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Le Blog d'Olivier Berruyer

 

29
Avr
2014

 

Dans la foulée, la Russie, la Prusse et l’Autriche s’entendent pour dépecer totalement la Pologne en 1772, 1793 et enfin 1795 :

En effet, Catherine II affirme vouloir « rassembler les terres russes » ; elle y parvient ainsi aux dépens de la Pologne.

La Galicie est alors rattachée à l’Autriche, le reste du pays intégrant la Russie. La situation perdure jusqu’à la Première Guerre mondiale.

Ainsi, l’Ukraine n’a jamais véritablement existé en tant qu’État avant 1914.

Durant la première guerre mondiale, les Russes occupent la Galicie en 1915 mais sont chassés par une contre-offensive des Allemands, qui finiront par occuper presque tout le pays. C’est une période de troubles que la révolution de 1917 catalyse.

Entre 1917 et 1920, près de six armées combattent sur les steppes ukrainiennes : armées blanches de Wrangel et de Dénikine, armée rouge, armée polonaise de Pilsudski, contingents occidentaux et armée anarchiste de Makhno. Toutes les tentatives d’indépendance ukrainienne – comme les deux brèves républiques ukrainiennes – sont balayées par les combats.

En mars 1921, le traité de Riga entérine le partage de l’Ukraine entre ses voisins. La Pologne garde la Galicie orientale, la Roumanie prend pied en Bukovine du nord et en Bessarabie du sud, la Ruthénie subcarpathique rejoint la Tchécoslovaquie et l’URSS s’empare à nouveau de l’Ukraine centrale et orientale. Ainsi une République d’Ukraine apparait pour la première fois sur la carte européenne, mais elle intègre la nouvelle URSS.

L’élimination de la paysannerie, les purges politiques en sont l’expression. Les cadres urbains du parti font liquider les paysans riches, les koulaks, en 1929-1930 comme dans le reste de l’Union.

Dans les années vingt, la nouvelle économie politique (NEP) promeut une forme d’autonomie culturelle, voire l’ukrainisation. Avec une certaine liberté accordée aux paysans, l’agriculture reprend et entraîne la reprise de l’industrie ukrainienne.

Mais  partir de 1927, Staline essaie de « désukrainiser » violemment l’Ukraine. Cette période stalinienne atteint le paroxysme de l’influence russe et de l’étouffement des aspirations ukrainiennes. L’industrialisation et la collectivisation de l’agriculture sont forcées et vont à l’encontre des coutumes ukrainiennes et provoquent une réaction forte du pouvoir central. L’élimination de la paysannerie, les purges politiques en sont l’expression. Les cadres urbains du parti font liquider les paysans riches, les koulaks, en 1929-1930 comme dans le reste de l’Union. C’est entre 1930 et 1932 que la collectivisation forcée est accélérée.

Les terres sont réquisitionnées et des quotas de production excessifs sont fixés au-delà des possibilités ukrainiennes. Les récoltes chutent alors d’un tiers. La loi d’août 1932 sur la propriété d’État instaure la peine de mort à qui glane du blé. Les champs sont protégés et la famine s’étend sur l’Ukraine.

Entre cinq et six millions d’Ukrainiens meurent de cette politiques et près d’un million sont déportés. Un observateur note que « les seuls à manger à leur faim dans les campagnes étaient les communistes et les anthropophages ». Staline réussit à briser la résistance du monde paysan ukrainien et, en corollaire, intensifie de facto la russification. En effet, des paysans russes sont déplacés vers l’Ukraine dont les villages sont dévastés. Beaucoup dans l’Ouest du pays y voient aujourd’hui un véritable génocide des Soviétiques contre leur peuple (l’appelant Holodomor – littéralement « extermination par la faim) – d’où une forte rancœur contre les Russes.

En septembre 1939, conformément au Pacte germano-soviétique, l’Armée Rouge envahit l’Est de la Pologne, intégrant la Galicie à l’Ukraine.

Signature de Ribbentrop et Staline sur la carte d’aout 1939

Signature de Ribbentrop et Staline sur la carte d’aout 1939

L’Allemagne nazie occupe ensuite toute l’Ukraine entre 1941 et 1944 avant que le pays ne réintègre l’URSS.

En 1954, Khrouchtchev, lui-même ukrainien, décide de transférer la Crimée de la Russie à l’Ukraine – ce qui n’avait à l’époque guère plus de conséquence que transférer actuellement un département d’une région à une autre.

En 1991 seulement, le pays sera pour la première fois indépendant, pour arriver à la situation actuelle de « frontière » entre l’Union Européenne et la Russie.

Carte

N.B. Cette partie doit beaucoup à l’étude de François de Jabrun : « Les incertitudes de l’identité ukrainienne » http://www.diploweb.com/Les-incertitudes-de-l-identite.html

 

 

 


Tag(s) : #Histoire
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