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Comment l'Union européenne

cherche à rapprocher la mafia kosovare

des standards européens de l’Etat de droit...

 

 

 Europe

La mission Eulex

au cœur d’un scandale de corruption

au Kosovo

LE MONDE | 15.11.2014

Par Benoît Vitkine

Le scandale touche la plus emblématique des missions extérieures de l’Union européenne (UE), dans l’un des pays les plus choyés par la communauté internationale.

La mission Eulex – 1 600 employés, un budget annuel de 110 millions d’euros – devait apporter au Kosovo son expertise en matière de justice et de police. Autrement dit, aider l’ancienne province serbe indépendante depuis 2008 à se rapprocher des standards européens de l’Etat de droit.

le nouveau chef de la mission, l’Italien Gabriele Meucchi, lors d'une conférence de presse , le 30 octobre à Pristina.

Cette mission est aujourd’hui prise dans un scandale majeur, un désagréable cadeau de bienvenue pour la nouvelle chef de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, qui a dû se résoudre à envoyer un sur place un juriste, le Français Jean-Paul Jacqué, qui aura quatre mois pour remettre un rapport et soumettre ses recommandations.

L’affaire a éclaté fin octobre dans la presse kosovare. Elle a ensuite pris de l’ampleur avec les révélations de Maria Bamieh, une magistrate britannique qui accuse trois de ses collègues d’avoir, entre 2012 et 2013, touché des pots-de-vin du « milieu » kosovar pour empêcher des enquêtes ou classer des dossiers liés au crime organisé.

Trois hauts magistrats d’Eulex sont mis en cause. Le juge italien Francesco Florit aurait empoché 300 000 euros pour relâcher un suspect accusé de meurtre et aurait communiqué avec un suspect, ancien conseiller du ministère de la santé kosovar. Sa collègue Jaroslava Novotna, procureure générale de la mission, aurait aussi accepté de l’argent pour étouffer des enquêtes criminelles, notamment l’une concernant l’ancien ministre et ancien commandant de l’UCK (Armée de libération du Kosovo) Fatmir Limaj, acquitté de crimes de guerres.

Brimades et pressions

La procureure britannique assure avoir recueilli ces informations grâce à des écoutes téléphoniques réalisées lors de ses propres enquêtes. Elle aurait ensuite averti sa hiérarchie, et notamment le procureur canadien Jonathan Ratel, qui aurait tenté de l’empêcher de pousser ses investigations. MmeBamiah dit avoir subi des brimades, jusqu’à être suspendue, le 28 octobre, peu avant que le scandale n’éclate. Le journal Koha Ditore, à l’origine des révélations, affirme lui aussi avoir subi des pressions.

« Il ne s’agit pas d’une sanction mais d’une mesure qui s’applique dans ce genre de situations », a expliqué le nouveau chef de la mission, l’Italien Gabriele Meucchi. Eulex était au courant des accusations depuis 2013, a confirmé M. Meucchi, assurant qu’une enquête interne avait alors été lancée en collaboration avec la police kosovare.

A Pristina, ces accusations n’ont pas surpris. Pour nombre d’observateurs, mais aussi pour une grande partie de la population, les mœurs politiques qu’Eulex était censée combattre ont contaminé la mission. Sa proximité avec le pouvoir du premier ministre Hashim Thaci, en poste depuis l’indépendance, est connue. Elle tient à la mission même d’Eulex, dont les juges doivent travailler en étroite collaboration avec les politiques, mais peuvent être amenés à engager des poursuites contre eux.

Un ancien fonctionnaire international en poste à Pristina, l’économiste Andrea Capussela, s’est penché sur le bilan d’Eulex. Selon ses conclusions, qui doivent faire l’objet d’un livre, sur les 15 mises en accusation les plus importantes réalisées par la mission, quatre seulement ont débouché sur des condamnations, dont trois de seconds couteaux. Huit affaires importante – de corruption, de crimes de guerre ou de crime organisé – n’ont conduit à aucune poursuite, « alors que les dossiers contenaient des preuves solides et bien documentées »« Ce sont des résultats largement insuffisants vu l’importance de la corruption et du crime organisé au Kosovo », assure M. Capussela dans une interview au Guardian.

« Aucun gros poisson n’a jamais été condamné, confirme le journaliste Belgzim Kamberi. On ne sait pas encore le rôle joué par la corruption, mais ce qui est sûr, c’est que les missions internationales au Kosovo ont toujours été plus intéressées par la stabilité que par la justice. »

"canempechepasnicolas" :

Rappelons que le Kosovo est une province de Serbie, arrachée à ce pays par l'Union européenne, contre la volonté du peuple serbe en 2008, indépendance  non reconnue par l'ensemble de la communauté internationale.

Depuis cet acte unilatéral a permis aux autorités autoproclamées du Kosovo de faire de cet "Etat" le centre des plus actifs de la mafia au coeur de l'Europe...dans lequel l'appareil sur place de l'Union européenne,  mis en place pour "rapprocher des standards européens de l’Etat de droit  est mouillé jusqu'au coup.

Ils ont bonne mine les dirigeants français de faire la leçon de démocratie à la Russie !

 

 

Tag(s) : #Europe

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