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En Italie, une motion de censure

rejetée contre un ministre de Berlusconi

Silvio Berlusconi, le 28 juillet.
 
Le Parlement italien a rejeté comme prévu, mercredi 4 août, une motion de censure à l'encontre d'un ministre proche de Silvio Berlusconi, le sous-secrétaire à la justice Giacomo Caliendo. Celui-ci était accusé par l'opposition de gauche d'appartenir à une organisation secrète, la P3, qui cherchait à influencer les nominations dans les hautes sphères. La motion a été rejetée par 299 voix contre 229, avec 75 abstentions

Le rejet a été possible grâce à l'abstention des dissidents de droite emmenés par Gianfranco Fini. Ces 33 députés ont claqué la porte du PDL (Peuple de la liberté) de M. Berlusconi pour former Futur et liberté pour l'Italie. S'ils ont décidé d'appliquer une trêve dans leur défiance envers le chef du gouvernement italien en s'abstenant, ils n'ont pas moins lancé un avertissement au gouvernement et sa coalition. Leur départ du parti au pouvoir a entériné la rupture spectaculaire fin juillet entre MM. Fini et Berlusconi après seize ans d'alliance, et privé le chef du gouvernement de sa majorité absolue à la Chambre des députés.

 

ÉLECTIONS ANTICIPÉES

 

Preuve de ce nouveau rapport de force, Silvio Berlusconi n'a pas échangé le moindre regard avec son ancien allié au cours du vote. Cette première passe d'arme entre les deux hommes laisse entrevoir une difficile cohabitation. Des proches de Berlusconi ont d'ores et déjà prôné l'organisation d'élections anticipées dès l'automne afin de clarifier la situation. Selon des confidences rapportées par les médias italiens, Silvio Berlusconi lui-même se serait dit, lors d'un dîner avec des députées du PDL, prêt à retourner aux urnes deux ans après son élection comme chef du gouvernement.

La Ligue du Nord, parti populiste désormais indispensable pour Berlusconi après la défection des "Finiens", a envoyé des signaux similaires. Des élections à l'automne ne peuvent "pas être exclues face à une grave crise politique qui ne permettrait pas d'autre alternative", a déclaré l'un de ses responsables, le ministre de l'intérieur, Roberto Maroni, au journal Corriere della Sera.

 

UNE MARGE DE MANŒUVRE RÉDUITE

 

Selon Sergio Romano, ancien ambassadeur et éditorialiste au Corriere, c'est néanmoins le statu quo qui risque de prévaloir, au moins dans un premier temps. "Maintenant que tout le monde se retrouve au bord du précipice, la tendance sera probablement de faire baisser la tension. Personne n'a intérêt à des élections dans l'immédiat", explique-t-il, en notant que la Ligue pourrait voir s'évanouir son rêve de fédéralisme fiscal (maintenir dans les régions prospères du Nord les impôts qu'elles génèrent).

Ugo Magri, commentateur pour La Stampa, est également convaincu que le règlement de comptes final entre Silvio Berlusconi et Gianfranco Fini est reporté et parle d'un "automne décisif" au cours duquel soit Berlusconi réussira à "relancer le programme gouvernemental ou bien on ira vers des élections avant la fin de l'année".

Les observateurs s'accordent tous pour pointer la marge de manœuvre très réduite du présidednt du Conseil : les "Finiens" entendent soutenir le gouvernement sur les projets conformes à la plate-forme électorale d'avril 2008, mais veulent négocier au cas par cas sur tout le reste. Le mois d'août s'annonce chargé pour le Cavaliere, qui doit remettre en ordre de marche son parti, le PDL, et s'employer à resserrer des liens distendus avec son ministre de l'économie, Giulio Tremonti. Son nom circule en effet pour prendre la tête d'un gouvernement de transition en cas de chute de l'exécutif Berlusconi.

 

LE POINT DE VUE

de  'canempechepasnicolas':

 

Nos médias réduisent le conflit interne à la droite italienne aux seules ambitions personnelles des deux leaders, hier alliés, aujourd'hui "ennemis". En fait, la stratégie - et les intérêts - du grand patronat et des PME ne coïncident pas sur le long terme. Le capital et ses multinationales souhaitent un climat de "calme" politique, garanti par une large coalition "à l'européenne", et mis en cause par la personnalité de Berlusconi. Par contre, les PME du nord de l'Italie, nombreuses et florissantes, toutes largement exportatrices, soutiennent le chef du gouvernement et la Ligue du Nord. 

En France, le néo-fascite Gianfranco Fini est reconnu comme un homme politique "responsable", rallié à la démocratie. Sa participation éventuelle à une coalition avec les "démocrates" (les ex-communistes),  et les héritiers de la démocratie chrétienne, est envisagée comme une solution "présentable" et fiable, du point de vue européen.

Mais cette situation ne semble pas se limiter à l'Italie.

Dans notre pays aussi, la droite, et surtout ses "donneurs d'ordre", ne songent-ils pas eux aussi, à "changer aussi de cavalier" dans la mesure où Nicolas Sarkozy est démonnaitisé dans l'opinion ?

  

 

 

 

Tag(s) : #international
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