Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

 

ATD Quart Monde démonte les (nombreux) clichés sur les pauvres, profiteurs des aides

La France compte 8,6 millions de personnes pauvres / Reuters.
La France compte 8,6 millions de personnes pauvres / Reuters.

Hélène Haus | 16/09/2013, 16:01 - 680 mots

L'association ATD Quart Monde vient de publier le livre "En finir avec les idées fausses sur les pauvres et la pauvreté" (1). Dans cet ouvrage de 188 pages, elle revient sur 88 clichés qui touchent les sans-abris, les familles, les immigrés... Un sujet brûlant d'actualité dans un pays qui compte 8,6 millions de pauvres. La Tribune en a sélectionné cinq d'entre-eux.

1. "Si l'on veut travailler, on trouve."

 

"Quelques dizaines de milliers d'offres d'emplois ne sont pas pourvues chaque année, pour différentes raisons qui peuvent toucher à l'éloignement géographique, à la durée trop courte du travail proposé, etc. Mais dans l'état actuel du marché de l'emploi (entre 3 et 5 millions de chercheurs d'emplois en France en 2012), il est un peu rapide de prétendre qu'il est facile de trouver du travail", juge ATD Quart Monde. L'association s'appuie notamment sur un rapport de l'ONPES (Observatoire national de la pauvreté et de l'exclusion sociale) : "Les personnes en situation de pauvreté espèrent majoritairement trouver un emploi. (…) Toutefois, beaucoup d'entre elles rencontrent des obstacles pour y parvenir : formation insuffisante, problèmes de santé ou de mobilité, d'enfants à charge, enfin - et surtout - absence d'emplois accessibles localement".

   >> Lire aussi : Offres d'emplois non pourvues : quelle est la réalité du phénomène?

2. "On peut gagner plus au RSA qu'avec le SMIC."

"L'observation chiffrée de quelques cas de figure montre, que si l'on galère avec le SMIC, on galère encore plus avec le RSA", insiste l'organisation. ATD Quart Monde a ainsi calculé qu'un couple sans enfant, ne touchant pas d'Aide personnalisée au logement (APL), disposait de 724 euros par mois avec le RSA et au droit à la Couverture maladie universelle complémentaire (CMUC). Les revenus d'un couple gagnant un SMIC sont près de deux fois plus élevés. Le ménage disposera au total de 1.407 euros (SMIC+RSA activité), mais n'aura pas droit à la CMUC. L'écart se rétrécit pour les couples élevant deux enfants, mais reste très important. Un ménage au RSA touchera ainsi 1.354 euros (avec APL et allocations familiales), contre 1.922 euros pour un couple gagnant un SMIC.

    >> Lire aussi : Non, RMI et RSA n'ont pas transformé les jeunes en assistés.

3. "Les pauvres font des enfants pour toucher les aides."

"Plus on a d'enfants, plus on s'appauvrit", note l'association. Pour exemple, une famille de deux enfants de moins de 14 ans, ayant 2.100 euros de revenus et 100 euros d'APL, touchera 2.200 euros au total. Soit 176 euros de plus que le seuil de pauvreté fixé pour un foyer de quatre personnes. A chaque nouvelle naissance, elle se rapprochera un peu plus de ce seuil, qui varie en fonction du nombre d'enfants. Avec quatre enfants, elle touchera ainsi 2.742 euros au total, soit 139 euros de plus que le seuil de pauvreté, fixé à 2.603 euros pour un foyer de six personnes.

  >> Lire aussi : Le choix du quotient familial : "plus juste, plus simple et plus efficace" se défend Hollande.

4. "Les bénéficiaires de la CMU en profitent pour faire des soins de confort."

"Leur consommation de soins est légèrement supérieure, mais leur état de santé est moins bon", indique ATD Quart Monde. "Les dépenses de soins moyennes s'établissaient en 2000 à 1.627 euros pour les bénéficiaires de la CMU, soit 13% de plus que pour celles du régime général (1.443 euros). Cette différence s'explique non par une consommation de soins injustifiée, mais par un état de santé moins bon chez les bénéficiaires, lié en partie à l'insuffisance de prévention et au retard mis à se soigner du fait de l'absence de moyens financiers", remarque-t-elle.

   >> Lire aussi : Complémentaires santé : que va faire François Hollande?

5. "L'immigration coûte cher à la France."

"Les populations immigrées perçoivent en moyenne davantage de prestations sociales que les Français pour ce qui est des aides au logement, du RSA, des allocations familiales et des allocations chômage", reconnaît l'association. "Mais c'est le contraire pour ce qui est de l'assurance maladie et l'assurance vieillesse (...) Leur apport est important en terme de cotisations, de taxes sur la consommation et de CSG", insiste-t-elle. Si, en 2005, les immigrés ont coûté 68 milliards d'euros à la France, ils lui ont également rapporté 72 milliards d'euros. Soit 4 milliards d'euros de "bénéfices". 

   >> Lire aussi : "L'économie française a besoin de 10 millions d'immigrés d'ici à 2040".

 (1) "En finir avec les idées fausses sur les pauvres et la pauvreté", ATD Quart Monde, août 2013, aux Editions de l'Atelier, 188 pages,  5 euros.

 

Tag(s) : #Economie

Partager cet article

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :