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Athènes martyrisée,

 

 

   

Athène outragée

 

 

et

Athènes bâillonnée !

 

 

Posted: 05 Nov 2011 12:55 AM PDT

Cette semaine aura été le théâtre d’une bien mauvaise tragi-comédie antique.
Dans un geste gaullien et profondément démocratique,
 
 
sur le énième plan d’austérité grec.
 
Mais après bien des scandaleuses pressions étrangères
 
de Nicolas Sarkozy et d'Angela Merkel,
il a été scandaleusement annulé.

Vaudeville post démocratique

concitoyens. Ce n’est pas parce que les dirigeants européens étaient
parvenus à un accord la semaine dernière que le peuple grec n’avait pas son
mot à dire.
 
Lors du processus d’indépendance de l’Algérie, le Général de Gaulle n’avait cessé de consulter les Français étape par étape. Etant donné la sévérité des plans d’austérité demandés pour rester dans l’euro, il était plus que légitime que les Grecs s’expriment.

Après avoir semblé tenir bon, le premier ministre grec a fini par commencer à céder aux dirigeants européens.
 
Mais les dirigeants de l’Union Européenne se sont sans doute demandés s’ils ne prenaient pas trop de risques de la sorte car les Grecs pouvaient toujours choisir la voie Argentine.

On devrait assister à la formation d’un gouvernement d’union nationale mais si son destin semble très incertain, il a plaidé contre des élections législatives anticipées.
Ce faisant, les dirigeants européens ne prendraient aucun risque puisque le principal parti d’opposition est lui aussi favorable au maintien dans la monnaie unique européenne.
Seul le Parti Communiste, qui dispose de 21 sièges à l’Assemblée y est opposé.

Le côté obscur de cette Europe

Cette énième crise grecque aura été l’occasion de faire à nouveau apparaître le visage hideux de cette construction européenne. 
 Comme je l’ai écrit plusieurs fois, cette Europe est non seulement profondément antisociale mais elle est aussi profondément anti-démocratique.
Nous avons donc entendu de nombreux commentateurs (à ce sujet, je vous conseille le très bon papier de David Desgouilles) ou de dirigeants critiquer le choix pourtant démocratique d’un référendum.

Bref, cette Union Européenne n’a que faire de l’opinion des peuples et de la démocratie.
C’est pour cela qu’elle a obtenu le retrait de ce référendum qui mettait à risque la monnaie unique (signe, en passant, de la fragilité de cette construction aussi baroque qu’artificielle).

Il est aussi risible de voir certains chroniqueurs ou politiques promettre un cataclysme économique si la Grèce quittait l’euro : récession, baisse du pouvoir d’achat, défaut sur la dette…
Mais ce discours tient de moins en moins car c’est très exactement ce que nous vivons depuis 18 mois maintenant que les créanciers privés ont accepté un défaut de 50%.
Pire, aujourd’hui, la Grèce a les inconvénients de la sortie sans les avantages (la relance de la croissance par la dévaluation).

Cette semaine va encore alourdir le passif de cette Europe autoritaire qui refuse la démocratie, impose la régression sociale et qui ne parvient même pas à stabiliser la situation, comme le montre l’envolée des taux italiens, qui menace à nouveau l’ensemble de l’édifice.
Tag(s) : #Europe
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