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Petroplus
suspend
trois raffineries

 

La raffinerie du Cressier, en Suisse,
le 27 décembre 2011.
(© AFP Fabrice Coffrini)

Le groupe suisse Petroplus, en proie à de graves difficultés financières, a annoncé vendredi l'arrêt provisoire de trois de ses cinq raffineries européennes (la française Petit-Couronne, la belge Anvers et la suisse Cressier), faute de liquidités pour acheter du pétrole.

Le raffineur a indiqué dans un communiqué que les négociations engagées avec ses banques allaient se poursuivre dans les prochains jours, après une première série d'entretiens jugés "ouverts et constructifs".

L'objectif de ces discussions est de débloquer l'argent nécessaire au fonctionnement du groupe, qui s'est vu refuser l'accès à une ligne de crédit de 1 milliard de dollars octroyée par 13 banques internationales.

Suite à ce refus, annoncé le 27 décembre, l'action Petroplus a dégringolé à la Bourse suisse, les agences ont abaissé la note du groupe et de vives inquiétudes se sont manifestées quant à ses chances de survie.

Dans son communiqué, Petroplus a souligné que le redémarrage des raffineries arrêtées "dépendra de la disponibilité du crédit et des conditions économiques" en Europe.

Inquiétude des syndicats

"Cela sous-entend qu'il a trouvé les moyens d'acheter du brut pour les deux autres, Coryton en Grande-Bretagne et Ingolstadt en Allemagne", a analysé pour l'AFP Yvon Scornet, délégué CGT à Petit-Couronne.

"On ne sait toujours pas à quelle sauce on va être mangés, si on ferme ou si on va être maintenus", a affirmé M. Scornet. "Pour l'instant, on ne bouge pas, on continue le mouvement de blocage des produits finis qui nous servent de monnaie d'échange éventuelle", a-t-il ajouté.

Les salariés français ont obtenu que leurs salaires de décembre soient payés alors que cette question inquiétait nombre d'employés. "On s'est battus jusqu'à tard hier", a assuré Nicolas Vincent, lui aussi de la CGT.

Avec ses 2.500 salariés, Petroplus se présente comme le plus grand raffineur pétrolier indépendant du continent. Le groupe n'exerce que dans le raffinage, à la différence des grandes compagnies comme Shell, Exxon ou Total, présentes sur toute la chaîne pétrolière. Ses cinq usines représentent une capacité de traitement de 667.000 barils par jour.

Les trois banques françaises faisant partie du consortium se sont déclarées prêtes à financer le groupe suisse à condition que les autres banques suivent.

Petroplus, qui s'était développé à toute allure dans le raffinage ces dernières années en reprenant les installations de Shell ou BP, avait déjà fermé fin juin son site de Reichstett (France), qui employait 250 personnes.

A la Bourse suisse, l'action Petroplus était en hausse vendredi de plus de 7% à 16H30, à 1,76 franc suisse, après trois jours de baisse, qui lui ont fait perdre plus de la moitié de sa valeur.

(AFP)

 

Tag(s) : #Economie
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