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Le Capital ne met jamais tous ses œufs dans le même panier.

Dans les années précédant 2007, le CAC 40 avait choisi Nicolas Sarkozy comme son candidat à l’élection présidentielle. Le caractère autoritaire de l’homme, son ambition démesurée, sa volonté de domination, faisaient de lui l’homme providentiel apte à mener à bien les « réformes » - une véritable « contre révolution sociale » – attendues par le grand patronat.

La levée en masse de la jeunesse et des couches populaires contre le CPE, en 2006, sous Dominique de Villepin, avait conduit le monde des affaires à rechercher l’homme à poigne, et démagogue à la fois, capable, le cas échéant, de mater toute contestation d’envergure des salariés.

 

Nombre d’objectifs définis par Nicola Sarkozy, ont déjà été atteints. Les chantiers de régression sociale, ouverts par ses prédécesseurs, ont été poussés au maximum et grandement réalisés. Mais la brutalité des mesures prises, visant aussi nombre de catégories de citoyens jusqu’ici ralliés au pouvoir en place, a développé un profond mécontentement dans des couches aisées. Elles expriment vivement leur mécontentement.

La base sociale du régime s’en trouve réduite d’autant.

D’où l’inquiétude de certains secteurs politiques, issus de la majorité (UMP et Nouveau centre) qui commencent à prendre leurs distances avec le clan formé autour de Nicolas Sarkozy. Certes, Dominique de Villepin est mis sur la touche, hors course du fait du procès Clearstream…La poignée de parlementaires qui lui sont dévoués ne fait pas le poids. Les rumeurs se répandent autour d’une ambition personnelle de Jean-François Copé. Celui-ci se préparerait à la succession élyséenne, mais, faute d’envergure nationale, le président du groupe parlementaire UMP, ne semble pas répondre aux conditions d’une alternance victorieuse à droite.

 

C’est alors que les médias diffusent le « C’est tout de même se foutre du monde », lancé par Alain Juppé, dans une interview tonitruante, donnée au quotidien Sud Ouest*.

L’ancien premier ministre vise directement le président de la République, à travers sa réforme des collectivités territoriales et la suppression de la taxe professionnelle. Juppé annonce même qu’il sera au premier rang des contestataires…

La réforme concoctée par Sarkozy dresse contre elle tous les élus locaux, les conseillers généraux, entre autres, menacés de suppression, et les maires, frustrés de la taxe professionnelle. Cette hostilité partagée par nombre d’élus de l’UMP et du Nouveau Centre fournit à l’ancien Premier ministre, maire de Bordeaux, l’occasion de se présenter comme le représentant des libertés locales, et plus encore de la France profonde ?

 

Ces hostilités, engagée au sein de la droite, ne sont pas encore la guerre.

 

Mais, comme le célèbre « Oui, mais ;;; »,  de Valéry Giscard d’Estaing, vis-à-vis du général de Gaulle, en 1969, ou la « déclaration de Cochin » de Chirac contre ce même Giscard, en 1976, n’est-ce pas le signe que la droite, ou mieux, le grand patronat, se cherche un nouveau leader, moins déconsidéré, d’allure plus « civilisée », susceptible de poursuivre, avec moins d’aléas, la même politique ?

Cette éventualité devrait faire réfléchir tous ceux qui font du seul Nicolas Sarkozy l’unique cible, alors que notre réflexion devrait conduire à privilégier ceux qui manient les marionnettes, et non seulement les marionnettes elles-mêmes.

 

 

Jean LEVY

  • * EXTRAIT DE L’INTERVIEW DONNEE PAR ALAIN JUPPE A SUD OUEST / :
  • Interrogé sur le projet de loi concernant la réforme des Collectivités territoriales,
  • Alain JUPPE répond :
  • « La réforme ne sera pas adoptée avant l’été 2010. Pour en revenir à la taxe professionnelle, cela ne va pas être simple. Il faut dire que le gouvernement cherche la provocation. »
  • Pourquoi ?
  • « Le premier texte évoquait une compensation mais dégressive. Moins de 5% chaque année pendant vingt ans. Dès la deuxième année, la CUB perdrait plusieurs millions.

C’est tout de même se foutre du monde ! Le président Sarkozy avait promis une compensation euro par euro, mais il avait oublié de dire pendant un an seulement.

Jeudi et vendredi, pour les Journées des communautés urbaines, cela va être un festival anti-gouvernemental ».

           

            Vous serez présent ?

            

           « Bien sûr, je fais l’ouverture ».

  •  
Tag(s) : #Politique
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