Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Bruxelles : les socialistes ayant gouverné durant 25 ans avec la droite, ils laissent la place au gouvernement le plus à droite depuis ...1830 !

Le Figaro.fr

La Belgique se dote
d'un gouvernement de droite
  • Quatre partis belges ont conclu aujourd'hui un accord pour former un gouvernement de droite, un peu plus de quatre mois après les élections législatives du 25 mai.


par Jean-Jacques Mevel

Correspondant à Bruxelles

 

Cette fois, il aura suffi de 135 jours... La Belgique, championne des crises politiques à rallonge, s'est dotée mardi d'une majorité gouvernementale de rupture, dominée par la droite et confiée à Charles Michel, 38 ans, chef de file des libéraux francophones.

La coalition, verrouillée un peu plus de quatre mois après les élections législatives du 25 mai, comprend une seule formation francophone, le Mouvement réformateur du futur premier ministre. Mais trois partis flamands: les libéraux de l'Open VLD, les chrétiens-démocrates du CD&V et surtout les nationalistes de la NVA, parti indépendantiste qui domine la scène flamande. Le gouvernement devrait prêter serment au roi et prendre ses fonctions au plus tard au début de semaine prochaine.

Après le scrutin de 2010, il avait fallu 541 jours pour en arriver là.

En Belgique comme dans d'autres pays de l'euro, le redressement des finances publiques et la poursuite de réformes s'imposent au débat. «Nous avons conclu un accord de gouvernement et un accord sur un cadre budgétaire qui amène le budget de la Belgique à l'équilibre en 2018», a affirmé Charles Michel à l'issue d'ultimes tractations avec ses partenaires.

S'inscrit également au programme un report de l'âge légal du départ à la retraite, de 65 ans aujourd'hui à 66 ans en 2025 et 67 ans en 2030. «C'est une question de responsabilité», a-t-il insisté.

À l'échelon fédéral, la Belgique rompt ainsi avec une longue de coalitions gouvernementales droite-gauche. «Un gouvernement sans les Socialistes, c'est une réforme de l'État en soi», comme aime à répéter Didier Reynders, vice-premier ministre et pilier libéral du gouvernement sortant. De fait le PS belge, premier parti de Wallonie, se retrouve exclu des responsabilités fédérales pour la première fois depuis un quart de siècle et son chef, Elio Di Rupo, chargé d'expédier les affaires courantes, a déjà engagé son repli vers la province francophone.

De leur côté, les puissantes fédérations syndicales belges s'apprêtent à monter au créneau.

L'autre rupture est l'arrivée aux responsabilités à Bruxelles de la NVA de Bart de Wever, grand vainqueur des législatives. Le premier parti de Flandre a mis de l'eau dans son vin indépendantiste et du coup renoncé - au moins provisoirement - à avancer vers un éclatement de la Belgique.

Aux élections de mai comme dans les tractations gouvernementales, la NVA a plutôt joué la carte de réformes qui vont au-delà de ce que demande l'UE et a poussé à la formation du «gouvernement le plus à droite depuis 1830», si l'on en croit les commentaires.

La vraie cassure pourrait être l'affaiblissement des Francophones au gouvernement fédéral. Certes, le jeune premier ministre est l'un d'entre eux. Mais sa nomination cache mal le déséquilibre linguistique au gouvernement.

Au parlement il ne sera soutenu que par 20 des 63 représentants francophones. Les trois partis flamands, eux, s'appuient sur une majorité écrasante parmi les 87 élus néerlandophones, déjà plus nombreux.

En principe, la question «communautaire», comme on dit dans le royaume, doit être remisée pour les cinq ans qui viennent. Mais le mécontentement contre l'État fédéral pourrait bien resurgir du côté où on ne l'attendait pas, c'est-à-dire du côté francophone...

    • Pa
Tag(s) : #Europe
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :