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Une semaine après la manifestation de Gap, qui a rassemblé 6 000 personnes samedi dernier, la CGT s'en prend vivement au préfet des Hautes-Alpes, Pierre Besnard, et lui adresse une lettre ouverte.

Dans ce courrier, la centrale syndicale dénonce la "récupération" par l'Etat et "les élus" en tête de cortège, du rassemblement "Je suis Charlie", qui faisait suite aux attentats de la semaine passée. Une vive altercation entre le préfet et un syndicaliste avait eu lieu pendant la marche, où Pierre Besnard, reprochait à certains syndicalistes de couvrir la Marseillaise par leurs slogans et d'être bruyants, pendant cette marche qui se voulait silencieuse. La CGT répond donc à travers ce courrier cinglant, vendredi 16 janvier 2015 :


Le courrier des syndicats:


"Lettre ouverte à M. Le Préfet des Hautes Alpes"


Gap, le 16 janvier 2014


Monsieur le Préfet,


Les organisations syndicales haut‐alpines rassemblées ont pris l’initiative d’organiser la   manifestation citoyenne du 10 janvier 2015 à Gap et ont appelé l’ensemble la population à y participer sur le mot d’ordre unique «Je suis Charlie ».


Cet initiative a permis de rassembler environ 6000 personnes.


Nous  avions eu, le vendredi 9 janvier, un contact  avec  votre cabinet concernant l’esprit et l’organisation de la manifestation puis, à nouveau, avec vous en personne avant le départ de la manifestation. Nous vous avions alors précisé  qu’il s’agissait  d’une manifestation  citoyenne sonorisée,  derrière  une  banderole «Nous sommes Charlie», tenue par des journalistes  locaux, sans drapeaux ni chasubles, et nous souhaitons que  les élus soient  avec  la population et en tête de manifestation. Cet organisation n'a alors donné lieu à aucun désaccord de votre part.


Pourtant,  dès  le départ, nous avons dû constater que  vous avez choisi, avec certains élus seins de leur écharpe tricolore, de passer outre et de vous imposer en tête de manifestation.


Vous  avez  fait  le choix  de  jouer la provocation tout au long de la manifestation, récusant les slogans et voulant imposer un défilé silencieux.


Il s’agit d’une récupération par l’Etat et les élus politiques d’une initiative qui se voulait citoyenne avant tout. C’est inadmissible.

 

En fin de manifestation, alors que nous avions prévu la lecture d’un texte unitaire, suivi d’une minute de silence et d’applaudissements, vous avez  décidé unilatéralement, avec certains élus, d’entamer la Marseillaise, ce qui est contraire à l’esprit de Charlie Hebdo, comme l’a souligné d’ailleurs le dessinateur Luz, et ne fut pas du goût de certains manifestants qui ont repris le slogan «Je suis Charlie ».


Nous considérons que votre attitude a visé à dénaturer ce mouvement de mobilisation citoyenne et pacifiste contre la barbarie, l’obscurantisme et pour la liberté d’expression. Nous la dénonçons et attendions, dans un tel contexte, une autre attitude la part du représentant de l’Etat, qui doit être garant des droits démocratiques.


Nous vous prions, Monsieur le Préfet, d’agréer l’expression de nos salutations.

Pire,  vous avez  proféré des menaces sur un responsable syndical qui animait la manifestation avec des slogans décidés par les organisateurs : «Nous sommes Charlie, je suis Charlie », repris d’ailleurs partout en France et dans le monde.

 

Union Départementale CGT 05, 

FSU 05, Union syndicale 

Solidaires 05."



source : dici.fr

 

Tag(s) : #Libertés
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