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Cancun : unité et lutte idéologique
par
Ángel Guerra Cabrera

La Jornada (Mexique)

traduit par Danielle Bleitrach

La constitution dans la Rivera Maya (Cancún), au Mexique, de la Communauté d’États de l’Amérique latine et des Caraïbes (CALC)  mérite largement la  dimension d’évenement de transcendance historique que lui a attribuée le président de  Cuba, Raúl Castro.
Le discours tenu à cette occasion par Raúl, mérite certainement d’être étudié pour sa trame conceptuelle, son contenu  solidaire et humaniste et son réalisme politique.

Il y a  un peu plus d’un an  avant Cancún, le premier pas vers cet objectif avait été franchi  dans la Déclaration de la Côte de Sahuipe, au Brésil, où, convoqué par le président Luiz Inacio Lula da Silva, les 33 pays latino-américains et caribéens s’étaient réunis pour la première fois  sans la présence des États-Unis et du Canada au Sommet de l’Amérique latine et des Caraïbes sur l’Intégration et le Développement.

 


Avec la décision adoptée au Mexique  par  le Sommet de l’Unité de l’Amérique latine et des Caraïbes qui réunit la CALC et le Groupe du Río, un corps institutionnel commence à prendre forme, celui du projet d’unité de Simón Bolívar et José Martí conçu il y a deux siècles.

Qui aurait imaginé que nous allions vers un tel enfantement il y a un peu moins de 11 ans , quand Hugo Chávez a assumé la présidence du  Venezuela, lui qui  tant fait pour que se réalise l’idéal bolivarien.
Jusqu’alors, c’était Cuba dans sa solitude de pays soumis par l’Empire à un blocus renforcé,  et aux dures pénuries  matérielles, qui restait attachée à cette utopie des pères libérateurs et c’était sur les épaules des Cubains que pesait la lutte pour l’égalité, la justice, la fraternité et la solidarité entre les êtres humains résumée dans le mot le socialisme.


La création de cette organisation est une nécessité impérative pour la concertation politique, la coopération et l’intégration de l’ Amérique latine dirigée dans l’indépendance et dans l’Union ce que  l’OEA ne peut pas apporter mais seulement des obstacles, dominée comme elle l’a été, depuis sa fondation en 1948, à la politique extérieure agressive et  l’ingérence des États-Unis.
L’OEA a donné depuis lors l’investiture d’une manière ouverte à toutes les dictatures militaires et à toutes les interventions armées instrumentalisées par Washington contre l’Amérique latine. Si dans dernières années elle  n’a pas pu agir avec la même impudence c’est parce que le nouvel équilibre des dorces dans la région l’en a empêché.  En tout et pour tout, elle n’a pas été capable d’aider à démonter un seul conflit créé par les États-Unis avec ses voisins, comme son inaction le démontre faceà  l’agression yankee – uribiste contre l’Équateur ou en face de la tentative de coup d’Etat contre Evo Morales ou la partialité de son secrétaire général envers le Département d’État des USA dans tout ce qui a eu trait au coup d’État au Honduras.
Cette caractère contraire a été très bien illustrée par Evo dans son  mémorable discours à Coyoacán, une ville du Mexique, ou il a dit que quand les États-Unis étaient présents il était impossible de  garantir avec paix et une justice sociale la démocratie. Evo et Chávez ont aussi souligné l’importance de lier la diplomatie avec la lutte de masses, puisqu’il n’est pas sans cette dernière de possibilité de  construire l’unité du sommet.


Bien que le pas fait par les gouvernements latino-américains inspire un optimisme justifié, il ne serait pas prudent d’ignorer que la nouvelle organisation devfra être construite dans une dure lutte  idéologique avec les gouvernements de droite de l’Amérique latine et que ses promoteurs seront soumis aux provocations des États-Unis, comme la charge grossière d’Uribe contre Chávez à Rivera Maya, defini d’une manière fulgurante  par Evo comme une tentative de sabotage au sommet d’un agent de l’Empire. Et de plus, quand l’on voit que les gouvernements populaires devront travailler dans un groupe de Rio présidé par Sebastián Piñera un pur produit du pinochetisme.


Cependant, ce qui est très encourageant, est le fait que l’on ait attribué au Venezuela la responsabilité d’organiser en juillet 2011 le prochain sommet et d’élaborer les documents de la nouvelle organisation, qui doivent être prêts et adoptés à cette date : une proposition de statuts, des autorités, budget et plan d’action.

Les gouvernements progressistes ont choisi la lutte idéologique comme le moyen fondamental pour avancer dans la structuration de l’unité latino-américaine et les décisions prises au Mexique le confirment.
Une preuve en sont les forts appui à la demande argentine sur les Malouines, la condamnation du blocus de Cuba et, naturellement, la déclaration de CacunPrueba de ello son los contundentes pronunciamientos de apoyo al reclamo argentino sobre las Malvinas, de condena al bloqueo de Cuba y, por supuesto, la Declaración de Cancún.
On sent concrètement le changement d’époque dont  l’Equatorien Raphaël Correa a parlé.

aguerra_123@yahoo.com.mx

http://www.jornada.unam.mx/2010/02/25/index.php?section=opinion&article=022a1mun

Tag(s) : #Contre l'impérialisme
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