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Dimanche 15 juin 2014

Histoire et géopolitique : les chiites

majoritaires dans le golfe Persique

Par Hosham Dawod (juin 2010)
Anthropologue au CNRS-F.MSH

De nos jours, si les chiites ne constituent que 12 à 15 % de la population musulmane mondiale, on les situe dans un espace quasi continu, le Moyen-Orient, quand bien même celui-ci reste ethniquement et linguistiquement varié.

Ils sont majoritaires non seulement en Iran, mais aussi à Bahreïn, en Irak et en Azerbaïdjan.

De fortes minorités chiites se trouvent aussi en Afghanistan, au Koweït, au Pakistan, en Inde, en Arabie saoudite.

Cela veut donc dire que la population autour du Golfe est majoritairement chiite, là même où se trouvent 60 % des réserves mondiales de pétrole connues aujourd’hui.

Les chiites, 15 % de la population musulmane. (© Arerion/Capri)

      Historiquement, le chiisme est un mouvement politique contestataire apparu lors de la succession du prophète Mahomet en 632 en se présentant comme le « parti d’Ali » (chiat Ali en arabe, d’où « chiisme »). Ali était à la fois le cousin en ligne paternelle et le gendre du Prophète, qui n’a pas eu de descendant mâle. Tous deux appartenaient à la même tribu de Quraïsh et à la même maison (Bani Hashim). Pour les chiites, le califat devait revenir de droit aux descendants des Bani Hashim, autrement dit à Ali. Mais, l’assemblée des compagnons du Prophète a choisi Abou Bakr, un vieux compagnon de Mahomet, comme premier calife. Ce fut l’origine du premier grand schisme à l’intérieur de l’islam, d’où devait dériver peu à peu l’opposition entre chiites et sunnites.

La terre natale du chiisme était Médine, mais très vite, il s’installa et se développa à Koufa, en terre d’Irak, d’où il s’étendit vers d’autres contrées musulmanes. Le chiisme fut surtout la première organisation clandestine de l’histoire de l’islam. Dans sa lutte parfois sanglante contre les potentats, il enchaîna les échecs et se transforma au fur et à mesure en un courant ésotérique, souvent rigoriste.

Le chiisme ne recouvrait donc au départ aucune connotation ethnique particulière. Ce fut plus un conflit politique de succession qui engendra la rupture entre les deux grands pôles de l’islam. Aujourd’hui, les termes « chiites », « chiisme » ont pour fonction de distinguer un ensemble de croyances et de pratiques islamiques d’autres croyances se rattachant à d’autres écoles. Étant entendu que le chiisme n’est pas un bloc monolithique et qu’il est lui aussi traversé de courants et de sous-groupes, le courant majoritaire et dominant est celui des duodécimains.

Si tous les courants historiques chiites reconnaissent Ali comme leur chef, ils divergent cependant sur la suite : certains vénèrent jusqu’à son cinquième descendant (zaïdites), d’autres vont jusqu’au septième (ismaélites), tandis que le chiisme majoritaire attend le douzième imam, l’imam caché (duodécimains). Zaïdisme, ismaélisme et imamisme duodécimain constituent les principaux courants du chiisme. 

Tag(s) : #Histoire
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