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Direct soir  est distribué chaque soir, gratuitement, aux passants. Son patron, Vincent Bolloré, possède également, mais a moitié seulement, avec le Monde, Direct matin. Il est aussi propriétaire d’une chaîne de télé, Direct 8, sans parler de l’essentiel, les activités portuaires dans nombre de pays de l’Afrique francophone.

Vincent Bolloré est l’ami intime de Nicolas Sarkozy, dont il défend la politique et à qui, il prête occasionnellement son superbe yacht.

Donc, Vincent mit l’âme du CAC 40, Alain Minc, à contribution. Alain fut longtemps ‘président du conseil de surveillance’ du Monde et reste le résumé concentré du gotha des affaires, tant il cumule de postes aux conseils d’administration des plus grandes entreprises. Aussi, chargé par Vincent de rédiger l’édito de Direct soir du 27 octobre, Alain Minc sonne la charge contre tous ces parlementaires qui osent s’élever des objections à la suppression de la taxe professionnelle :

«Plus sensibles à leurs réflexes d’élus locaux qu’à leur devoir de représentants de l’intérêt général, les parlementaires mènent une telle bataille d’arrière-garde que le gouvernement sera peut-être obligé de recourir à l’arme atomique du ’49-3’ pour faire voter un texte de simple bon sens ».

 

Car pour Alain Minc, Vincent Bolloré et leur ami Nicolas, « l’intérêt général », c’est tout simplement l’intérêt des patrons. Pas celui de la population.

Mais Minc ne s’arrête pas en si bon chemin. Il s’en prend aux élus qui font la fine bouche, face à la réforme territoriale lancée par le Président :

« Chacun s’accorde de même à penser que le ‘mille-feuilles’ territorial handicape l’efficacité de la ‘maison France’ et qu’il faut renforcer les collectivités porteuses d’avenir dans la compétition internationale, c’est-à-dire les régions et les métropoles ».

 

La véhémence du propos montre bien que ce grand patron considère la France comme son entreprise et « l’Europe des Régions » comme le Pays de Cocagne du Business.

 Quand, dans le métro, le train ou le bus, un pauvre quidam lit Direct soir (ou Direct matin), ce lecteur doit savoir que ce journal gratuit (pas dans ses intentions), résume l’opinion des patrons qui l’exploitent à longueur de journée.

Il fait partie de ceux qui, selon le ‘billet’ de Jean-Marc Morandini, dans le même Direct soir, « vivent avec la pression et la peur au ventre, chaque matin, lorsqu’ils vont travailler ». Le chroniqueur télé évoque ainsi l’émission ‘La mise à mort au travail’, diffusée la veille, sur la 3, qui a constitué, pour lui,  « un véritable coup de poing ».

C’est bien dans les entreprises des sieurs Bolloré, Minc et Cie que les salariés sont ‘mis à mort’.  

L’avenir journalistique de Jean-Marc Morandini peut poser problème si Alain Minc prend le temps de lire la conclusion de l’article :

« Le seul problème, c’est qu’au-delà de ce constat, on ne voit pas bien comment les choses pourraient changer, car la pression des dirigeants et des actionnaires est si forte que le mot ‘humain’ ne fait plus partie du langage des entreprises. ».

 

 

Tag(s) : #Pages d"écriture
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