sénat, au lendemain des législatives. Inquiets eux aussi, les marchés boursiers européens ont ouvert la séance de mardi en forte baisse après les élections italiennes, qui laissent le pays dans la confusion politique .

Dès l'ouverture, les places financières européennes s'enfonçaient dans le rouge.

Vers 09h15, la Bourse de Paris chutait de 3,24%, Londres perdait 1,40%, Francfort de 2,%, Zurich 1,81% et Madrid 3,78%. Sans surprise, c'est Milan qui dévissait le plus, cédant 5% en début d'échanges; les valeurs bancaires étaient les principales victimes, Intesa Sanpaolo et UniCredit -les deux principales banques du pays -lâchant respectivement 8,2% et 6,4%, tandis que l'assureur Generali perd 5,6%.

Les investisseurs redoutent le retour de l'instabilité gouvernementale en Italie, pays en récession et lourdement endetté (la dette italienne représente plus de 120% du PIB). La troisième économie de la zone euro se retrouve en effet dans une impasse à l'issue des élections législatives de dimanche et lundi. La coalition de la gauche italienne menée par Pier Luigi Bersani a certes obtenu une majorité de sièges à la Chambre des députés.

Mais, au Sénat, la droite disposerait de plus de sièges. Aucune majorité claire ne se dégage. Et ceci, même si une hypothétique alliance entre la gauche et le centre emmené par le chef du gouvernement sortant et ex Commissaire européen Mario Monti parvenait à voir le jour. « S'il se confirme que l'Italie est en situation de blocage politique, les mouvements de vente pourraient s'intensifier sur le marché et la zone euro pourrait peut-être replonger dans une période d'instabilité », a prévenu Ben May, analyste chez Capital Economics à Tokyo.

Pour Chris Weston chez IG, « Ce scrutin est surtout un revers cinglant pour les politiques d'austérité menées dans certains pays européens » et pourrait les remettre en cause. Dans un éditorial, le « Corriere della Sera » (centre droit) souligne que le succès du Mouvement Cinq Etoiles de Beppe Grillo, qui s'est adjugé 25 % des suffrages et est à l'origine de tous ces chamboulements , correspond à « la victoire d'une Italie eurosceptique face à la politique de rigueur économique ».

« Plus qu'un risque +Berlusconi+, ces résultats des élections italiennes donnent l'image d'un pays ingouvernable, sans majorité stable. Les futures réformes sont clairement compromises », résumait Christian Parisot, économiste chez Aurel BGC. Quinze mois après la chute de Silvio Berlusconi sous la pression des marchés financiers, l'Italie, qui avait réussi à sortir du gouffre financier, est donc à nouveau dans le viseur des marchés financiers.

L'Asie et Wall Street aussi

Les places européennes n'étaient pas les seules à broyer du noir. L'Asie a donné le ton mardi, quasiment toutes les places financières régionales accusant des baisses. Tokyo a chuté de 2,26%, Hong Kong a perdu 1,32% et Shanghai, d'ordinaire indifférente aux événements extérieurs à l'Asie, a perdu 1,40%. Aux Etats-Unis, l'indice vedette de la Bourse de New York, le Dow Jones avait perdu lundi 1,54%, tandis que le Nasdaq, qui regroupe les valeurs technologiques, avait lâché 1,44%.

Sur le marché des changes, l'euro reculait encore un peu mardi matin, au lendemain d'une chute, les investisseurs se repliant vers des devises comme le yen et le dollar considérées comme des valeurs refuge en période d'incertitude. La monnaie unique s'échangeait aux alentours de 1,3058 dollar contre 1,3065 la veille.

Sur le marché de la dette enfin, les taux d'emprunt italiens et espagnols augmentaient fortement. Le taux italien à 10 ans était au plus haut depuis novembre 2012, à 4,931%, tandis que l'espagnol grimpait à 5,594%, son plus haut niveau depuis décembre.

SOURCE AFP

 

Tag(s) : #Europe
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