Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Guerres impérialistes

et consentement populaire

 

Source (LE PETIT BLANQUISTE  18 mai 2011)

 

 

Durant ce dernier siècle et demi, chaque fois que l’Etat a engagé le pays et sa jeunesse dans des aventures militaires extérieures, la majorité du peuple français a soutenu de ses votes les politiciens qui en ont été les responsables.

La grande majorité de la population a cru au mensonge de la « mission civilisatrice » de la République destiné à justifier les guerres de conquête de nouveaux territoires en Afrique et en Asie.

Elle a choisi d’ignorer les crimes monstrueux de son armée.

Elle a applaudi à la constitution d’un empire colonial propre à faire vibrer sa fibre patriotique.

Elle s’est complu de l’exotisme de pacotille, et de ses connotations racistes, distillé au travers des expositions coloniales, du cinéma, de la chanson, de la publicité

 

 

Entre 1946 et 1962, quand les peuples colonisés se sont levés pour leur indépendance, la grande majorité de la population ne s’est pas opposée aux guerres impitoyables de son armée, notamment au Vietnam et en Algérie.

Plus récemment, la grande majorité de la population française a accepté la participation de la France aux coalitions militaires dirigées par les Etats-Unis, en Irak en 1990, et en Yougoslavie en 1999. [1]

 

Aujourd’hui encore, la grande majorité de la population n’est pas indignée outre mesure de la présence de troupes françaises en Afghanistan pour une mission ayant plus à voir avec le contrôle stratégique de la région et de ses ressources en pétrole qu’avec les raisons humanitaires affichées. [2 

 

Quant à la complaisance qui accompagne la décision de notre gouvernement de bombarder la Libye et d’appuyer les bandes armées d’un des prétendants au pouvoir en Côte d’Ivoire, elle est aussi scandaleuse que consternante.  

 

 

Évoquant l’hégémonie planétaire de son pays, l’historien américain Arno J. Meyer écrit :

« La plupart des Américains estiment qu’ils ont tout à gagner à conserver leur position dominante. Bien sûr, certaines couches sociales sont plus avantagées que d’autres. Mais, dans l’ensemble, l’empire leur profite sur les plans économique, culturel et psychologique ». [3]

 

Cette constatation vaudrait-elle également pour la majorité des Français ?

Expliquerait-elle leur indifférence voire leur soutien aux aventures impérialistes de leur pays, seul ou dans le cadre des coalitions occidentales ?

JPD

 

NOTES /

 

[1] Sans mandat de l’ONU, cette intervention de six semaines a vu l’Armée de l’air française engagée dans 20% des opérations et 12% des attaques aériennes (soit, au total, 16.000 missiles et roquettes sur près de 2.000 cibles). Cela n’a pas empêché Lionel Jospin, Premier ministre de l’époque, d’affirmer qu’il ne s’agissait pas d’une guerre, mais juste de « frappes menées au nom du droit ».

[2] Le Parlement n’été autorisé à se prononcer sur cet engagement qu’en septembre 2008, soit sept ans après le départ des premières troupes pour l’Afghanistan. François Fillon a défendu cette mise à l’écart du Parlement en alléguant qu’il ne s’agissait que d’une « opération de maintien de la paix qui n’avait rien à voir avec une déclaration de guerre ».

[3] Arno J. Meyer, professeur émérite d’Histoire à l’université de Princeton, Le Monde diplomatique, septembre 2008.

 

 

Tag(s) : #Contre l'impérialisme
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :