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ETATS-UNIS :

des centaines de détenus

dans les prisons de Californie,

en grève de la faim

Ils veulent être traités comme des êtres humains

 

La Havane. 21 Juillet 2011 

 

ÉTATS-UNIS : DES PRISONNIERS EN GRÈVE DE LA FAIM
 

Nous voulons être traités comme des êtres humains

 

DES centaines de détenus dans des prisons de Californie ont maintenu une grève de la faim pour protester contre l’isolement, les tortures et autres châtiments. Cependant, seuls un journal local, des médias alternatifs ou des blogs sur Internet ont divulgué l’information.

 

Le 1er juillet, 43 prisonniers enfermés dans le SHU (Security Housing Unit) ont entamé une grève de la faim à Pelican Bay, un établissement pénitentiaire d’État de haute sécurité, proche de la frontière avec l’Orégon. Le mouvement a gagné 12 prisons jusqu’à compter, le 4 juillet, plus de 6 600 détenus.

 

Une réalité que le Département des services correctionnels et de réadaptation de Californie (CDCR) a tenté de minimiser dans un premier temps. « La grève ne concerne qu’une vingtaine de prisonniers », a-t-il déclaré, mais peu après, ses propres statistiques l’ont contraint à reconnaître l’ampleur du mouvement.

 

Selon Isaac Ontiveros, porte-parole de la Coalition de solidarité avec la grève de la faim de Pelican Bay, le vendredi 15 juillet, le CDCR avait enfin accepté de négocier avec les dirigeants de la grève ; cependant, jusqu’à la clôture de cette édition, les autorités n’avaient rien proposé de concret.

 

Sur ce sujet, pas de grands titres, ni pour le moins, de condamnation des médias d’un pays qui se pose en paladin des droits de l’Homme et qui, de ce fait, s’arroge le droit de fustiger les autres.

Les raisons pour lesquelles plus de 800 prisonniers sont disposés à en arriver jusqu’aux dernières conséquences sont hallucinantes. Un cri de souffrance s’élève de l’un des messages envoyés : « Nous voulons qu’on nous traite comme êtres humains, nous ne sommes pas animaux ! »

 

Pour cela, ils réclament l’élimination des châtiments collectifs, du confinement prolongé en cellule de châtiment, ou de l’isolement de certains prisonniers pour des périodes indéfinies de 10 à 40 ans ou plus.

Ils demandent également l’accès à la lumière du soleil et aux services de santé.

 

Molly Porzig, une porte-parole du groupe de solidarité avec la grève de la faim des prisonniers, a confirmé que les détenus protestent contre l’atmosphère de torture et d’inhumanité qui les entoure.

Un rapport dévoilé par des experts légaux en 2006 a mis en garde sur le fait que la réclusion en solitaire pour une période prolongée, comme celle qui se pratique dans les prisons nord-américaines, peut entraîner une « détérioration mentale».

 

C’est ce qui se passe au SHU, où le dénommé « trou » est considéré comme une prison à l’intérieur de la prison : L’espace de la cellule y est minimal, sans fenêtres, la lumière allumée en permanence, si bien que le détenu perd la notion du temps.

Si à ceci on ajoute d’autres éléments de torture, comme le froid, la chaleur, la nudité, le manque d’eau pour la toilette, ou le bruit, on comprendra mieux dans quelles conditions survivent les détenus dans ces unités de haute sécurité.

 

Jusqu’à 1968 dans les prisons nord-américaines, le « strap » – les coups de fouet – étaient monnaie courante, mais actuellement le SHU dont la construction s’est répandue dans la décennie des années 90 est le plus utilisé. On assure qu’aux États-Unis, un jour quelconque, on compte de 75 000 à plus de 100 000 prisonniers en cellule d’isolement.

À Pelican Bay, certains sont atteints de graves problèmes cardiaques, respiratoires et de déshydratation car les températures peuvent atteindre parfois les 43º.

 

Pendant ce temps, de nombreux proches des prisonniers se sont rassemblés aux alentours des prisons pour soutenir leurs revendications.

Des actions semblables se sont déroulées à San Francisco, Oakland, Seattle, Los Angeles, Harlem, Cleveland, à New York, ou au Canada, à Toronto, Ontario et Montréal.

Tous s’accordent à penser qu’aucun être humain ne mérite de traitement cruel et dégradant, comme le stipule la Déclaration des droits de l’Homme dans son article 5.

 

En attendant, Hugo Pinell a écrit depuis le SHU à la journaliste Kiilu Nyasha qu’« un transfert dans une prison normale serait merveilleux, étant donné que mes geôliers sont déterminés à me garder ici jusqu’à la mort ».

 

Pinell a été arrêté en 1964, alors qu’il avait 19 ans. Depuis 1986 il est incarcéré au SHU, à la prison de Pelican Bay, et il souhaite quelque chose d’aussi élémentaire que « d’avoir de nouveau des visites où le contact physique est autorisé», parce que « cela fait déjà trop longtemps que je n’ai pas touché ma maman ou un de mes êtres chers ».

 

http://www.granma.cu/frances/internationales/21julio-Nous%20voulons.html

 

 

TEXTE REPRIS SUR
LE BLOG DE JACQUES TOURTAUX
Tag(s) : #Libertés
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