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Des millions d’Égyptiens dans les rues 

  

Chronique de l'Égypte

 

Par Chérif BOUDELAL

 

- samedi 29 janvier 2011

 

(Contact : immigrationstorys@yahoo.fr)

  

  

On a appris ce matin par les correspondants d’Aljazeera interposés que le Vendredi de la colère en Égypte a connu un carnage : il y aurait plusieurs centaines de morts et plus de 2000 blessés !

   

Il y aurait donc des centaines de morts et plus de 2000 blessés pour la seule journée de vendredi 28 janvier en Égypte selon le correspondant d’Aljazeera, sans être sûr toutefois du nombre exact. Les corps de 30 victimes ont été vus par des témoins dans une pompe funèbre d’Alexandrie. Il y a eu 17 morts à Suez et un mort annoncé à El-Arich, mais les morts inconnus peuvent se compter par centaines. Des personnels des hôpitaux parlent du manque de places pour recevoir les victimes, comme ils sont en manque de sang pour les blessés. Aujourd’hui, au Caire, des manifestants ont encerclé le ministère de l’intérieur, la police a tiré sur la foule faisant trois morts et plusieurs blessés.

Plusieurs dizaines d’autres victimes seraient tombées sous les balles de la police dans plusieurs villes du pays. Les services de police, quant à eux donne le nombre de 62 morts ; visiblement il y a une grande différence dans les estimations.

Aujourd’hui même, plusieurs morts ont été enregistrées.

 

Les Égyptiens sont encore plus en colères après le discours d’hier du président-roi décrypte, Hosni Moubarak. Alors que le peuple attendait l’annonce de son départ, il a entendu un discours aussi arrogant qu’avant, et les mêmes promesses habituelles qui n’ont jamais été tenues.

       

        Après avoir vanté la « démocratie » dont jouit le peuple égyptien, Moubarak a promis « plus de démocratie encore », avant de s’est attaqué aux « destructeurs manipulés par des gens qui tirent les ficelles » - en faisant allusion aux frères musulmans, sans pour autant les nommer, et ce avant d’annoncer la dissolution de son gouvernement.

 

En annonçant la dissolution de son gouvernement, Moubarak se dégage de toutes responsabilités de ce que son régime a commis comme crimes et oppressions depuis trente ans contre son peuple. Les familles s’inquiètent de l’avenir, voire de la vie de leurs enfants, en pensant que Moubarak ne lâchera pas le pouvoir avant de commettre un bain de sang dont personne ne connaît le nombre de ses prochaines victimes.

 

Après avoir commis un carnage dans plusieurs villes Égypte, la police s’est retirée complètement des villes, y compris les agents de circulation, laissant la place à l’armé. Les jeunes manifestants ont assuré, tant bien que mal l’ordre et la circulation. Nous avons vu plusieurs véhicules de l’armée brulaient, des casses et du vol des biens publics et privés dans plusieurs villes. Des habitants affirment avoir reconnu des policiers en civil et des membres du parti au pouvoir commettre de tels actes pour donner une mauvaise image des manifestants et monter l’opinion contre eux.

Mais il parait que c’est trop tard : le peuple égyptien ne veut pas qu’on lui vole la victoire.

 

A l’instar des Tunisiens, les opposants égyptiens exigent non seulement le départ de Moubarak et de sa clique au gouvernement, mais le changement radical du régime lui-même. Ils prévoient la formation d’un gouvernement du salut national qui procèdera au changement de la constitution qui garantira une réelle démocratie permettant de gouverner le pays en alternance ; ce gouvernement procèdera ensuite à des élections législatives suivies des élections présidentielles.

 

Les dernières nouvelles

Ce samedi 2011, nous avons appris par Aljazeera que Hosni Moubarak a nommé son chef de renseignements, Omar Souliman, comme son vice-président, alors que ce poste était interdit depuis ses trente ans de pouvoir. Comme il a chargé Ahmed Shafik de former un nouveau gouvernement, et ce après avoir dissout l’ancien hier. Nous avons appris également que ses deux fils (les princes supposés héritiers), Ala Eddine et Djamal Moubarak et leurs familles ont pris la fuite, et seraient arrivés à Londres dans l’après-midi de ce samedi 29 janvier 2011.

 

Ce scénario ressemble comme deux pommes au procédé mené par Ben Ali il y un mois et demi. D’ores et déjà, son ami Abdellah ben Abdelaziz, le roi de l’Arabie Saoudite, lui exprime sa solidarité ; et sans doute demain il lui offrira l’hospitalité.

Moubarak lâché par ses amis

 

A l’instar de ben Ali, Moubarak est lâché par ses amis d’hier, les USA et les pays membres de l’UE, qui commencent à le menacer, en montrant plutôt leur « amitié » au peuple égyptien, et ce après avoir soutenu ses tortionnaires pendant quarante ans !

Nous disons aux dirigeants des ces pays ceci : si vous êtes sincère, la première des choses que vous devriez faire pour gagner l’amitié du peuple égyptien, c’est d’abord de geler les avoirs de la famille Moubarak et de son entourage qui regorgent vos banques, afin de les rendre plus tard à l’Etat égyptien.

Ensuite vous respectez le choix du peuple égyptien, sans vous immiscez de ses affaires intérieures ; et vous devriez faire la même chose vis-à-vis du peuple tunisien et des autres peuples arabes qui vont suivre leur exemple.

 

Il suffit de respecter ces peuples et traiter avec eux sur le même pied d’égalité pour gagner leur amitié. En choisissant cette politique, vous serez gagnants sur tous les plans. Mieux vaux avoir des amis que des ennemis, car les régimes et les tyrans disparaissent, mais les peuples restent. A vous d’épargner vos peuples des hostilités des peuples du tiers monde, et en même temps vous conserverez vos intérêts, vos échanges commerciaux et économiques avec eux. Adaptez-vous à l’évolution de ce monde, car la force ne réside plus dans la puissance des armes mais dans l’intelligence ; elle réside dans la capacité de savoir gagner l’amitié des autres et garantir la paix ainsi que la sécurité à vos peuples.

Vive le peuple égyptien libre.

 

Tag(s) : #Contre l'impérialisme
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