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Blog d'Olivier Berruyer

24
Juil
2014

 

Un peu d’information à la source, pour que vous ayez de quoi vous faire votre propre opinion, en confrontant avec les autres versions…

La Conférence de presse

du ministère russe de la défense

du 21/07/2014

Intervention du chef de la Direction générale de la conduite des opérations, adjoint au chef d’Etat-Major des Armées de la Fédération de Russie, Andreï Kartopolov :

Mesdames et Messieurs les journalistes, Mesdames et messieurs,

Au sujet de l’écrasement le 17 juillet de l’avion civil “Boeing 777″ de la compagnie aérienne “Malaysian airlines”, en provenance d’ Amsterdam et à destination de Kuala Lumpur, est apparue une très grande quantité d’informations contradictoires.

Pour cette raison, le ministère de la défense considère comme indispensable de présenter les données objectives à disposition de l’état major des forces armées de la Fédération de Russie.

Ce schéma montre le couloir aérien que devait suivre le Boeing 777. Remarquez que jusqu’à Donetsk, l’appareil suivait le couloir prédéfini, ensuite il a dévié de sa route vers le Nord. Ainsi, l’éloignement de la limite gauche du couloir a atteint 14 kilomètres.

Ensuite, on constate le retour du Boeing 777 dans les limites du couloir aérien prédéfini. L’équipage malaisien n’a pas eu le temps de terminer la manœuvre entamée.

À partir de 17:20, on mesure une baisse constante de la vitesse de l’avion et à 17:23 – l’avion disparait des écrans radars russes. Ce qui a provoqué la sortie du couloir aérien – une erreur de navigation de l’équipage, ou l’exécution d’un ordre donné par le contrôleur aérien ukrainien en charge de l’espace aérien à Dniepropetrovsk – on ne pourra le dire qu’après le décryptage des enregistreurs de vol, plus communément appelés “boîtes noires”, et des enregistrements des conversations du contrôle aérien.

Selon nos informations, le jour de l’écrasement du Boeing 777 malaisien, le groupement de défense anti-aérienne des forces armées ukrainiennes à proximité de la ville de Donetsk comptait 3 à 4 groupes d’artilleries (plusieurs batteries) de missiles sol-air de type « Bouk M1 ».

Ces systèmes sont capables de frapper des cibles à une distance de 35 km et une altitude allant jusqu’à 22 km. Pour quelle raison et contre qui un groupement de défense aérienne aussi puissant a-t-il été déployé à proximité de Donetsk par les autorités ukrainiennes ? En effet, il est de notoriété publique que les rebelles n’ont pas d’aviation.

Sur la carte, on voit que la trajectoire du vol, de même que le lieu présumé où le Boeing a été abattu, tombent dans la zone d’opération du complexe anti-aérien « Bouk M1 » des forces armées ukrainiennes.

Nous avons en notre possession des photos satellites des emplacements où se trouvaient les éléments de défense aérienne de l’armée ukrainienne dans le Sud-Est du pays.

Les trois premières photos datent du 14 juillet 2014 :

La photo 1 montre les lanceurs « Bouk » dans la zone située à 8 km au nord-ouest de Lougansk.

Sur la photo vous voyez clairement une installation de tir automotrice et deux lanceurs fixes.

La photo 2 montre des stations radar à 5 km au nord de Donetsk. On voit sur la photo deux stations radars, ainsi que différents équipements et ouvrages techniques.

La photo 3 montre la position des matériels de défense anti-aérienne dans la zone située au nord de Donetsk.

Sur la photo on voit clairement une installation de tir automotrice avec le lanceur tourné, près de 60 unités de différent matériels militaires et engins spéciaux, des abris pour les équipements et d’autres ouvrages techniques.

Voici la photo de la même zone, réalisée le 17 juillet.

Remarquez que ledit lanceur en est absent.

Sur la photo 5, on voit que dans la matinée de ce même jour une batterie « Bouk » se trouve dans la zone de la localité de Zarochtchinskoyé, située à 50 km à l’est de Donetsk et à 8 km au sud de Chakhtersk.

Une question se pose : comment se fait-il que la batterie se soit retrouvée dans cette zone, à proximité du territoire contrôlé par les insurgés et juste avant la tragédie ?

Les photos de cette région, prises le 18 juin dans cette même zone (photo 6) montrent que la batterie a quitté la position qu’elle occupait précédemment.

En outre, c’est justement au 17 juillet que l’activité des stations radar 9S18 « Koupol M1 » du complexe « Bouk » a atteint son maximum.

Sur cette diapositive, vous pouvez voir que le 15 juillet 7 stations étaient actives, le 16 juillet – 8, et le 17 juillet leur nombre était alors de 9. Cependant le 18 juillet, l’activité radar s’est brusquement réduite, et maintenant tourne autour de 2-3 par jour. Il reste encore à déterminer à quoi cela est relié.

Je souhaite par ailleurs vous présenter les données concernant la situation aérienne dans la région de Donetsk ce jour là.

Sur cette diapositive, vous pouvez voir les données du contrôle durant la période entre 17h10 et 17h30, heure de Moscou.

Durant cette période, se trouvaient dans les airs trois appareils civils accomplissant des vols réguliers :
Le vol Copenhague Singapour à 17h17
Le vol Paris Taipei à 17h24
Le vol Amsterdam Kuala-Lumpur

De plus, les systèmes de contrôle aérien russes ont repéré la montée en altitude d’un appareil de l’armée de l’air ukrainienne, probablement un Su-25, en direction du Boeing 777 Malaisien.

La distance séparant le Su-25 et le Boeing 777 était de 3 à 5 km.

D’après ses caractéristiques, le Su-25 est capable d’atteindre rapidement une altitude de 10000 m. Son armement de dotation comprend le missile air-air R60, capable d’intercepter et de détruire des objectifs sur une distance de 12 km, et avec 100% d’efficacité jusqu’à 5 km.

Pour quelle raison un appareil de combat volait-il sur une route aérienne civile, pratiquement au même moment et au même niveau qu’un avion de passagers ?

On aimerait obtenir une réponse à cette question.

Ces informations sont confirmées par les images vidéo du fonctionnement, pendant cette période, du Centre zonal de Rostov du Système unifié de gestion du trafic aérien. Elles seront commentées par le chef d’Etat-Major des Forces aériennes, le général-lieutenant Igor Yourevitch Makouchev

Commentaire du chef d’Etat-Major des Forces aériennes, le général-lieutenant Igor Makouchev

Mesdames, messieurs,

Aujourd’hui l’agence fédérale du transport aérien nous a fourni des informations provenant du contrôle du centre régional de Rostov, du système unifié de l’organisation du transport aérien.

Sur cet enregistrement vidéo, on voit l’information du contrôle aérien sur la situation du ciel dans la région de Donetsk, entre 17h19 et 17h25 (heure de Moscou), le 17 juillet 2014.

Dans le coin en haut à gauche, le point correspondant au Boeing 772 (ndt 777-200), sur la route Copenhague – Singapour.

Sous ce point, le point correspondant au Boeing 777, sur la route Amsterdam – Kuala Lumpur.

À droite, le point correspondant au Boeing 778 (ndt : 777-800), sur la route Dehli – Birmingham.

Ces trois appareils sont sous constante surveillance de trois postes radar du ministère de la défense de la Fédération de Russie.

Le Boeing 777 se déplace en direction de la frontière avec la Fédération de Russie, et doit la traverser au point « TONAK ».

Le contrôleur aérien, contrôlant au préalable le vol de l’appareil, interroge en permanence ses paramètres de vol et les compare avec les données affichées.

À 17h20, à 51km de la frontière avec la Fédération de Russie et avec un cap de 300 degrés, l’avion a commencé à brutalement perdre de la vitesse, ce qui est visible distinctement sur le tableau des caractéristiques de l’objet en vol.

À une vitesse réduite de 200km/h, à 17h21 minutes et 35 secondes, à l’emplacement de la destruction du Boeing, apparaît un nouveau point correspondant à un objet volant.

Cet objet particulier est surveillé en permanence par les radars USTB – DONETSK et BOUTOURINSKOE 4 minutes durant.

Le contrôleur, tentant d’interroger les paramètres de vol de l’objet nouvellement apparu, ne peut les obtenir, puisque très probablement, l’appareil n’était pas équipé de système d’identification secondaire, ce qui est caractéristique des avions militaires.

La détection de cet appareil n’avait pas été possible auparavant, car le contrôle de la situation aérienne était réalisée par une veille radar ne pouvant localiser à cette distance qu’un appareil volant à une altitude supérieure à 5000 mètres.

La découverte de cet appareil n’a été possible que lorsque celui-ci a pris de l’altitude.

Les modifications ultérieures des paramètres de vol de cet objet montrent qu’il patrouille aux environs du point de chute du Boeing 777 et observe l’évolution de la situation.

Auparavant, les officiels ukrainiens avaient communiqué que ce jour-là aucun avion militaire ukrainien ne se trouvait sur les lieux de l’accident. Comme vous le voyez, ce n’est pas le cas.

Merci.

Intervention du chef de la Direction générale de conduite des opérations, adjoint du chef d’Etat-Major des Armées de la Fédération de Russie, Andreï Kartopolov :

Une question à nos collègues américains. D’après leurs déclarations, les USA disposeraient de clichés satellites confirmant que le missile a été lancé en direction de l’avion malaisien par les rebelles. Mais ces clichés, personne ne les a vus.

D’après nos calculs, un satellite américain est effectivement passé au-dessus du sud-est de l’Ukraine, le 17 juillet entre 17 h 06 et 17 h 21 (heure de Moscou). Il s’agit d’un appareil du système expérimental « CTCC », destiné à la détection et au suivi des lancements de missiles de différente portée. Si la partie américaine dispose de clichés réalisés par ce satellite, nous lui saurions gré de les mettre à la disposition de la communauté internationale pour une étude détaillée.

Hasard ou non, mais l’heure de la catastrophe ayant frappé le Boeing malaisien et l’heure où le satellite américain effectuait l’observation du territoire ukrainien coïncident.

En conclusion, j’aimerais souligner que nos informations se basent sur les données objectives et fiables des différents moyens techniques russes, à la différence des accusations sans fondement portées à notre encontre. J’en veux pour exemple la diffusion dans les médias des images montrant le transport sur une plate-forme d’un lanceur « Bouk-M1 » depuis le territoire ukrainien vers la Russie. C’est une manipulation évidente des faits.

Les clichés ont été réalisés dans la ville de Krasnoarmeïsk, comme le confirme le panneau publicitaire au bord de la route, où est indiquée l’adresse d’un concessionnaire automobile : 34, rue Dnepropetrovskaïa. Quant à Krasnoarmeïsk, depuis le 11 mai il se trouve lui-même sous le contrôle de l’armée ukrainienne.

De ce fait, nous avons une série de questions. De quel lanceur s’agit-il ? Où le transportait-on ? Où se trouve-t-il maintenant ? Pourquoi est-il chargé d’un ensemble de missiles incomplet ? Quand a-t-il été utilisé pour la dernière fois ?

Je terminerai mon intervention en soulignant que la Fédération de Russie n’a fourni aux rebelles ni de systèmes de missiles sol-air « Bouk-M4 », ni d’autres types d’armes ou de matériels militaires.

Les documents préparés par le Ministère de la Défense de Russie seront transmis aujourd’hui aux experts des pays européens et de la Malaisie. J’espère qu’ils pourront aider à conduire une enquête objective sur la tragédie survenue le 17 juillet dans le ciel de Donetsk.

Le Ministère de la Défense continuera à communiquer les informations concernant les nouveaux faits qui seront identifiés en relation avec la catastrophe aérienne du Boeing 777 malaisien.

Traduit en équipe pour le site www.les-crises.fr

Source vo ; Source vidéoSource Photos

Les 10 questions de l’armée russe

Le vice-ministre russe de la Défense Anatoli Antonov a formulé dix questions “simples” auxquelles Moscou attend des réponses de la part de Kiev et sur lesquelles les médias occidentaux gardent le silence :

1- Immédiatement après la tragédie, les autorités ukrainiennes en ont tout naturellement attribué la responsabilité aux forces d’autodéfense [des fédéralistes]. Sur quoi fondent-elles ces accusations ?

2- Kiev peut-il fournir tous les détails sur l’utilisation des lanceurs de missiles Bouk [un système de défense antiaérienne composé de missiles sol-air couplés avec un module complexe de radar permettant de suivre plusieurs cibles aériennes en même temps] dans la zone des hostilités ? Et – ce qui est essentiel – pourquoi a-t-il déployé ces systèmes [de défense antiaérienne] alors que les insurgés n’ont pas d’avions ?

3- Pourquoi les autorités ukrainiennes ne font rien pour mettre en place une commission internationale ?

4- Les forces armées ukrainiennes accepteraient-elles que des enquêteurs internationaux dressent un inventaire de leurs missiles air-air et sol-air, y compris de ceux qui ont été utilisées ?

5- La commission internationale aura-t-elle accès aux données sur les mouvements des avions de guerre ukrainiens correspondant au jour de la tragédie ?

6- Pourquoi les contrôleurs aériens ukrainiens ont-ils autorisé l’avion à s’écarter de la route utilisée normalement vers le nord et à s’approcher de la dénommée « zone de l’opération antiterroriste » ?

7- Pourquoi l’espace aérien sur la zone de guerre n’avait-il pas été fermé aux vols civils alors que cette zone n’était même pas entièrement couverte par les radars des systèmes de navigation ?

8- Que peut dire officiellement Kiev sur les commentaires postés sur les réseaux sociaux par un contrôleur aérien espagnol travaillant en Ukraine sur la présence de 2 avions militaires ukrainiens qui auraient volé aux côtés du Boeing 777 sur le territoire de l’Ukraine ?

9- Pourquoi le Service de sécurité d’Ukraine [SBU] a-t-il commencé à travailler sur les enregistrements des communications entre les contrôleurs aériens ukrainiens et l’équipage du Boeing ainsi que sur les systèmes de stockage de données des radars ukrainiens sans attendre la participation d’enquêteurs internationaux ?

10- Quelles leçons l’Ukraine a-t-elle tirées de l’incident similaire survenu en 2001, lorsqu’un avion russe [de ligne] Tu-154 s’était écrasé en mer Noire ? À l’époque, les autorités ukrainiennes avaient nié toute implication des forces armées ukrainiennes jusqu’au moment où une évidence irréfutable avait démontré officiellement la responsabilité de Kiev.

Washington ignorera les questions de l’armée russe

WASHINGTON, 22 juillet – RIA Novosti

Le département d’Etat américain n’envisage pas de répondre aux questions de l’Etat-major de l’armée russe relatives au crash du Boeing 777 malaisien dans l’est de l’Ukraine, a annoncé lundi aux journalistes la porte-parole de la diplomatie US Mary Harf.

Selon cette dernière, les déclarations publiques de la partie russe ne méritent aucune confiance, Moscou étant impliqué “dans la propagande et la désinformation”.

Selon la diplomate américaine, les Etats-Unis restent fidèles à leur position selon laquelle les insurgés ukrainiens “possèdent un missile sol-air SA-11 (Bouk), le tir ayant été effectué depuis le territoire contrôlé par les séparatistes”, a indiqué la diplomate.

Elle a de nouveau accusé la Russie de livrer aux insurgés de l’est de l’Ukraine des armements, y compris des systèmes de DCA, précisant que d’après les informations du département d’Etat, les insurgés avaient reçu le missile en question le 14 juillet au plus tard.

L’Etat-major russe a publié lundi ses données sur le crash du Boeing. Selon lui, l’avion a dévié de l’itinéraire initialement prévu et une activité excessive des radars ukrainiens a été constatée près de la zone de la catastrophe. Par ailleurs, selon l’armée russe, un avion de combat ukrainien évoluait dans le couloir aérien réservé aux vols de l’aviation civile peu de temps avant le crash du Boeing malaisien.

 

 

Tag(s) : #Europe
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