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CANAILLE
LE ROUGE

 

 

 

Dimanche 24 février 2013

20130123 6461

 

Qui parmi les lecteurs de La Canaille s'étonnera si La Canaille annonce qu'iil se retrouve bien dans l'analyse et les propositions ? 

 

Contribution du Syndicat CGT des cheminots

de Paris Montparnasse

pour le Congrès Confédéral de la CGT

du 18 au au 22 Mars 2013.



Les derniers accords dits de « compétitivité » et de « sécurisation de l’emploi » passés sans consultation des salariés, démontrent, une fois de plus, que le « syndicalisme rassemblé » va à l’encontre de nos principes fondamentaux. L’unité syndicale avec des syndicats réformistes nous a conduits à un alignement systématique sur le moins-disant revendicatif. Il faut changer de cap ! Et reconstruire un véritable syndicalisme de lutte de classe rassembleur, unifiant les travailleurs autour de revendications claires et offensives pour libérer le salariat du lien de subordination au patronat et en finir les bas salaires, avec la mise en concurrence des salariés, le chantage à l’emploi, le travail précaire et le chômage.


Ce qui nous conduit à nous interroger sur le rôle et la place de la CGT dans l’affrontement Capital/Travail, en France, mais aussi au-delà de ses frontières, car, notre conception du syndicalisme est fondamentalement euro-incompatible.


Après trois décennies de politiques antisociales qui démontrent incontestablement que l’issue n’est pas par le haut - la présidentielle et les institutions ne servant qu’à museler la souveraineté populaire

 - ils convient également de pousser la réflexion sur nos orientations et celle de la CGT confédéré, comme sur le contenu du contrat de travail qui, en l’état actuel, soumet les travailleurs au bon vouloir du patronat. L’étape suivante c’est encore plus d’insécurité pour les travailleurs et d’impunité pour les patrons.

Le contrat de travail ne devrait pas subordonner les salariés mais au contraire, (puisque ce sont eux qui font vivre l’entreprise, la développe et génèrent les richesses) leur donner des droits tels que :
- droit de décider des politiques économiques et salariales (et donc de la répartition des richesses) de l’entreprise,

- droit de décider de ceux qui sont chargés, à tous les niveaux, de mettre en œuvre les orientations prises, ce qui implique une majorité de sièges « Salarié » au conseil d’administration et un pouvoir de contrôle par les salariés.

 

Cela suppose de dire clairement que nous proposons de financer le salaire à partir de la qualification dès dix-huit ans en activité professionnelle ou en formation par la cotisation sociale gérée par les salariés dans une nouvelle caisse de sécurité sociale professionnelle. Une caisse pour payer les salaires pour sortir les salariés du lien de subordination aux patrons, renverser cet ordre établit qui contraint les salariés à des démarches et procédure invraisemblables pour défendre ses droits et son statut salarié.

 

A s’interdire dans le contenu des revendications sur la Sécurité sociale professionnelle par exemple de contester la domination du capital nous laissons le champ libre aux réformateurs pour imposer dans toutes les discussions leur cadre déterminé par la compétitivité, l’employabilité, les compétences, les rémunérations !

 

Porter d’autres ambitions pour les salariés exige de revenir sur nos fondamentaux dans la CGT et de montrer ouvertement que nous faisons le choix du progrès social, du changement de société pour et avec celles et ceux qui créent les richesses en contestant la propriété privée à but lucratif au nom de laquelle le capital nous impose toutes les régressions et en nous battant pour le respect de la souveraineté du peuple.

 

La position du syndicat de Paris Montparnasse

 

La faiblesse du document d’orientation du 50ème Congrès Confédéral sur l’analyse des luttes des dernières années, sur la situation du salariat, sur la nécessaire centralité de la bataille pour l’augmentation des salaires tout comme celle pour l’annulation de la dette, sur une véritable consolidation du financement salarial de la protection sociale, sur la conquête de nouveaux droits et moyens pour les salariés et le syndicalisme, sur l’examen de la validité de notre stratégie de rassemblement (prôner aujourd’hui « toujours le syndicalisme rassemblé » et « plus d’Europe » constitue un déni d’expérience invraisemblable)… tout cela, et nombre d’autres questions, nous créent obligation à revoir complètement l’édifice de ce document et surtout à faire effort pour écouter et entendre tout ce qui s’exprime dans la CGT.

 

D’autre part, il y a dans ce document un nombre considérable d’articles qui ne sont que des constats et non des revendications et n’ont, en conséquence, pas leur place dans un document d’orientation. Si l’on veut intéresser l’ensemble des syndiqués, il faut y mettre l’essentiel et que l’essentiel ! Que l’on ne retrouve, malheureusement, pas forcément dans ce projet ; en l’occurrence, revenir à des repères revendicatifs clairs, ce qui est fondamental pour mettre en ordre de marche toute la CGT dans les batailles que nous avons à mener.

 

D’autre part, si les statuts doivent être modifiés afin de se mettre en conformité avec la législation en vigueur, nous ne pouvons accepter le remodelage en profondeur que ces nouveaux statuts impliquent, car, c’est tout bonnement la fin de l’indépendance des syndicats de site et des Unions Locales qui est proposée et plus généralement une hiérarchisation des organisations de la CGT. Nous nous éloignons d’un des fondamentaux de la CGT : la démocratie syndicale.

 

Il y a, comme cela a toujours été dans la CGT, des débats et des points de vue, parfois différents, qui s’expriment ainsi que des désaccords, mais aussi des propositions, particulièrement en ce qui concerne les orientations. Il est donc fondamental de prendre en compte les avis et les propositions qui remontent si l’on veut préserver la démocratie syndicale et être une CGT forte, offensive et en adéquation avec les intérêts des salariés.

 

La question de la gouvernance est un combat politique majeur dont nous ne pouvons faire l’économie d’un large débat. Alors que les orientations politiques dans notre pays mais aussi dans les entreprises sont de plus en plus contestées par les travailleurs, gardons-nous de faire un copié collé de cette gouvernance par le haut qui a suffisamment fait de ravages.

 

La position du syndicat des cheminot(e)s de Paris Montparnasse pour le congrès confédéral est donc :

 

le rejet du document d’orientation si nos amendements ne sont pas retenus

le rejet en l’état actuel du projet de modification des Statuts.

 

Tag(s) : #Lutte de Classe
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