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Le Président islandais
démasque le caractère antidémocratique de l’UE
par William A. M. Buckler

A vrai dire l’Islande ne fait pas encore partie de l’Union européenne. Certes elle souhaite y entrer, mais une bagatelle, la crise bancaire de septembre/octobre 2008 a retardé son adhésion, qui maintenant est mise en un péril encore plus grand par la décision du président de donner à son peuple le droit de décider directement si et comment son système bancaire effondré doit être soutenu financièrement.

Déclaration du président islandais,
Ólafur Ragnar Grímsson

L’effondrement de nos banques et les difficultés engendrées par la crise économique mondiale ont été à l’origine de graves problèmes. Bien que l’Etat islandais ait pris divers engagements plus importants que ceux qu’il a dans l’affaire Icesave, c’est sur ce cas que s’est focalisé le débat sur la manière de répondre aux défis légués par le passé et d’aborder l’avenir.
L’Althing [Parlement islandais] vient de voter une nouvelle loi à ce sujet. Cette dernière amende la loi en vigueur n° 96/2009, votée par l’Althing le 28 août dernier et basée sur des accords conclus avec le Royaume-Uni et les Pays-Bas.
Le Président a validé cette décision le 2 septembre, en renvoyant à un traitement spécial.

Après le vote de la nouvelle loi à l’Althing, le 30 décembre, le Président a reçu une pétition signée par environ un quart des électeurs et réclamant que la loi soit soumise à référendum. Cela représente une fraction de l’électorat beaucoup plus élevée que celle sur laquelle se fondent les déclarations et propositions des partis.
Des sondages d’opinion indiquent qu’une majorité écrasante de la population partage cette manière de voir. En outre des déclarations faites à l’Althing et des appels que le Président a reçu de membres du Parlement à titre individuel montrent que la majorité de ces membres est en faveur de ce référendum.

Depuis le vote de la nouvelle loi à l’Althing, le Président a eu des discussions circonstanciées avec des ministres de son gouvernement: le Premier Ministre, le Ministre des Finances, ainsi que ceux des Affaires étrangères et de l’Economie.

En République d’Islande le peuple est le juge suprême de la validité d’une loi, c’est le fondement même de la Constitution islandaise
. Cette Constitution, promulguée en 1944 et adoptée par voie référendaire avec 90% des suffrages, a remis aux mains du peuple le pouvoir exercé autrefois par le roi et l’Althing. La responsabilité de veiller à ce que le peuple puisse faire usage de ce droit incombe donc au Président.

En cet instant crucial, il est également important de souligner que le redressement de l’économie islandaise est une urgence vitale. Il est hors de doute que des accords avec d’autres pays et une collaboration avec les organisations internationales et autres parties prenantes sont indispensables à ce redressement. La solution du litige Icesave est un élément du bon déroulement de ce processus. Un autre prérequis est que le pays soit capable de retrouver dès que possible sa vigueur passée et de redémarrer en collaboration avec d’autres un programme de reconstruction assurant le bien et la prospérité du peuple islandais. La déclaration du Président en date du 2 septembre 2009 précisait que cette solution doit «prendre en compte les droits légitimes de la nation, ceux de l’Islande dans un proche avenir et un partage international des responsabilités
Il devient de plus en plus clair que le peuple doit avoir la certitude qu’il dé­cide lui-même de son avenir. L’implication de la nation tout entière dans la décision définitive est donc un prérequis pour une bonne solution, la réconciliation et le redressement du pays.
A la lumière de ce que j’ai dit plus haut, j’ai décidé conformément à l’article 26 de la Constitution de remettre cette nouvelle loi entre les mains du peuple. Ainsi qu’il est prévu par la Constitution, cette nouvelle loi entrera tout de même en vigueur et le référendum aura lieu «dès que possible».

Si cette loi est approuvée à l’issue du référendum, elle restera bien sûr en vigueur. S’il en va autrement, la loi 96/2009 acceptée par l’Althing le 28 août sur la base des accords avec les gouvernements hollandais et britannique reste en vigueur; elle reconnaît que le peuple islandais ne renie pas ses engagements. Cette loi a été approuvée par l’Althing avec la participation de quatre partis représentés au Parlement, ce que le Président a confirmé dans sa déclaration du 2 septembre.
Maintenant le pouvoir et la responsabilité sont entre les mains du peuple.
Je souhaite bien sincèrement que sa décision apporte au peuple islandais une réconciliation et une prospérité durables et en même temps jette les bases de relations cordiales avec les autres nations.

Fait le 5 janvier 2010 à Bessastaðir,
Ólafur Ragnar Grímsson

(Traduction Horizons et débats)

Tag(s) : #Europe
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