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"canempechepasnicolas" dévoile la manoeuvre :

Comment la "gauche" française 

prépare les élections européennes

en feignant de rendre responsable la seule droite - en l'occurence Barroso -

des orientations ultralibérales et proaméricaines de Bruxelles,

comme si, et le parti socialiste et la social-démocratie

n'étaient pas co-responsables de cette politique ...

 

Ci-dessous un article paru dans "Libération"

Les coulisses de Bruxelles

Barroso :
un Européen pro-américain à veste réversible

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José Manuel Durão Barroso n’est pas homme à exprimer le moindre regret. Passé souplement du col mao de sa jeunesse au Rotary, le président de la Commission, 56 ans, applique avec ferveur la devise d’Edgar Faure : «Ce n’est pas la girouette qui tourne, c’est le vent».

Ainsi, il n’a jamais exprimé le moindre doute sur la légitimité de la guerre en Irak. C’est pourtant l’image qui lui collera à la peau pour l’éternité : alors Premier ministre du Portugal, il accueille avec empressement, le 16 mars 2003 aux Açores, le fameux «sommet» réunissant Georges W. Bush, Tony Blair et José María Aznar, au cours duquel la guerre fut lancée.

Un mois auparavant, Barroso, Premier ministre depuis moins d’un an, avait déjà donné un premier gage de son atlantisme fervent en annulant la commande de trois A400M, lui préférant un modèle états-unien (photo: avec Arnold Schwartznegger, lundi, à Bruxelles).

Il sera rapidement récompensé de son zèle pro-américain : en juin 2004, Londres, soutenu par tous les pays européens pro-guerre, bloque la candidature du très fédéraliste (et anti-guerre en Irak) Premier ministre belge, Guy Verhofstadt, à la présidence de la Commission, pourtant soutenu par le couple franco-allemand.

Mais ni Chirac, ni Schröder ne sont prêts à mourir dans cette bataille, et acceptent la proposition de Londres et de Madrid de nommer le «parfait francophone» formé à Genève et à Washington qu’est le Premier ministre portugais. L’Irak est donc incontestablement fondateur de la carrière européenne de Barroso.

Porté à la tête de la Commission pour promouvoir une Europe à l’anglaise, il remplira avec zèle sa mission. L’exécutif européen devient un simple secrétariat des Etats et, de son slogan «less regulation, better regulation», les Européens ne verront que le «moins de législation», jamais le «mieux légiférer».

Il refusera ainsi de toucher aux marchés financiers, considérant que la main invisible du marché fait parfaitement son travail. Il joua aussi un rôle non négligeable dans le «non» français à la Constitution européenne de 2005, un texte qu’il a tenté de couler lorsqu’il dirigeait le Portugal. Est-ce un hasard si Barroso a défendu jusqu’à la déraison la première mouture du projet de directive Bolkestein sur la libre prestation de services, pourtant devenu le symbole de l’Europe dérégulée ? Et ce, en dépit des injonctions des chefs d’Etat: «On lui dit de la fermer, mais il ne veut rien comprendre», confiait ainsi, en 2005, le dirigeant d’un petit pays.

La crise des subprimes en 2008 auraient dû signer la fin de ses ambitions européennes : après tout, n’était-il pas l’incarnation de l’échec du modèle qu’il défendait depuis qu’il avait abandonné le maoïsme ? Mais en 2009, à l’échéance de son premier mandat, l’Union est toujours dominée par la droite. Le virer serait reconnaître que tout le monde a eu tort, et l’autocritique n’est pas le genre de la maison. D’autant que l’homme a l’échine souple, ce qui lui vaut d’ailleurs le mépris solide de la chancelière allemande, Angela Merkel.

Pour son second mandat, il promet de faire l’exact contraire de ce qu’il a défendu jusque-là, avec l’aide du gaulliste français Michel Barnier, propulsé au Marché intérieur. Son ambition sera toujours plus forte que ses convictions.

 

Tag(s) : #Europe
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