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INFO REPRISE SUR 
LE BLOG DE JACQUES TOURTAUX

 

Les BRICS montent la garde 

 

Par Louis Denghien,

le 9 mars 2012



Ruy Nunes Pinto Nogueira, chef de la diplomatie brésilienne...

... et le représentant indien à l'ONU, Hardeep Singh Puri :

non à l'ingérence et au terrorisme en Syrie !



C’est devenu une manière de ping-pong médiatique et diplomatique : les Occidentaux concoctent un projet de résolution sur la Syrie à destination du Conseil de sécurité, et les Russes annoncent assez vite qu’ils s’y opposent, le texte ne leur paraissant pas assez équitable, ou « équilibré« .

C’est ce qui s’est donc passé ce vendredi avec un projet euro-américain réclamant du gouvernement syrien un cessez-le feu « immédiat » permettant l’acheminement de l’aide humanitaire, les Russes n’ayant pas trouvé, en épluchant le texte, un appel identique à l’opposition armée. Plus exactement, la rédaction appelle l’opposition à « s’abstenir de toute violence » si le gouvernement cesse le premier ses opérations.

Autrement dit, « Tirez les derniers, messieurs les insurgés !« Jeudi 8 mars, le représentant russe aux Nations-Unies, Vitali Tchourkine, avait mis en cause l’attitude des Occidentaux qui refusent de reconnaître la réalité de l’implication terroriste étrangère croissante dans la lutte armée en Syrie.

A ce sujet, le nom d’al-Qaïda a été prononcé ces derniers semaines aussi bien par les Russes que les dirigeants irakiens, libanais et même par les chefs militaires américains.

Le Brésil et l’Inde, après la Russie et la Chine

Allié des Russes sur le dossier syrien, la Chine va envoyer un nouvel émissaire, Zhang Ming, à Paris, Ryad, Le Caire, pour expliquer à ces différents gouvernements hostiles à Damas la position de Pékin.

Le Brésil réaffirme lui aussi sa position de rejet de l’ingérence dans les affaires intérieures syriennes : jeudi 8 mars, le vice-ministre des Affaires étrangères, Ruy Nunes Pinto Nogueira, a reçu l’ambassadeur syrien, Mohammad Khaddour, à qui il a déclaré que Brasilia jugeait « colossales » les réformes réalisées ces derniers mois en Syrie, tout en souhaitant une fin rapide des violences et l’établissement d’un dialogue inter-syrien, loin de toute pression ou ingérence étrangère.

A noter que M. Khaddour a entendu le même discours dans la bouche de Manuela d’Avila, présidente de la commission des Relations internationales et de la Défense nationale de la Chambre des députés, qui de surcroît a stigmatisé le terrorisme qui frappe en ce moment la Syrie et cherche à la déstabiliser.

Manuela d’Avila a assuré qu’elle allait examiner avec le ministère brésilien des Affaires étrangères « les moyens par lesquels son gouvernement pouvait aider la Syrie à surmonter sa crise ». La députée brésilienne fait-elle une allusion à un renforcement des relations économiques ?

Elle a en tous cas indiqué qu’il était nécessaire de « réactiver » les relations parlementaires entre les deux pays. On sait que le Brésil s’inscrit dans un front à la fois diplomatique et économique, au sein du groupe BRICS, avec la Russie, la Chine, l’Inde et l’Afrique du Sud, qui a pris position contre l’unilatéralisme et l’interventionnisme occidental depuis le début de la crise syrienne.

En ce qui concerne l’Inde, qui avait paru adopter une position un peu « en retrait » par rapport aux autres BRICS, on indiquera que le 22 février à New York, le représentant permanent indien à l’ONU, Hardeep Singh Puri, a vivement critiqué l’interventionnisme « hyper enthousiaste » des Occidentaux, tant en ce qui concerne la Libye que la Syrie.

Dans ce dernier cas, a observé Sing Puri, contrairement à la jurisprudence diplomatique, les adversaires de Damas ont commencé par proposer une résolution prévoyant des sanctions avant que de discuter d’un calendrier de réformes : « On a déclaré que le président Bachar al-Assad avait perdu sa légitimité.

On a découragé l’opposition de dialoguer avec le gouvernement, et on a commencé à apporter un soutien aux groupes armés, prétendument pour qu’ils se défendent. Rien à redire à cette analyse du diplomate indien, que les Euro-Américains ne sont manifestement pas prêts de rallier à leurs manoeuvres anti-syriennes.


Al-Qaïda dans le dos des Séoudiens

Dans le monde arabe, c’est dans un pays particulièrement concerné par le danger djihadiste, le Yémen, qu’un rassemblement de soutien à la souveraineté syrienne s’est tenu dans à Ta’izz, dans le sud-ouest du pays : un sit-in dénonçant l’ingérence et le complot visant le pays, critiquant l’attitude de la Ligue arabe et du voisin séoudien, et approuvant les positions de la Russie et de la Chine.

Il est vrai que le terrorisme n’est pas une simple figure de rhétorique dans ce grand pays de la péninsule arabique : depuis le départ contraint et forcé du président Saleh, protégé des Américains, et son remplacement par un président élu, Abd Rabbo Mansour Hadi, le Yémen ne sort pas de la violence, entre affrontements tribaux mais surtout activisme d’al-Qaïda, particulièrement virulent : l’organisation, ou ses affiliés locaux, a pu disputer à l’armée le contrôle de plusieurs localités et le 8 mars une attaque d’envergure contre une caserne de l’armée à Abyane a fait pas moins de 185 victimes !

Al Qaïda est particulièrement implantée dans le sud et l’est du pays. Un simple coup d’oeil à une carte de la péninsule arabique montre que la contagion al-Qaïda peut s’étendre aux districts méridionaux de l’Arabie Séoudite, déjà confrontée dans ses provinces orientales à une agitation chiite.

Comme quoi la dynastie wahhabite, grand appui, avec le Qatar, des bandes salafisto-oppositionnelles en Syrie, pourrait bien devoir assez vite s’occuper de ses affaires : Ben Laden, citoyen séoudien à l’origine, n’avait-il pas juré de punir la dynastie – qu’il jugeait « corrompue » – qui règne à Ryad avec l’appui des Américains ?


Au Yémen, on sait ce que veut dire le terrorisme islamiste...

 

http://www.infosyrie.fr/actualite/les-brics-montent-la-garde/ 

Tag(s) : #Contre l'impérialisme
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