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TEXTE REPRIS SUR

EL DIABLO

 

 

Trois remarques de Nicolas Marchand

(membre du Conseil national du PCF)

après l'intervention de Jean-Luc Mélenchon

devant les animateurs des sections du PCF

L’intervention de Jean-Luc Mélenchon, samedi 28 janvier 2012, lorsqu’il a été invité à saluer l’assemblée des animateurs de section du PCF, devrait attirer l’attention des communistes sur plusieurs points.

 

1) Jean-Luc Mélenchon a commencé son intervention d’une façon qui a surpris et choqué de nombreux camarades : en saluant Pierre Laurent en tant que... président du PGE-(Parti de la Gauche Européenne) ! Sans faire aucune référence à ses responsabilités de secrétaire national du PCF et de président du comité de campagne. Invité à s’exprimer dans une réunion du PCF, il avait donc choisi de ne pas s’adresser au PCF et à son secrétaire national es-qualité, et de placer le rassemblement électoral actuel dans une perspective allant bien au-delà de l’élection présidentielle, a-t-il tenu à souligner, de structuration d’une nouvelle force en formation. Le tout avec des références appuyées à Die Linke. Comme il a tenu à le signaler, il a de l’esprit de suite. On s’en doutait.

2) Sur le contenu de la campagne, Jean-Luc Mélenchon avait l’occasion de valoriser l’apport de propositions du PCF au programme partagé et de nous montrer qu’il s’en faisait le porte-parole. On a plutôt eu droit, après une curieuse distinction entre crise du capitalisme et crise du productivisme (! !), à une promotion sélective et problématique des propositions du programme partagé, au détriment de sa cohérence, sous notre influence, sur les objectifs sociaux, les moyens financiers et les pouvoirs.

Ainsi, au bout d’un discours radical sur la propriété, on débouche non pas sur la proposition de nationalisations et de pôles publics (mots non prononcés samedi), mais sur… la promotion des coopératives ! (en écoutant depuis, le discours de Besançon, prononcé quelques jours avant, j’ai constaté que le mot nationalisation n’y était prononcé qu’en négatif, pour dire que ce n’était pas la solution à tout ! et pour introduire un long développement sur… les coopératives et la réquisition des entreprises !).

La finance est fortement stigmatisée, mais rien n’est dit sur le plus important : le crédit des banques et de la BCE. Le mot crédit, le sigle BCE n’ont pas été ne serait-ce qu’évoqués. Un nouveau crédit sélectif pour favoriser l’emploi, la formation, les services publics, la proposition de Fonds européen de développement social : inconnu-e-s au bataillon du discours de samedi, et semble-t-il des discours de campagne du candidat.

Pas plus que la question de l’emploi et les propositions emblématiques de sécurisation de l’emploi et de la formation, ou de sécurité sociale professionnelle.

On a le droit d’attendre mieux, plus de respect du programme partagé dans lequel ces propositions figurent, et aussi plus de respect à l’égard des militants communistes et de leur parti.

3) Enfin, l’intervention de Jean-Luc Mélenchon pose des problèmes sérieux sur la manière de traiter la question du PS, du programme de Hollande, sur le 2ème tour et les suites.

Le PS et son candidat sont traités comme l’adversaire principal ; il n’a d’ailleurs quasiment pas été question de Sarkozy dans le discours. Par contre, il y a, à tout bout de champ, des flèches contre Hollande, plutôt que le débat sérieux sur ses contradictions. Mais, par exemple, comment traiter sa contradiction sur la finance, sans parler de la BCE, de l’euro, des nationalisations et du crédit !!!

Sur le 2ème tour et les suites de l’élection, Mélenchon développe une ligne gauchiste : ainsi sur le 2ème tour, il refuse de s’engager clairement, et va jusqu’à dire cette phrase qui est quasiment un appel à ne pas voter Hollande au 2èeme tour : « pas question d’appeler à voter contre la retraite à 60 ans ».

Il y a aussi l’engagement insistant de Mélenchon de ne pas participer au gouvernement, tout en mettant ses partenaires, singulièrement le PCF, au pied du mur. S’agirait-il de se préparer à stigmatiser sa trahison ou sa faiblesse, si les communistes décidaient d’une autre attitude ? (à ce propos je précise mon point de vue : même si les données actuelles me paraissent pencher plutôt pour une option de non-participation, je trouve erroné de répondre à cette question de façon anticipée, sans la prise en compte précise de toutes les données politiques, et en se privant du levier de mobilisation que constitue la possibilité de faire bouger la situation).

I l y a deux dangers :

Dans un contexte de rejet très fort de Sarkozy, cette ligne peut se retourner contre le vote Front de gauche en accréditant l’idée que ce vote sert la droite en affaiblissant celui qui peut la battre. Les législatives sont aussi concernées.

Ce discours antisocialiste de Mélenchon est un discours de division des communistes : il flatte notre lucidité (plus ancienne que la sienne) sur le PS, mais aussi, chez une partie des communistes, l’illusion ancienne et persistante, qu’on pourrait se passer d’une politique d’union avec le PS. Il peut donc gravement nous diviser le moment venu. Il vise peut-être à cela dans l’intention de nous affaiblir quand il chercherait à transformer le Front de gauche en un parti dans lequel le PCF serait voué à se diluer.

Source: « faire vivre le PCF » 

 

Tag(s) : #Politique française
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